TERRAIN CARBONIFÈRE
Fig. 18. — Coupe du bas'iu bouilli r de Wettin.
La vie organique, du moins dans le règne végétal, s’épanouit avec une richesse qu’elle n'avait pas eue encore jusque-là, pendant la période qui succéda à la formation des grauwaekes et pendant laquelle les étages les plus anciens des terrains horizontaux (flützgebirge) de Werner se déposèrent. Les nombreux gisements de substance végétale carbonisée qu’on y rencontre souvent avec une épaisseur de plusieurs pieds, ont fait donner à l’ensemble des couches le nom employé dans l’usage vulgaire, et le charbon a été appelé charbon de pierre, à cause de sa dureté. Cette formation, dans sa totalité, est composée comme les précédentes de calcaires, d’argiles et de grès entre lesquels s’enclavent les dépôts de charbon alternant de mille façons avec eux, et enfermés en haut ou en bas par l’un ou l’autre des sédiments. Mais il n’existe là aucune règle générale. Tantôt ce sont de puissants calcaires blanchâtres qui forment la base, taudis que des grès à coloration claire et des schistes foncés, alternent avec les couches de houille, ainsi que cela a toujours lieu dans le sud de l’Angleterre. Tantôt ces calcaires eux-
mêmes sont déjà en alternance directe avec les dépôts houiller*, comme dans le nord de l’Angleterre, au Spitzberg, à l’îlc des Ours et à la Nouvelle-Zemble. Les travaux les plus récents ont prouvé que tous ccs lieux taisaient simultanément partie d’un vaste bassin houiller d’un âge plus ancien que la région carbonifère du Sud. Ordinairement il existe, entre les calcaires et les couches de charbon, une bande de calcaire grossier que les Anglais appellent millstonegril : elle est quelquefois remplacée par des schistes alunifères noirs, comme en Belgique et en Westpbalic, où le grès, formant la base du système, ne contient aucune trace de charbon. Le gisement des couches de bouille présente un caractère particulier dans l'Allemagne centrale, dans la Tburinge et à Halle, bien que l’anomalie la plus singulière, à savoir leur prétendue présence dans le rothliegendc, ait été reconnue comme une erreur, à la suite de nouvelles recherches. Sur ces points, la formation a une épaisseur de 200 a 500 pieds et est composée, comme en d’autres localités, de grès blanchâtre, d’argiles schisteuses noires et de couches de houille, dont 5 à 4 seulement sont exploitées et oscillent entre 8 pouces et 0 pieds d'épaisseur. Au-dessous, on ne trouve point de calcaire, mais une grauwacke micacée rougeâtre foncée, qui fait partie du système devonien, et a été prise pour du rothlicgende. En haut, la formation se termine par un calcaire peu épais et semblable à un conglomérat. Il la sépare du rothliegcnde qui lui succède1. Le puissant’étage du calcaire de montagnes, qui, par ses nombreuses coquilles, est évidemment d’origine marine, manque donc ici entièrement. Les grès lins, au contraire, intercalés entre la houille sont des dépôts d’eau douce, ainsi que l'indiquent encore leurs fossiles. — Avec une si grande variété de composition, une description générale du groupe devient difficile, sinon impossible, circonstance qui se comprend aisément, lorsqu’on réfléchit qu’aucune autre formation n’a été soumise autant à des variations locales. La formation du charbon était liée à une riche végétation, et celle-ci, à son tour, dépendait des conditions favorables que présentait la Terre alors, et notam-
1 Iji ligure que nous nvons donnée fig. 18 ï représente une coupe de re terrain houiller dan> le district de Wellin, près de Halle : a. grès bigarré ; b. schistes cuivreux ; c. conglomérats porphyriques et rothliegcnde ; d. porphyre (plus jeune) supérieur nu charbon et portmit le schweizerling * ; r. porphyre (plus ancien) au-dessous du charbon ; g. terrain houiller avec trois couches de charbon plissées et dérangées et i!° ‘200 pieds d'épaisseur ; f. couches inférieures au charbon (terrain devonien?).