CHAPITRE XIX
nées pour l’utilité que l'honunc en retire. Les Liliacées, ces plantes aimées et recherchées par Diminue à toutes les époques les plus éloignées où nous fait remonter l’histoire, ont reçu de la Nature, dans leurs fleurs régulières et aux couleurs splendides, cette parure qui nous charme tant. La tige et les rayons sont bien inférieurs à ceux des Palmiers; ils ne portent aucun fruit comestible, et c’est à peine si on peut donner le nom de matière à la graine. Elles n’ont été créées que pour servir d’ornement, et elles dissimulent, sous leur brillante enveloppe, cette pauvreté intérieure que l’on voit souvent anssi parmi nous se parer de regards attrayants et de beaux traits, et exercer un pouvoir despotique sur les cieurs qui l’entourent. Les Musacées, enfin, sont voisines desLiliacécs, et leurs fleurs appartiennent encore aux plus éclatantes ; mais leur forme irrégulière, quoique encore symétrique, et le désordre de quelques-unes de leurs parties internes, présentent à l'oeil du connaisseur des différences caractéristiques. Fixées, comme les Palmiers, sous les tropiques, elles sont en grande partie inconnues aux yeux des Européens; niais elles jouent un rôle considérable dans leur patrie, puisque leur principal représentant, le Bananier (Musa sapientum), a reçu à la fois tous les dons de la Nature dans sa tige énorme, scs feuilles largement développées, l’éclatante couleur de scs fleurs et ses fruits savoureux et parfumés, dons que nous retrouvons isolés chez les Graminées, les Palmiers et les Liliacées, et qui les ont rendus si précieux au genre humain. Le Bananier est donc le roi des plantes monocotylédoncs ; mais il est en même temps l’enfant le plus délicat de la nature, car il ne se développe complètement que sur certains points particuliers de la zone tropicale exposés aux rayons brûlants du soleil.
Le dernier et cinquième degré du règne végétal, comprenant les dicotylédones , se présente avec plus de régularité dans toutes ses parties, caractère qui le place au-dessus des mouocolylédoncs. Les faisceaux vasculaires et ligneux se disposent, dans sa tige, d’après des lois déterminées; ils décrivent des cercles et s’accroissent sous forme d’anneaux concentriques, qui naissent périodiquement chaque année et indiquent ainsi l'âge de l’arbre. La tige se divise donc en écorce, aubier, cœur de bois et moelle, formant des couches successives, en allant de la périphérie au centre, et qui n'existent point dans les monocotylédoncs. En général, ils portent des rameaux ; et
leurs feuilles sont munies de nervures saillantes ramifiées en forme de réseati, qui distinguent la partie inferieure de la supérieure. Dans les fleurs, le calice et la corolle ont ordinairement des couleurs différentes; et leur graine contient un germe enveloppé au moins de deux cotylédons. Malgré ces différences profondes et essentielles, les dicotylédones suivent dans leur développement une marche analogue, et nous offrent dans les fleurs les caractères de trois groupes différents.
Dans la première sous-division ou classe, l’enveloppe interne colorée, la corolle, est absente et le calice existe seul. Ün nomme ces plantes apétales, pétales étant le terme technique employé pour désigner les feuilles florales, beaucoup d’entre elles n’ont que des étamines ou qu’un pistil sur chaque fleur, et portent deux floraisons différentes (PI. diclineæ), qui tantôt existent simultanément sur la même tige (pl. monoïques), tantôt sur des tiges différentes ( pl . dioïques). Le Chêne, le Hêtre, le Noisetier et le Noyer nous fournissent des exemples bien connus du premier cas ; le Peuplier et le Saule du second cas. Aux plantes diclines, chez lesquelles les fleurs ne portent ou bien que des étamines ou bien qu’un pistil, appartiennent les Conifères et les Amentacées des zones tempérées, ainsi que les Urticées , et les plantes de la même famille que PEuphorbe ( Euphorbiacécs) ; ces deux groupes, représentés seulement par des plantes herbacées chez nous, renferment des arbres sous les tropiques. Tout le monde connaît le Figuier et le Mûrier; mais les botanistes seuls savent (pic, par leurs fleurs et leurs fruits, ils sont apparentés de très-près avec l'Ortie commune. Les Euphorbiacées, caractérisées par l’àcrcté de leur suc laiteux, prennent des formes arborescentes dans les régions cliaudes , et fournissent, comme les Urticées, des produits médicinaux et d’autres substances utiles, telles que le caoutchouc, par exemple. Les poisons les plus violents du règne végétal sont élaborés par des plantes appartenant à ces deux familles. Les Conifères et les Amentacées sont, sans conteste, plus utiles. Ces deux groupes qui, par le rôle considérable qu’ils jouent dans le développement du bien-être de ITmmfinilé,cn lui fournissant les instruments du grand et du petit commerce international, appartiennent aux produits de la création les plus indispensables pour nous, ne le cèdent en utilité qu’aux céréales et aux plantes fourragères. Le Nord trouve en eux sa fortune, la zone tem-