CHAPITRE XXIV
des Poissons dont le corps, dans la forme commune, était recouvert d’écaillcs dures, émaillées et presque toujours anguleuses (4) ; la nageoire caudale n'était pas symétrique, la moitié supérieure en même temps la plus grande constituant seulement le prolongement de la queue elle-même qui se redressait, tandis que la partie iule-
Fig. 59. — I*oi»>on> de l'époque primaire.
1. O'phnlaspis Lyvlhi vu d'en baut. — 2. Le même, de Côté. —5. Pterichlhy» produc lui, d’en haut. — 4. tiraille* de Palrrurriscu.% lepidus. —5. Fm* de ces écaille* par *;» partie inférieure ; on voit la crête longitudinale en saillie à la partie .supérieure de l’émillo pour sem- Iwiter par celte pointe dan* une échancrure de l’extrémité inférieure de* écaille» suivante*. — 6. Iclitliyodorylillie du Bymnconthus crentilatus. — 7. Deut du Cladodu* simplex. — 8. Holoptychus nobilisfimu *, d'en bas ; on voit le gosier cuinuné, les plaques abdominale* jusqu'à l'anus, a vit deux nageoires abdominale» à côté et le commencement de la queue avec les nageoires anales et dorsales. — 9. Maxillaire inférieur du Bothriolrpi* (arma. avec ses grandes défenses striées, intercale« entre les petites dents stngillifornic*.
ricure était formée par des rayons ('2). Agassi/ nomme ces Poissons Heterocerei; et Homocerci , ceux dont la nageoire caudale est dans la forme commune, composée de deux moitiés syinélriquessupcrposées. Le premier type caudal ne se retrouve plus actuellement que clic/, les Squales, les Esta rqeous, et à un degré moins marqué, chez les Lepidoslei. Les Poissons à grande nageoire caudale de l’époque primitive présentaient ce type, ou bien encore avaient la queue dans la forme Cyclocerque, forme dans laquelle les rayons sont disposés
très-régulièrement à l’extrémité de la colonne vertébrale, et constituent une nageoire en are de cercle. En outre, les genres connus portaient des nageoires abdominales, lorsque la paire postérieure ne leur manquait pas complètement. Un doit donc, pour les classer, emprunter les caractères distinctifs, soit à leur l'onnc générale, soit à la disposition des nageoires impaires dorsales et anales, et enfin tenir compte des dents et des écailles qui, étant les parties de leur corps les plus dures, se sont le mieux conservées.
Les Ganoïdes les plus anciens se trouvent dans legres rouge du système dévonien (old red, p.2 f3); ils n’appartiennent pas à la période de la formation de la grauwackc, mais sont plus jeunes. On connaît déjà plus de cent espèces différentes de cette époque, et il est permis de croire que ce nombre s’accroîtra encore beaucoup, lorsque les recherches se seront poursuivies pendant un certain espace de temps avec le zèle qui les anime aujourd’hui. Parmi ces espèces, deux familles surtout sont remarquables ; les Céphalaspides et les Cn'lacanthiues. Les premiers appartiennent exclusivement au grès rouge, les seconds se retrouvent encore dans le zechstein, et se sont probablement conservés jusqu’à l’époque crétacée. Les membres de ces deux groupes avaient la tète recouverte de grandes plaques osseuses granulées, et les Céphalaspides (3) présentaient encore ce caractère sur le corselet. Le reste du corps était revêtu d’écaillcs orbiculaircs très-dures, recouvertes d'émail et portant les mêmes granulations. Le squelette des Céphalaspides était plus mou, et la colonne vertébrale n’était que cartilagineuse. Les Cœlacanthines avaient une charpente solide, mais les os étaient creux malgré leur grandeur, particularité qui ne se retrouve dans aucune autre famille de Poissons, tant éteinte que vivante1. Leur forme bizarre s’harmonise avec ce caractère; leur aspect extraordinaire, le type grossier de leurs dents plissées et striées, joints à maintes autres particularités de leur corps, rappellent la famille singulière des Sauriens labyrinlhodoules. Le genre Ceplialaspis proprement dit (1 , ‘2) avait la tète large et plate, semblable au bouclier des Trilobites. Elle était recouverte d’écailles angulaires, et la queue portail une grande nageoire qui manquait probablement aux autres genres. Mais leurs nageoires
* Il est {imitable, *am» qu'on l’ail encore démontré d’une façon définitive, que le» genres Arapaima, Hcterot ix cl Oslenglossum vivant actuellement dans les rivières dis pays chauds, sont les véritables représentants de» Cudacanlhincs primaires. — li.