CHAPITRE XXI
ne fait qu’un avec la tète ; par conséquent il constitue un céphalothorax absolument dépourvu d’antennes, et porte des yeux simples (12 à 14), que l’on retrouve aussi chez les Myriapodes, mais en plus grand nombre (de 8 à 40). Ceux-ci sc distinguent encore par la possession d’une paire d'antennes. Parmi les cinq paires d’organes locomoteurs que porte le céphalothorax des Arachnides, la première paire seule s’est transformée, en organe accessoire de la bouche ; il reste, par conséquent, quatre paires de pattes. Elles diffèrent en ce point essentiellement des Myriapodes.
Les Arachnides sont terrestres, à l’exception de quelques Araignées et Mites; elles sc tiennent sur le sol, blotties entre les pierres et les débris, poursuivant leur proie plutôt la nuit que le jour. Les Iules et quelques Mites parasites des plantes sc nourrissent de matière végétale; toutes les autres sont carnivores. Un grand nombre de Mites vivent dans un parasitisme complet, sans jamais quitter l’animal qui les porte ; plusieurs d’entre elles, comme VAcarus de la yale (Sarcoptes), causent une irritation et une démangeaison. Les autres Arachnides se nourrissent avec d’autres Insectes et se servent d’une sécrétion vénéneuse pour tuer rapidement leurs victimes. Le Scorpion a à l’extrémité de l’abdomen un appareil venimeux particulier, dont il se sert comme d’une arme terrible pour sa défense. Les individus un peu développés peuvent être dangereux, même pour l’homme; la morsure de la Tarentule (Lycosa) produit aussi des effets énergiques. Presque toutes les véritables Araignées sont venimeuses, mais la plupart ne le sont pas assez pour que leur morsure affecte sensiblement l’homme. On connaît des représentants fossiles de tous les groupes d’Arachnoides.
La dernière classe des Articulés, la huitième du règne animal, porte encore aujourd’hui le nom d 'Insectes ( Insec ta), sous lequel Linné avait rassemblé tous les Articulés à organes locomoteurs composés d’articles. Pris dans des limites exactes, ce groupe embrasse des animaux qui ont tous une tète mobile libre, munie de deux antennes, ordinairement deux yeux composés, une paire de mâchoires et deux paires d’orgaiies accessoires de la bouche, que l’on nomme ici maxillaire inférieur (mâchoire) et lèvre inférieure, de meme que la mâchoire proprement dite porte le nom de maxillaire supérieur (mandibules). Le thorax n’a donc plus que trois anneaux particuliers et autant de paires de pattes. Mais, en qualité d’Articulés
aériens, ces organes locomoteurs ne leur suffisent plus; il leur faut des ailes et ils en sont presque tous pourvus. Ces organes du vol se présentent sous la forme d'expansions membraneuses, ayant pour charpente des nervures cornées à ramifications. Ils sont placés sur la partie latérale supérieure des deux anneaux thoraciques postérieurs et ont une dimension, tantôt égale, tantôt inégale, et mémo une consistance différente; les antérieurs pouvant se transformer en une cuirasse cornée (ély très) . Souvent ils manquent complètement; mais cela n’a pas lieu pour uu groupe entier doué d'une organisation particulière et n’aiïecte jamais que des familles isolées, des genres ou des sexes, les femelles particulièrement ; cas dans lesquels il y a eu arrêt de développement sous l’intluence de circonstances extérieures : en général, un genre de vie parasite. L’action du parasitisme sur l’animal et sur l'amoindrissement de scs facultés locomotrices se montre, chez les Insectes, avec une grande intensité, et les deux seuls parasites connus de l'homme, le Pou et la Puce, en sont des exemples suffisamment instructifs. Le Pou, ce parasite permanent, qui nait et vit sur le même animal, est lent dans tous ses mouvements et rampe même maladroitement, n’étant destiné qu’à se traîner au milieu des cheveux. La Puce, au contraire, vivant d’abord dans les liquides animaux en putréfaction, jusqu’à ce qu’elle atteigne à son dernier développement, à partir duquel seulement elle devient parasite, est agile et habile à échapper à toutes les poursuites de ses ennemis. Les parasites temporaires sont toujours plus mobiles, et quelques-uns, comme les Eproboscidés {Hippoboscæ) , sont encore pourvus d’ailes, tandis que les parasites permanents n’en ont jamais, car elles ne pourraient que leur être désavantageuses. Bien que l’aile soit un organe important et qui, en partie, caractérise le type de l’Insecte, elle n’est pas cependant l’élément auquel on a emprunté le premier principe de différenciation. Chez les Insectes, les métamorphoses, phénomène auquel tous sont soumis, jouent un rôle très-important et sont toujours progressives, mais avec deux formes différentes. La première forme a été appelée métamorphoses incomplètes ; je préférerais lui donner le nom d'homonomes, puisque les jeunes ressemblent complètement à leurs parents, mais sont toujours plus petits et n’ont jamais d’ailes ; dans la seconde forme, le jeune à l’aspect d’un ver et porte alors les noms de larve ou de chenille, suivant qu’il n’a ni tête ni pieds, ou bien qu'il pos-