‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 121 sur 295 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

sc dessinent les pics les plus fantastiques. De grandes masses, de plus de 100 pieds de haut et allant en se renflant, reposent sur de minces piédestaux, planant pour ainsi dire dans l’air et menaçant à chaque instant d'écraser l’audacieux qui ébranlerait le moins du monde leur équilibre. On les connaît cependant sous cette forme depuis des siècles.

L'ouest de l’Allemagne aussi bien que l’esta ses qundcrsnndstcins aux formes eurieuses et bizarres. Les Westphaliens parlent beaucoup de leurs célèbres rochers d’Extcr, (pii s’étendent près de Nom sur une longue bande comme les ruines de gigantesques constructions primitives, On voit sur leurs parois verticales les scènes de la passion représentées en ligures colossales qui, d’après des documents dignes de foi, existaient dès le xi” siècle.

Quelque intéressant que puisse être pour nous le quadersandstein par ses formes étonnantes, il mérite encore plus notre attention par sa grande utilité comme pierre de construction. Moins dur que le grès bigarré ou que le grès rouge, il se laisse travailler beaucoup plus facilement. Les fissures particulières, qui le sillonnent dans un sens opposé à son plan de stratification, le divisent naturellement en parallélipipèdes rectangles, propriété à laquelle il doit son nom. Il a attiré l’attention des populations depuis des siècles, et de même que le grès portlandien a servi a construire Londres, de même le quadersandstein a fourni les matériaux des édifices de Dresde. Pirna est le lieu dans le voisinage duquel on en extrait le plus et d’où on le transporte au loin sur l'Elbe et ses affluents. Le quadersandstein se désagrégeant facilement, se prête mieux à la décoration architectonique intérieure des édifices qu’à l’ornementation extérieure. Dans ce dernier cas, il faut le recouvrir d'un enduit, ou, ce qui vaut encore mieux, l’imbiber d’Iniile de temps en temps, si on veut qu'il dure. Pour la même cause, il ne convient guère pour les escaliers et les rampes à la construction desquels pn l’emploie cependant beaucoup ; il s’use trèsrapidement et est mis hors de service beaucoup plus vite que le bois.

Le quadersandstein n’est pas l’étage le plus ancien du terrain crétacé. Sa formation a été précédée par le dépôt des assises appelées hilsthon, composées de calcaires durs, et brunâtres, d’argiles compactes et schistoidcs atteignant jusqu’à 10Ü0 pieds d’épaisseur et enfin d’un grès jaune à grain fin et pouvant avoir M)0 pieds d’épaisseur. Ce système de couches, largement représcnlé au nord du

HISTOIRE DE U CIIÉATION.

Hartz dans le Brunswick et le Hanovre est remplacé dans le Tcutohurgerwald par un près jaune et Brun constituant une bande puissante partant de Stadtberg et passant par Horn, Bielefeld, Iburg jusque près de Bevergern et qui reparaît plus loin près de Rhein sur l'Ems et près de Bentheim. En France, les couches de la mémo période se composent de grès calcifères glauconicux ou ferrugineux, auxquels se rattachent des calcaires et des argiles en assises plus ou moins puissantes. On les distingue sous le nom de formation néocomienne des argiles foncées et des sables glauconieux du ijault des anglais, qui reposent au-dessus d’eux. Ce dernier atteint en Angleterre Ö00 pieds, mais son extension horizontale est de beaucoup inférieure à celle qu’y présente le néocomien composé aussi d’argile et de grès vert allié à un ciment calcaire ou siliceux (grès vert inférieur et argile de Speeton), mais ayant scs fossiles propres. Dans les Alpes, le néocomien est composé de marnes et de calcaires durs et foncés (calcaire à Rudisles), ainsi que de grès vert, allant jusqu’au noir, avec des bancs calcaires subordonnés, le.gault. Ce dernier ne manque pas entièrement dans le nord de l’Allemagne. Les couches, qui, d’après leur aspect rayé et tacheté, ont pris le nom de marnes llambnijantes dans le Teutoburgerwald et les argiles puissantes et grès dij Brunswick, contiennent des fossiles tout à fait caractéristiques pour le gault. Partout en Europe on reconnaît que le néocoinien ou formation du bits constitue l'étage le plus ancien du terrain crétacé, le gault le second étage, et nos quadersandsteins le troisième. Ceux-ci sont en général pauvres en fossiles et ne sont un peu riches que dans les zones marneuses ; au contraire, les couches néocomiennes et le gault recèlent dans chaque assise une grande variété de Mollusques, parmi lesquels les Ammonites entièrement disparues aujourd’hui et des Brachiopodes bivalves, devenus rares actuellement, sont caractéristiques.

(Juellc que soit la puissance du quadersandstein dans le Hartz, en Saxe et en Bohème, il ne forme cependant pas à lui seul le crétacé moyen. Dans les régions que nous venons de citer, des bancs considérables de sable vert, de marne et de calcaire viennent s’intercaler au milieu de ses couches, ce qui a permis de le diviser très-nettement en quader inférieur et en quader supérieur. Dans le Hartz, de Quedlinbourg à (îoslar, des sables et marnes verts et glauconil’èrcs reposent immédiatement sur le quader inférieur, puis ensuite

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