‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 222 sur 295 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

entre les Goniatites ut les Ammonites , et qui est une des coquilles les plus caractéristiques du musehelkalk Les Goniatites ne caractérisent pas le calcaire de montagne avec autant de certitude; on les rencontre souvent, et alors très-caractéristiques, au-dessous de cet étage, dans le dévonien’, à côté des Clymenia. Ceux-ci ne reparaissent plus dans le calcaire de montagne, et comme ils manquent aussi dans le silurien, ils servent à reconnaître, avec assez, de précision les grauwaekes dévoniennes. Les Utilités, les Ascoceras et les Trochoceras, ainsi que plusieurs espèces des genres Orthoceras et Cyrtoceras, peuvent servir de coquilles caractéristiques empruntées à la classe des Céphalopodes pour le terrain silurien.

La classe des Crustacés est représentée par une famille importante, appartenant à la première sous-division de cette classe (p. iôo), et qui est très-voisine des Phyllopodes. On lui a appliqué le nom de Trilobite, à cause de la division en trois lobes que présentent les carapaces des individus qu elle comprend. Le lobe médian bombé forme l’axe du tronc ; les deux lobes latéraux étaient de simples appendices, au-dessous desquels se trouvaient lixés des pieds palmés sans enveloppe testacée. Au milieu d’un grand bouclier céphalique en forme de demi-lune, ou parabolique, se plaçait le renflement portant la tête, et sur les côtés les yeux très-larges ; un appendice caudiforrne, et qui lui faisait pendant, enveloppait l’abdomen. La plupart des Trilobiles pouvaient s’enrouler; ils repliaient par en bas le bouclier caudal vers le bouclier céphalique, et cachaient entre les deux toutes les parties molles. Le nombre changeant des anneaux thoraciques placés entre le bouclier céphalique et le bouclier caudal, variant de deux jusqu’à vingt, les sépare complètement des Phyllopodes et de toutes les familles de Crustacés vivants. Ce caractère, disparu dans toutes les familles actuelles, s’étend, comme le prouvent les découvertes les plus récentes, à tout le groupe des Oslracodermes . Leurs représentants les plus anciens apparaissent

1 Jusqu'ici on n'avait retrouvé les Cérntites que dans le muschetkalk ; récemment ou a constaté leur présence »laus la craie, mais avec des modifications dans leurs formes qui les distinguent des Cérntites plus jeunes et plus anciennes. Voir L. de Buch, l.cs Crratiirs. Berlin, 1840. In-i. L e*Ùoninlitcs aussi ont perdu leur valeur absolue de coquilles caractéristiques des sédiments les plus anciens. Aujourd'hui on ne doit plus les considérer comme les représentants exclusifs, mais seulement prédominants, du type Ammonite dans les périodes primitives.

* Les Goniatites les plus anciens ont été découverts récemment par Bar ronde duus les calcaire1« postsiluriens de la Bohème. — G.

dans les couches les plus inférieures du terrain silurien ; ils sont déjà en décroissance sensible dans le système dévonien, cl le calcaire de montagne renferme les dernières et rares espèces. Avec la forme de leur corps, ils ne pouvaient se déplacer qu'en nageant et probablcmcntà reculons, le ventre en l'air ; car leurs pieds portaient les organes de la respiration et par conséquent devaient se trouver contigus à la surface de l’eau, et eu mouvement continuel. Le genre

Fig. 58. — Tnlubko.

I. Olcnus bohemicus; “1. Cul y incite Hlumcnbachii enroulé; 5. le même étendu ; i. Illivnus crauicauda enroulé; 5. le même enroulé; 6. l’lucups sclcrops enroulé vu par devant.

Oleuus liig. 58. — 1 ) ou P ar ad oxides et scs analogues appartiennent aux couches les plus anciennes ; les genres Ogtjgia , Asti ph us et lllaenus (5), aux couches intermédiaires; les genres Calymene (5), Homalonotus, et Phacops (6), dans les couches supérieures, ou même s'étendent en partie dans les deux systèmes. Nous nous bornons ici à citer ces quelques genres comme les plus fréquents. Le nombre total des genres s’élève, d’après les beaux travaux 1 de Rarraudc, à quarantecinq, dont huit appartiennent exclusivement aux couches siluriennes

* Yov. l'œuvre <|UC nous avons déjà citée : Systeme silurien du rentre de la lio firme, vol. I. Prague 185*2. In- i° ; et Angel in, Paleonloloyia scandinavica, vol. 1. Crustacva format ionis transitionis. I.ipsite, 18 . 1-1851. — G.

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les plus anciennes, ou autrement à la l’aune primordiale ; un seul genre passe dans la seconde faune silurienne. Si, à ce nombre, nous ajoutons trente-deux genres nouveaux, nous aurons fait connaître la riche variété des Trilobites. Parmi ces genres, dix-huit seulement passent dans le silurien supérieur et dix de ces derniers arrivent jusque dans la formation devonienne. Dans le calcaire de montagne, on ne rencontre plus que les genres Pliillipsiu et Grifftthules.

En outre des Trilobites, les eaux de la période primaire étaient peuplées d’autres espèces de Crustacés se rattachant étroitement aux précédents et à ceux qui vivent de nos jours. Tels étaient quelques genres des Ostracodes, dont le corps était enveloppé d’une coquille à deux valves semblable à celle des Mollusques. Malheureusement ces coquilles n’offrent que des particularités insignifiantes, et on en classe plusieurs parmi les genres encore vivants, Cypridina et Ctjthère ; d'aütres ont pris des noms particuliers. Les représentants de nos Poecilopodes sont très-rares, on en a décrit un genre, les Limulus proprement dits, trouvé dans les houillères d’Angleterre. Les Crustacés les plus parfaits de cette période étaient des Stvmupudes ; le genre Gampsomjchits \ assez commun dans les rognons calcinés de la sidéritc sphéroïdale des schistes carbonifères de Lebach, présente tous les caractères de cet ordre.

Les Articulés à respiration aérienne apparaissent déjà dans cette période ; ils sont les plus anciens animaux connus qui vécussent constamment sur la terre ferme. Mais leurs débris sont rares, et on ne les a étudiés avec soin que depuis peu. On connaissait cependant depuis longtemps deux espèces de Scorpions, trouvées dans les couches carbonifères de la Bohême, et plusieurs Coléoptères provenant de la même formation en Angleterre ; mais ces débris étaient insuffisants pour qu’on en put tirer des conclusions certaines. Aujourd’hui nous avons un nombre d'insectes décrits beaucoup plus grand, tirés, les uns des houillères voisines de Halle et décrits par Jordan, les autres des houillères de Saarbrück et décrits par Germar. On a pu se rendre compte de leur véritable position. Ils appartiennent à des espèces très-voisines des KaLer/acs (Blatta) que nous rencontrons si souvent dans nos forêts et nos habitations. Ils forment avec eux une même famille, et sont inférieurs par la taille aux représentants

1 BhiiimmsUt, !jc genre Hainpsonichux f imbriatus Memoire* de la Société de* sciences naturelles de Malle, il, 1X55). — U.

HISTOIRE l)E LA CRÉATION.

actuels les plus grands de ce groupe,- dont l’Amérique du Sud en possède qui atteignent jusqu’à trois pouces de long ; mais ils l’emportent en partie sur les espèces de nos contrées. Les autres espèces sont des Termites , des Si ali des et des Sauterelles ( Gnjllacris ).

Les Poissons de la période primitive se rattachent, soit au groupe des Placoïdes (p. 459), soit à celui des Ganoïdes (id.)1. Les Placoïdcs, dont les types les plus importants sont aujourd’hui les Squales et les Raies, ont laissé dans les couches siluriennes les rayons de leurs nageoires (lelithijodonjlithes) et leurs dents qui étaient les parties les plus dures de leur corps, et on les retrouve assez souvent dans des couches où nous ne rencontrons aucune autre trace des Vertébrés. Les Squales, animaux auxquels ces débris se rapportent surtout, et les Raies, dont les espèces se rapprochaient particulièrement du genre Cestraeion parmi ceux qui vivent actuellement, ont donc été les représentants les plus anciens des Animaux vertébrés. Leurs dents, remarquables |>ar leur largeur cl leur longueur, plutôt tuberculeuses qu'aiguës, indiquent un appareil de mastication destiné plutôt à broyer qu’à déchirer, en harmonie avec le corps recouvert d’écailles dures des Ganoïdes, qui devaient servir de proie à ces Squales et peut-être même, étaient souvent remplacés par des Brachiopodes, des Gastéropes et des Céphalopodes. Les genres Psammodus, Helodus, Petaloduset Orodns sont ceux dont les dents abondent le plus dans le calcaire carboniférien. Les genres Ctenodus et Cladodus( lig. 59. — 7), à dents aiguës et striées latéralement, apparaissent déjà dans le système devonien. En résumé, les débris les plus anciens des Placoïdes consistent dans quelques dents assez rares, et surtout en rayons sillonnés de rainures ou dentelés constituant la charpente des nageoires impaires et qui ont servi d’après leurs particularités distinctives à constituer les genres On chus, Oracunthus, Btjssacanthus (6), Ctenacanlhus, etc. Ces débris sont plus abondants dans les couches supérieures de la formation silurienne et dans le devonien, que dans le calcaire carboniférien.

Les Ganoïdes sont plus importants que ces débris épars. C’étaient

1 J’ai démontré, dans h* Journal gf né ral des sciences naturelles (1800, xvi, 524-331], que l’on rencontre dans les argiles schisteuse* des houillères de Weltin des Poissons d une Organisation supérieure appartenant à Tordre des Poissons osseux et placés dans le groupe des l’rctoguatfws p. 457 , en Faisant voir que les prétendues dents de Squnle trouvées dans ces dépôts étaient des piquants provenant de In queue de Poissons du genre Mvtuicanihus. — G.

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