CHAPITRE XIX
pérée une partie de sa richesse ; et partout ils sont les appuis et les promoteurs de la civilisation et du luxe. Les plantes monoclines, dont les fleurs portent à la fois des étamines et un pistil et prennent
à cause de cela le nom de fleurs hermaphrodites , ne renferment aucune famille aussi importante. Les Chénopodiacées et les Polyyonacées, fournissent à l’homme des matières alimentaires; les Laura cées, des substances aromatiques ; mais toutes sont d'une utilité inférieure à celle des diclines. Chez beaucoup de monoclines, le calice prend une coloration variée et ressemble à la corolle, sans en tenir lieu pour cela. Ün cultive dans les jardins ces fleurs brillantes, dont une des plus connues est la Crète de coq, La fleur du Laurier a aussi un calice blanc.
La seconde classe des dicotylédones possède une corolle colorée, mais ses pétales sont soudés en tube, en cornet ou en entonnoir, cl divisés seulement sur le bord extérieur. On donne à ces plantes le nom de monopétales , et on les divise en deux groupes, suivant que la corolle est fixée sur l’axe de la fleur ( thalamanthæ ) ou sur le calice (calijcanthæ). La première division n’embrasse que de faibles plantes herbacées, à- tige annuelle, souvent très-courte; mais leurs fleurs, charmantes et délicates ont gagné toute notre sympathie. Les Primttlacées , les plantes de la famille des Antirrhinées, les Labiées , ces deux dernières avec fleurs symétriques à deux lobes, les gracieux Myosotis (asperifolix); enfin les Convolvulacées et les Solanées , avec leur substance alimentaire et leurs poisons narcotiques énergiques, appartiennent à ce groupe du règn* végétal. Parmi les calycanlhes nous rencontrons les Rubiacées, les Cinchonées, les Yalérianées et la grande famille des Composées, dont un des représentants, le Pissenlit ( Leontodon taraxacum), est une des plantes les plus communes de nos contrées; cette famille d’ailleurs est bien connue de chacun par ses autres plantes tant utiles que désagréables, telles que le Chardon , la Bardane , la Laitue et la Chicorée. Les Campanulacées et les Cucurbitacées, renfermant les Concombres et les Melons , forment la fin de cette classe, et appellent notre attention autant par les fruits qu’elles produisent que par les magnifiques fleurs dont elles se parent dans le groupe des Passi/lorées.
La troisième classe, enfin, des dicotylédones, le dernier groupe du règne végétal, se distingue par sa corolle complète, à pétales multiples et a pris le nom de polypétales. Elle est la plus riche de
toutes les divisions du règne végétal, pour la variété de formes de ses membres ; elle se trouve donc au point culminant du monde des plantes et mérite cette place supérieure par la perfection de ses especes. Celles-ci se divisent en deux groupes, d'après la position de leur corolle ; les calycopétales, à corolle portée par le calice et les thalamopétales, à corolle reposant sur Taxe. Les Ombellifères avec leurs essences aromatiques volatiles ; le groupe des Résinariées; la famille si nombreuse et si importante comme plantes alimentaires et de fourrage des Légumineuses avec leurs charmantes (leurs, scmblablcs'à un papillon au repos et dont les membres les plus importants sont le Trèfle, l’Ésparectte, les Pois, les Fèves, et la Vcscc ; puis le charmant groupe des Rosacées, aussi remarquable par ses fleurs que par ses fruits, tels que les fraises, les framboises, les cerises, les prunes, le» poires, Tefe pommes ; les Myrtacées, la parure des contrées chaudes, dont un des plus beaux produits est la grenade ; enfin les Crassulacées , si ‘curieuses par leurs feuilles épaisses et charnues, et qui, par un contraste singulier avec leur riche composition aqueuse, préfèrent les lieux les plus secs, ou elles ne résistent aux rayons brûlants du soleil que par la grande quantité d’eau renfermée dans leurs tissus. Les Seditms et les Sempervivées sont, dans notre zone, les misérables représentants des magnifiques Cactées et des Mesembryacécs, que l’Amérique tropicale elle sud de l’Afrique produisent avec une si grande richesse. — Parmi les thalamopétales on trouve d’abord les gracieuses Cary ophyllées et les humbles et cependant si délicieuses Violacées. Les Gc'r uniacées, les Balsaminacées et les Oxal'ulacées forment les groupes les plus rapprochés ; ils se distinguent tous par une végétation.herbacée, du moins chez nous. L’Érable, le Marronnier d’Inde et le Tilleul viennent ensuite comme formes arborescentes. Les Malvacées avec leurs nombreuses étamines et leurs belles fleurs. Le Cotonnier (Gossypium), un de» membres de cette famille, et l’arbre le plu» gigantesque de la terre (Adansonia) lui donnent un grand intérêt. Nous trouvons ensuite les Crucifères et les Papaveracées , aussi remarquables par la prédominance du nombre quatre dans les parties de la fleur, nombre si rare en botanique, que par leurs substances alimentaires (Chou), oléagineuses (Colza), âcres (Sénevé) et assoupissantes (Opium). A la lin de ce dernier groupe nous trouvons les Aurantiacées, avec leur riche feuillage glanduleux, leurs