CHAPITRE XX
parfaitement régulière, lorsque l’anus s’ouvre aussi à la face supépéricure (Ecldnidæ). Mais lorsque les ambulacres occupent toute la face supérieure et y décrivent une ligure étoilée ( Spatangidæ ), la bouche n’occupe plus la partie centrale inférieure et l’anus luimême se déplace latéralement sur la face supérieure ; dans ce cas le faciès extérieur est symétrique, l es formes de. cette espèce n’ont encore que quatre aniluilaeres et quatre ovaires ou testicules, tandis que les Oursins rigoureusement réguliers sont pourvus de dix ambu I acres et organes sexuels et leur carapace testacée se compose de deux fois dix séries de petites plaques. — Les époques primitives possèdent des représentants extrêmement nombreux de tous ces types.
Le second groupe des Rayonnés, que j’ai proposé de désigner par le nom de Seytodermata, à cause de leur épiderme coriace et pourvu seulement de parties calcaires rares, tandis que leur forme cylindrique, allongée, venniforme, unie à l’existence de tentacules ou bras réguliers, disposés en cercle en avant de la bouche, leur a fait donner le nom vulgaire de Vers étoilés (Sternwürmer), ce second groupe, dis-je, ne se trouve à l’état fossile que très-tard ; circonstance que l'on ne peut pas expliquer uniquement par la nature molle de leurs téguments, puisque leurs intestins ont laissé leur empreinte fossile sous la forme d’un long tube replié plusieurs fois. Les espèces vivantes se tiennent toutes sans exception dans les mers, préfèrent les zones chaudes et ont encore souvent, surtout dans les tentacules, un type franchement régulier. Ce type existe encore dans le système nerveux, dans une partie du système vasculaire et dans la paroi abdominale sous-épidermique, composée «le faisceaux musculaires longitudinaux et transverscs, et le corps est parcouru sur sa longueur par un nombre constant de faisceaux, qui, aux deux extrémités, se transforment en muscles annulaires ou sphincters pour fermer la bouche et l’anus ; mais les autres organes affectent tics formes symétriques très-accusées. Les ventouses des tentacules ambulatoires ne sc conforment en général que rarement au schéma régulier et constituent cinq ambulacres dirigés de la bouche à l’anus ( Penlactidæ ) ; elles sont beaucoup plus souvent dispersées à la surface et sur une région plus plate, qui représente le ventre (Hololhuridx) ; ou bien elles n’existent que sur ce dernier point, et le dos en est dépourvu ( Psolidæ ). Lorsque ces ventouses manquent
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tout à fait, le corps devient complètement vermiforrac, surtout si les tentacules régulières du pourtour de la bouche, qui d’abord sont conservées (chez les Synnpti</ex),.vieiment aussi à disparaître et que l’anus ne reste plus à l’extrémité postérieure (chez les Siphonculiens) . Dans ce dernier cas et avec cette position de l’anus, le type symétrique des Mollusques se trouve franchement accusé par la forme générale du type articulé des Vers. A la symétrie extérieure correspond aussi une symétrie interne dans les organes de la respiration, rarement réguliers, mais le plus souvent binaires et symétriques, et communiquant avec l’anus, ainsi que dans les organes de reproduction de forme binaire en nombre simple, et dans le mode de locomotion de beaucoup deVcrs étoilés qui les rapproche beaucoup des Gastéropodes (Psolus) ou des grands Vers de terre (Siphunculus) . Nous avons là un exemple frappant de la tendance de la Nature à faire passer par dégradations douces les types de l’un à l’autre, malgré les différences qui les séparent. Natura non facit saltus (la nature ne procède point par sauts), disait déjà Linné avec raison ; le spectacle réfléchi du développement successif dans le règne animal et le règne végétal corrobore son expression.
Il est donc facile de rattacher le type symétrique de la quatrième classe aux animaux réguliers modifiés, que nous venons de décrire. De nombreux Gastéropodes marins leur ressemblent ainsi qu’aux l'solides à s’y méprendre, bien que leur type diffère complètement. Outre la symétrie évidente, les Mollusques ont pour caractères essentiels un corps divisé en deux parties, dont l’une est surtout musculeuse et sert à la locomotion, cil portant la tête au cas où celle-ci existe, tandis que l’autre forme une enveloppe ordinairement bursiforme, qui renferme le canal digestif, les appareils génitaux et tous les organes végétatifs. Les téguments, qui recouvrent cette partie du corps, prennent le nom de manteau, l'autre partie porte au contraire les noms de tronc, de pieds, de semelle et enfin de tête, suivant qu’elle est destinée plutôt à la locomotion ou aux actes de sensibilité. C'est sur cette partie que se trouvent la bouche, l'anus , et les orilices sexuels. La première est toujours située à l’extrémité antérieure, les deux autres, sur le côté droit, l’un derrière- l’autre ; l’anus placé un peu plus en arrière, sans cependant se trouver reculé jusqu’à l’extrémité du tronc ou du pied, mais, en général, sur le bord du manteau. Celui-ci abrite un intestin sinueux, un foie,