CHAPITRE XXIV
fidèle. Chez les Labyrinthodnntes du trias, ces divisions dentales internes sont très*- tortueuses. Les dents des Archegnsaurus décroissent en grandeur d’avant en arrière à la mâchoire supérieure comme à la mâchoire inférieure, et le maxillaire inférieur est dépourvu de grandes défenses ainsi que la voûte du palais d’une troisième série interne de dents très-fines. Les particularités moins importantes,
Fig. iO. — Sauriens les plu* andi ns.
1. Trlrrpotnn elginenxe provenant du vieux grès rouge d'Elgin en Écosse, assez peu rapetissé. — 2. Archegoxauru* Hecheni, trouvé à Leliach ; crâne vu par sa face supérieure et la moitié de sa face inférieure à un tiers de lu grandeur naturelle, a, intermaxillaire; b, b, b, maxillaire supérieur; C, ns du ne*; d, os lacryin.il; e, frontal antérieur; f, frontal; g, fcontal postérieur; h, pariétal; i, ns postérieur de la cavité orbitaiiv; A, os zygomatique; /. lympanal externe ; m, tynipan.il zygomatique ; », partie écaillons«' du temporal; o, os mastoïdien; /;, tympanal interne ; g, occipital vu de côté; r, partie supérieure de l'occipital; a, trou occipital; /, os palatin; u, vomer. — 5. Dent agrandie du même. —4. Coup».* agrandie de celle dent.
qui existent dans la forme du crâne, sont faciles à saisir sur la planche1. Le troisième Saurien de l’époque primitive, connu d’ailleurs r
depuis longtemps, est le Prottrosaurus (pie l’on trouve fréquemment, dans les schistes cuivreux du comté de Mansfeld et de la Thuriiiiie.
1 Voir la monographie do l’auteur, Iss labyrinlhodontes des houillère* de Sanrbrüek, avec -4 planches. Berlin, 1850. In-f*. — G.
C’était lin Lézard voisin du Monitor actuel ; mais ses dents en forme de crochet, étaient enclavées, c’est-à-dire fixées dans une alvéole, particularité qui n’existe plus chez aucun Lézard actuel. Il avait huit vertèbres cervicales, plus de dix-huit dorsales, et au moins quatrevingt caudales, toutes à surface articulaire concave. Les membres postérieurs étaient très-longs, les pieds à cinq doigts armés de griffes recourbées. Ces caractères en faisaient un animal dont le genre de vie devait consister plutôt à grimper qu'à marcher sur le sol.
Les débris d'animaux, de même que les fossiles végétaux, nous amènent à des conclusions semblables sur les conditions géographiques de cette époque. Rappelons nous que les Lithophytes ou Coraux actuels s’établissent de préférence sur les écueils et les crêtes de rochers sous-marins élevés au-dessus des profondeurs de l'Océan; que les Crinoïdcs vivants, les Bracbiopodes et les Nautiles ne vivent que dans le voisinage des îles, mais à une certaine distance des côtes, les uns au fond de la mer, les autres portés à la surface des flots. N’avons-nous pas dès lors les meilleures raisons de considérer cette période comme formée d’archipels semblables à ceux de l’Océan austral ? Ouelques-unes de ces îles plus élevées que les autres, servaient de point central, autour duquel se groupaient les hauteurs plus basses. Elles étaient toutes enveloppées dans de vastes lignes de récifs sur lesquels les Coraux construisaient leur rempart. Dans les profondeurs grouillaient les Crinoïdcs, les Térébratulcs, les Orthocératites et les Nautiles. Les Poissons, pouvant résister à l’immense pression de l’eau avec leur cuirasse dure, nageaient dans ces mers à la poursuite de leur proie. A côté des îles hautes ou basses, ou bien à l’intérieur des récifs qui les entouraient, se formaient déjà, comme aujourd'hui, des bas-fonds, au-dessus desquels l'eau était moins agitée et se transformait en lagunes C’est là que s’entassèrent tout d’abord les Trilobites1, et plus tard les Ccphalaspis plats. C’est là aussi que l'Archcgosaurus et le Proterosaurus se glissaient le long du rivage, ou, comme les Monitors actuels, entraient dans l'eau pour faire leur proie des animaux qui venaient dans ces lagunes afin d’y trouver eux-mêmes leur nourriture.
* I.es IMiyllopoflcs acliie's vivent Hans les ilaqiies et les lapines, mais n’Iiahitent jamais 1rs eaux |>r<»li»mlr>.