‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 153 sur 295 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

i|ue, si le dernier déplacement des eaux avant notre époque a été produit par la cause proposée par lui, les courants devaient se diriger du nord au sud, tandis que de nombreux faits géologiques tendent à démontrer que l’écoulement eut lieu vers le pôle boréal pendant l’époque diluvienne. Pour bien apprécier cette objection, il ne faut pas perdre de vue que la distribution des blocs erratiques démontre un grand transport de l’eau du nord vers le sud, mais que son mouvement de recul après l’expiration de la période diluvienne ne se dirigea pas au sud, mais au nord. La physique, l'astronomie et la géologie combattent donc l’admissibilité de la théorie d’Adhémar dans les termes où il l’a proposée, et démontrent la stabilité de l’état géologique actuel. Si un transport périodique des eaux du nord au sud, ou même en sens inverse, pouvait jamais avoir lieu, il ne s'effectuerait que lentement, comme toutes les oscillations périodiques et, par conséquent, ne produirait pas de bouleversement violent. Une élévation et un abaissement lents des eaux aux pôles peut se réaliser sans pour cela devenir menaçants pour l’existence de la race humaine; ils n’entraincront, au contraire, que de faibles changements de niveau sur le littoral des continents.

L’état de choses, maintenant suffisamment étudié, qui repose sur les différences actuelles des zones, ne peut avoir de valeur que pour la troisième grande période de création; dans les périodes antérieures les différences de zones nécessaires à son apparition n'étaient pas encore arrivées au degré voulu. Nous ne pourrions donc pas attribuer aux transports périodiques des eaux d’un pôle à l’autre oscillants entre des limites de 10,500 ans, la formation des anciens dépôts neptuniens ; mais il faut toujours nous en tenir à l’hypothèse émise déjà plusieurs fois, que ce sont les éruptions toujours renouvelées des masses plutoniqiics ou volcaniques qui ont produit les déplacements des eaux pendant la seconde période de création cl présidé à la naissance des dépôts neptuniens.

Quant à la distinction de cette seconde période en divisions secondaires, nous avons vu plus haut, en décrivant la série des couches successives qui la composent, qu’il était impossible de tirer des strates elles-mêmes les caractères d’une subdivision de cette nature. Nous nous sommes donc attachés surtout aux fossiles plutôt qu'aux éléments minéralogiques des couches pour les distinguer et nous n’avons plus rien à apprendre sur ce point. Mais si nous cm-

brassons dans une vue d’ensemble l’organisation durant toute la seconde grande période et principalement les animaux qui constituent les formes les plus nobles et les plus élevées de la série, nous y trouvons des données qui nous permettent d’établir d’autres divisions dans l'évolution de la création pendant ce laps de temps. Comme première et très-importante distinction, on peut prendre l’absence ou la présence des animaux vertébrés à respiration pulmonaire, et comme ils ne se montrent qu’à partir des couchas supérieures du terrain bouillcr, leur première apparition en ce point permet d'y supposer un moment fondamental dans l'évolution de la vie organique. Tous les organismes qui se trouvent au-dessous de ce niveau, s’ils ne sont pas complètement étrangers à ceux d'aujourd'hui, en diffèrent au moins beaucoup et portent, principalement dans le monde des plantes, un caractère tropical si marque, que nous sommes parfaitement justifiés à clore avec le terrain bouillcr une première subdivision do la seconde grande période de création. Nous la distinguerons comme la période des Poissons, à cause de la prédominance de ces vertébrés.

Les premiers vertébrés à respiration pulmonaire, les R epliles n’a|>paraissent que rarement dans les couches devonieuncs, deviennent plus fréquents dans le grès bigarré et atteignent leur maximum dans le terrain jurassique. Dans ce dernier étage nous trouvons déjà quelques traces de Mammifères, mais encore très-rares ; leur apparition tardive et leur absence complète dans le terrain crétacé produit une certaine monotonie dans les organismes supérieurs, compensée seulement par un groupe de Itcpliles extrêmement bizarres et portant tout à la fois des traits empruntés aux Mammifères et aux Oiseaux. La prédominance des plantes dicotylédones augmente encore cette physionomie particulière. Je fais donc du trias, du terrain jurassique cl du terrain crétacé une seconde subdivision de la seconde période, subdivision qui se distingue par l'existence simultanée de formes profondément semblables et profondément dissemblables avec les types actuels. On peut la nommer l 'époque des Reptiles à cause de la prédominance de ces animaux.

La formation tertiaire constitue une troisième subdivision caractérisée par la concordance partielle des espèces vivantes et des espèces détruites, et se distingue par là des deux précédentes. Durant cette nouvelle époque, la Terre a déjà perdu ses formes singulières et

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