‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 226 sur 295 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

Organisme* des formations secondaires.

Les couches de roches normales, depuis le grès bigarré jusqu’à la craie inclusivement, ont été considérées par beaucoup de géognostes comme formant un grand tout complet et auquel on a donné le nom de formation secondaire. Nous acceptons cette manière de voir ; car il est impossible de méconnaître un caractère général et commun à tous les organismes des couches secondaires. La nature organique, pendant cette seconde époque, ne dépasse jamais les limites de son développement moyen et n'arrive pas encore à compléter la série des types vertébrés à sang chaud, qui caractérisent les couches tertiaires et les fait ressembler à l'époque actuelle. La période secondaire conserve ce caractère sous toutes les zones et dans toutes les régions, autant que nous pouvons les connaître. Elle ressemble donc sur ce point à l’époque primaire. C’est aux travaux de d’Orbigny que nous devons la connaissance de ce fait que, la plus grande partie de l’Amérique du Sud centrale est composée de couches crétacées, dans lesquelles règne une organisation, qui, non-seulement correspond dans ses traits généraux avec la nôtre, mais encore présente souvent une identité spécifique entre les êtres crétacés des deux continents.

, D’autres travaux plus récents ont prouvé la même concordance entre les couches inférieures jurassiques ; mais on n'a pas encore retrouvé en Amérique les organismes propres au trias et au jurassique supérieur. Cette circonstance prouve péremptoirement qu’il existait là des conditions de développement locales et rend très-probable, que la surface de la Terre pendant la période secondaire fut soumise à des différences climatériques semblables à celles qui donnent au-

jourd’hui aux régions éloignées les unes des autres leur caractère spécial. Elles durent cependant être moins importantes, car les couches du trias, si puissantes en Allemagne, reparaissent aussi en Amérique. Les résullats obtenus en Europe ont démontré que les couches secondaires avec leurs organismes, et surtout l'étage oolitique. sont les plus importantes de toutes. C’est, en effet, dans ce terrain et dans le lias que se trouvent les formes si bizarres et, pour ainsi dire, paradoxales, appartenant à la classe des Reptiles. Elles n’y sont pas réparties avec uniformité. On les rencontre déjà sous des types analogues ou différents dans le trias , et elles se reproduisent dans la craie. On peut donc avec raison dire que l'époque secondaire est la période des Reptiles. Nous comprendrons encore mieux ceci en étudiant dans toutes les couches secondaires chaque classe organique, en les comparant avec leurs représentants plus anciens et plus jeunes.

Les végétaux fossiles, dans toute cette période, ne sont jamais aussi abondants que dans la précédente ou la suivante. Ils ne peuvent donc servir comme caractéristique des couches, et nous ne leur accordons notre attention qu’autant qu'il est besoin pour déterminer le caractère de la végétation. Dans les grès bigarrés, où nous rencontrons les premiers débris végétaux de cette époque, ils appartiennent aux mêmes groupes représentés dans la formation houillère. En dehors de quelques Flieoïdes et de quelques Liliacécs, on n'y trouve que des Calamites, des Equisétacées, des Fougères, des Cyeadées et des Conifères. Beaucoup de ees plantes, et notamment le Calamites arenaceus , ne sont pas particuliers au grès bigarré ; mais ils reparaissent dans le grès keuprique, dans le schilfsandstein (grès à roseaux), et dans les couches houillères auxquelles nous avons donné le nom de lettcnkohle. Ces gisements de houille sont situés dans les parties inférieures de la formation secondaire, et ce sont ces couches qui contiennent le plus de végétaux. Leurs espèces sont différentes de celles des houillères de la période précédente, mais elles appartiennent aux mêmes groupes du règne végétal qui ont formé ces dépôts de charbon. Ce qui les caractérise, c’est l’apparition d’uno nouvelle famille végétale, les Cpcadées *, plantes analogues

1 La famille îles Cycadées a de nombreuses analogies avec les Fougères arliorescentes, aussi bien par sa distribution actuelle que par sa distribution primitive. Actuellement elle habite l'hémisphère sud au nombre d'environ il) espèces. Elle fut d’abord assez riche.

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