‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 104 sur 295 · CHAPITRE Ml · texte numérisé non relu

CHAPITRE Ml

ment de l’humidité du sol et de l’air. Nousnc pouvons donc ajouter que quelques données générales sur la succession ordinaire des couches.

L'étage le plus inférieur est ordinairement composé des assises d’un calcaire de couleur claire atteignant jusqu’à 2,000 pieds. On l'a étudié surtout dans le nord de l’Angleterre, et on lui a donné le nom de calcaire de montagnes (mountain limcstonc), à cause de ses contours extérieurs en forme de collines. Dans la nomenclature de Werner, il s’appelait calcaire récent de transition. Lorsqu’il est formé de calcaire, il est extrêmement riche en fossiles marins, surtout en coraux, crinoïdeset mollusques (Ilrachiopodes), qui, sur certains points, forment exclusivement le calcaire. Ces caractères rappellent beaucoup ceux du calcaire de transition ; aussi arrive-t-il qu’il est très-difficile de les distinguer l’un de l’autre, lorsque les grès rouges dévoniens viennent à manquer entre eux. Dans quelques contrées, telles que sur les bords du Rhin, on trouve les calcaires carbonifères avec des schistes argileux, des schistes siliceux et des plattcnkalksteinC gris, qui alternent un grand nombre de fois, et ressemblent tellement à certains étages devoniens que leur âge plus récent a été reconnu seulement à l’aide des observation; stratigraphiques les plus scrupuleuses, et par une sévère comparaison des fossiles. Cet équivalent du calcaire houiller a reçu le nom de cu/m. On le retrouve parfaitement caractérisé dans le Nassau, le Hartz et la Silésie. L’absence de vertébrés à respiration pulmonaire, et l’existence des Trilobites (crustacés qui ne pouvaient se mouvoir qu’en nageant à la manière de quelque animaux d’eau douce vivants actuellement), qui après cette période disparaissent complètement, constituent les principaux caractères zoologiques du calcaire de transition et de montagnes.

Les couches de charbon proprement dites se trouvent au-dessus du calcaire de montagnes et du culin ; elles alternent avec d-cs strates qui diffèrent essentiellement de ceux-ci. Elles forment des assises d’une épaisseur médiocre, en général de quelques pieds (ordinairement i à 0, très-rarement 10 à 20). Ces assises reparaissent un grand nombre de fois les unes au-dessus des autres (50, 00 et même jusqu’à 120 fois)1 avec des épaisseurs variées et sont alors sé-

1 Le district houiller de Saar brück, le plus puissant et le plus étendu du continent européen, présente ce "rond nombre de couches, dans lequel on n’a pas compris celles qui

parées par des couches d’argiles et plus rarement de grès. Les couches d’argiles (>ortent le nom de schistes houillers ou argile* schisteuses; elles sont de couleur grise passant au noir et sont caractérisées par les innombrables empreintes végétales qu’on y trouve; on les reconnaît aisément à ce signe. Les grès houillers sont gris, p argileux, à grain (in et renferment çà et là, comme les grès plus anciens, des fragments de roches antérieures constituant des poudingues ou conglomérats. Leur richesse en empreintes végétales, cependant moindre que celle des schistes houillers, les rend trèsfaciles à reconnaître. Ces trois couches alternent entre elles dans un ordre indéterminé et forment des bancs puissants, qui reposent dans des dépressions en forme de cuvette situées entre des hauteurs parallèles ou dans des angles. Elles présentent de nombreuses discontinuités de leurs assises, qui prouvent de grands dérangements de leur position primitive. Les dépôts de charbon ont incontestablement été formés par les végétaux du monde primitif ; ils croissaient le long des rivages de la mer, près des embouchures des lleuves, et flottaient sur des eaux stagnantes comme on le voit encore aujourd'hui près des embouchures de beaucoup de petites rivières de la zone tropicale. Ces couches végétales s’enfonçaient par leur propre poids, ou bien étaient enterrées par l’action violente des marées et recouvertes de sable ou d’argile que la mer y déposait en se retirant. Alors il se formait une nouvelle couche végétale qui passait par les mêmes phases que la première. L’eau l’ensevelissait de nouveau sous les matériaux qu’elle charriait et le phénomène recommençait en suivant le même cours1. Les courants qui descendaient de la terre ferme et qui entraînaient avec eux des végétaux déracinés contribuèrent aussi à la formation des dépôts de charbon. Cette explication est la plus naturelle dans les cas où nous trouvons

onl moins de 1 pied d’épaisseur. Ses limite* inférieures ne sont |»as connues, de sorte qu‘on ignore s’il repose sur le calcaire de montagnes. En haut, les couches carbonifères sont recouvertes par le grès rouge. \m puissance totale de cette formation houillère a été estimée à 16,500 pieds par de liechen.

* On a transjiorté aux couches houillères la théorie des soulèvements et des affaissements émise par Darwin pour expliquer la formation des îles à coraux de l’Océan austral, et on n admis que les dé|xMs de charlxm ont été formés non |»as simplement par l’enfouissement «le In végétation, mais par l’affaissement de tout le sol avec les plantes qui croissaient sur lui. I.n répétition fréquente et dépassant même cent fois de ces mouvements, et la succession des couches «le charbon souvent régulièrement espacées entre elles, me semhlcnt témoigner de causes moins violentes, «*t la destniction «le forêts |»ar des inondations me parait expliquer le phénomène plus naturellement.

Page 1