‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 192 sur 295 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

sens, la bouche et les mâchoires ; la seconde, les organes locomoteurs; la troisième, tantôt aucun organe extérieur, tantôt des nageoires simples, et renferme intérieurement la masse principale des organe# végétatifs. Lorsque ces trois divisions sont arrivées à leur complet développement, la première prend le nom de fête Icaput); la seconde de thorax; la troisième d'abdomen. La bouche détermine la limite entre la première et la seconde partie; la limite entre la seconde et la troisième est indiquée par la différence de conformation ou, en son absence, par la position des orifices sexuels. On trouve ordinairement un anus à l’extrémité de la troisième partie. Pour réaliser cette-triple division, la Nature a employé un moyen extrêmement simple : l'anneau antérieur a simplement été épaissi et muni d’organes particuliers; les anneaux postérieurs sont restés sans modifications. Ordinairement, dans ce cas, un nombre constant se montre déjà dans ce premier anneau, mais il n’existe aucune distinction entre la tète et le thorax. Cette grande portion du corps portant à la fois les organes des sens, les mâchoires et les organes de locomotion, prend le nom de céphalothorax. Donner à ce céphalothorax des formes diverses est le rôle essentiel des Crustacés, rôle qu’ils ont su remplir d'une façon suffisante, mais sans pouvoir aller au delà, tandis que quelques groupes moins typiques sont arrivés^ un développement plus complet de la tète. En principe, la tète, qu’elle soit libre ou soudée avec le thorax, a deux paires d’antennes, • dont les plus petites, situées en avant, servent évidemment, chez i Écrevisse, d’organes de l’odorat; les postérieures et les plus grandes, d’organes de l'ouïe; et une paire, beaucoup plus petite, constitue les yeux composés. Ce genre d’yeux est caractéristique pour les Articulés*. Les yeux sont ordinairement mobiles sur le céphalothorax, mais immobiles sur la tête libre; la mobilité de celle-ci permettant de voir dans tous les sens. Dans la bouche existe une paire de mâchoires et, en arrière, de une à cinq paires d’organes, que je nomme les parties accessoires de la bouche (pattes-mâchoires), parce qu’en réalité ils appartiennent au tlwrax et sont des organes de locomotion modifiés. Les organes de la tète se réduisent donc à des antennes, des yeux et des mâchoires. Tous ont, du reste, primitivement

1 En dehors des Articulés, on retrouve encore des yeux composés chez, les Étoiles de. mer, où ils sc présentent sous la .forme de points rouges à l'extrémité des brus ; mais ils n'onl pa# de cornée commune. — G.

IIISTOIHE DE LA CKÉATIO.V

la même conl'orination : ce sont des appendices mobiles du tronc, pour ainsi dire, des rayons symétriques de l’axe qui portent, sur un seul article basale, soit une, soit deux séries parallèles d’articles Ce type fondamental reste plus ou nloins pur dans les antennes ; dans les mâchoires, l’appendice articulé s’atrophie au prolit de l’article hasale masticateur, et ne se montre plus que çà et là sous forme d’un organe court et à trois articles ; on lui donne le nom de pulpe. Dans les parties accessoires de la bouche, le type a double série des membres est facile à reconnaître ; cependant les deux séries d’articles ne sont jamais également grandes ; tantôt l’externe (en avant), tantôt l’interne (en arrière) est plus développée. Les deux séries d’articles restont encore apparentes dans les véritables organes locomoteurs destinés uniquement à la natation ; dans ce cas elles ont des longueurs, tantôt égales, tantôt inégales, cl sont armées de longues soies qui se déploient en rame. Sous cette forme, on leur donne le nom de nayeoires. Mais lorsqu'il n’existe plus qu’une série d’articles et que l’organe est devenu une pièce dure et solide appropriée à la marche, on lui donne le nom de pulle. Tels sont les divers éléments qui concourent à la différenciation typique des Crustacés. Jetons maintenant un coup d’œil d'ensemble sur le groupe entier.

Le lluorax est chez les Crustacés, comme chez tous les Articulés hétéronomes, l'organe principal dans la détermination d’un groupe. Il nous offre, chez les Crustacés, non-seulement un nombre double de ses parties, mais encore des produits de chaque nombre, que l’on ne retrouve plus ailleurs. Ces deux éléments caractérisent un Crustacé avec une certitudoeoinplètc. Le premier nombre est trois ; il ne se montre qu’uno seule fois (ehe/, les Cypris) comme unité; et offre en général des produits multiples (deux fois, trois fois, et même quatre fois), dont la clarté est cependant troublée par le passage de chaque anneau avec scs appendices dans la tète, ou ces derniers se transforment en parties accessoires de la bouche, et exigent par conséquent une grande attention pour être reconnus. Je nomme Oslracodermes ce groupe deCrustacés à cause de leur grande carapace la plupart du temps coriace, et je les partage eu deux sous-divisions d’après les métamorphoses. Nous allons d'abord eu dire ec qu'il y a de plus important.

1 II semble i|ue la forme à ilouble série soif |iart<ml primordiale, el i|uc la forme à une seule série eu soit sortie |Jar nlro|ihie d’uue îles séries d'articles.

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