CHAPITRE XU
intercalées dans les grès et les argiles schisteuses des coquilles de mollusques d'eau douce qui, après avoir été attribuées à des Unio, ont été reconnues plus tard pour appartenir à des crustacés. Telles sont les deux causes dont le concours a produit l’alternance répétée du charbon et des matières terreuses qu’on aperçoit dans les couches. La formation des couches de houille a dû s'effectuer paisiblement et sans do grandes destructions dans la végétation. Selon toute apparence les plantes croissaient là même où nous les retrouvons aujourd'hui sous forme de charbon. On a, en effet, trouvé des troncs dressés verticalement dans plusieurs couches superposées. C’est encore pour cette raison que les schistes intercalés et surtout les grés forment des assises plus puissantes que la houille. Celle-ci a îles épaisseurs très-différentes dans ses divers niveaux et elle se présente réduite à sa plus mince épaisseur, tantôt dans les parties inférieures, tantôt dans les parties supérieures do l’ensemble des couches. I Hins les formations où les assises alternent plus souvent, celles-ci sont moins épaisses que sur les points où les couches sont peu nombreuses, mais d’autant plus fortes. Toutes ces circonstances indiquent une origine ayant pour cause des inondations répétées et prouvent, dans le premiers cas, que beaucoup de petites catastrophes successives anéantirent les plantes, tandis que dans le second cas, le phénomène fut causé par quelques bouleversements plus violents, mais peu nombreux, bien que la structure végétale ait complètement disparu dans les charbons de terre, ou du moins n’ait été conservée que très-imparfaitement, ces quelques traces suffisent cependant pour démontrer avec toute l’évidence possible leur origine végétale1. Les nombreuses empreintes de feuilles et de tiges que l'on retrouve dans les argiles et les couches arénacées et qui reparaissent encore dans les grès supérieurs au charbon, sont encore aussi concluantes. Le type de ces végétaux est incontestablement tropical et nous l'étudierons plus tard dans ses rapports avec les caractères généraux du règne végétal, tju’il nous suffise ici de remarquer, que la quantité énorme de dépôts houillers, retrouvés jusqu'ici dans l’hémisphère boréal du Globe, est le témoignage d’une
1 Lîêkngf dans sim ouvrage intitulé : Im chimie organique dans son application à / agriculture, etc., ji. Î95 (1841, in- 8), el (î. Bischof, dans son Manuel de géologie physique et chimique, l2- édition, Bonn, IKtëô, tome I, se sont étendus sur l’étude chimique îles houilles ; nous y renvoyons donc nos lecteurs.
richesse végétale extraordinaire dans ces temps et prouve l’existence de forêts qui, pour l’épaisseur, peuvent être comparées seulement aux forêts vierges qui croissent actuellement sous la zone tropicale. Les empreintes de feuilles et de tiges, conservées dans les schistes argileux, proviennent en grande partie de plantes, dont les espèces les plus proches sont actuellement indigènes des climats chauds. Des Palmiers , des Fougères arborescentes, des arbres gigantesques de type analogue aux Prêles actuelles (Equisetum) et quelques Conifères, étaient les formes principales de cette puissante flore. Les végétaux supérieurs, de même que les animaux d’organisation élevée, manquent totalement dans cet âge antique de la jeunesse de notre Globe.