CHAPITRE XXV
blahlcs existent dans le muschclkalk, et jusque dans la eraic Ip. 510). Elles forment un anneau intermédiaire entre les Goniatites simplement infléchies des formations primaires, et les Ammonites proprement dites plus récentes, qui déjà apparaissent avec l 'Ammonites dux sur plusieurs points du muschclkalk allemand, et avec une année complète d’espèces dans le trias alpin. Dans le terrain jurassique, les espèces se modifient, mais le type général de l’organisation reste le même. On y rencontre de nombreux Brachiopodes, qui d’ailleurs appartiennent en plus grand nombre aux genres vivants, surtout des Térébratules et des Rhynconelfes, dont on retrouve presque dans chaque couche des coquilles caractéristiques. Les Productus manquent comme dans tous les autres étages supérieurs, et nous rencontrons les derniers représentants des Spirifec au nombre de quatre espèces dans le lias. Parmi les Acéphales , le genre Gryphea (11), très-voisin des Huîtres, est très-répandu dans le lias inférieur avec la Griphæa areuata , et dans l’oxfordicn avec la Gr. dilatata. La première espèce est dans quelques localités en si grande abondance que les couches qui la renferment en ont pris le nom de Calcaire h Griphées. Plus haut, dans le lias supérieur, une autre forme reconnue récemment pour être un Crustacé bivalve, Posidonomya Bronnii (9), offre la principale coquille caractéristique. Dans les parties moyennes de l’oolitc inférieure la Trigonia Costa ta et la 7V. clavellata dans l’étage supérieur, ainsi que la 7V. n avis dans le lias le plus récent, sont très-fréquentes et caractéristiques. Ces trois genres sont assez significatifs dans le terrain jurassique ; le premier n’a plus qu’une espèce vivante, le second n’existe plus au delà du lias, le troisième, au contraire, a encore plusieurs espèces dans le crétacé et dans les couches tertiaires, mais n’a plus qu'un seul représentant aujourd’hui. Le genre Plwladomya ressemble complètement auxTrigonies par le nombre doses espèces, et par leur répartition jusqu'à l’époque actuelle. Les Gastéropodes jouent un rôle subordonné dans le terrain jurassique, et cependant ils ne font qu’augmenter en nombre et en variétés. C’est à cette époque qu’apparaissent les premiers Zoophages (p. 425), avec les genres Pteroceras cl Nerinea déjà cités comme fossiles caractéristiques pour les couches du jurassique supérieur. La dénomination de calcaire à Kerinées est fondée sur la fréquence du N. stgirajurensis (10), dans celle couche. Le genre est facile à reconnaître à sa forme longue.
et turriculée. Le genre Diceras, qui lui sert de compagnon, est un Acéphale bivalve, dont le crochet est très-remarquable par sa longueur et par sa forme enroulée en spirale; il n’existe plus aujourd’hui, mais se trouve encore dans la craie. Les Céphalopodes sont surtout représentés par les Bélemnites, aujourd’hui éteintes, de la famille des Acétabulifères, et par les Ammonites de la famille des Tcntaculrfèrcs. Les soi-disant Pierres de foudre (Belemnitæ) sont îles fossiles très-curieux par leur forme conoïde allongée, quelquefois aussi en crosse avec une extrémité tronquée et creusée en entonnoir. On n'a jamais mis en doute leur origine animale, mais on ne savait à quel groupe les attribuer et à quel organe elles appartenaient. ltans ces derniers temps on avait admis, en s’appuyant sur les observations d’Owen, que les Bélemnites conoïdes allongées à texture cristalline rayonnée qui portent dans l'espace vide de leur extrémité ouverte, l 'alvéole, une coquille polythalamc, étaient une longue pièce dorsale étroite et spaluléc semblable au rostre des Sépias. L’animal était fixé sur l’espace vide ou alvéolite ainsi formé , et qui devait être à peu près libre à la partie inférieure. Il était pourvu de dix bras, huit courts et deux longs, et d’un sac à encre. Toute sa conformation rappelle celle de la Sépia, si ce n’est que scs liras semblables à ceux des Onpchoteuthes vivants étaient armés d’ongles crochus, lin manteau charnu, qui s’élargissait pour former deux ailes latérales, enveloppait le rostre. Celui-ci servait à l’animal de base d’appui et un épiderme mou recouvrait le cône pierreux. D’autres savants (Quensledl) considèrent comme une erreur Lidentilication des animaux à griffes, avec les Bélemnites, et prétendent que nous ne connaissons encore absolument rien des êtres auxquels appartiennent ces cônes appelés Bélemnites. Quoi qu’il en soit, les Bélemnites apparaissent d’abord dans le lias, principalement les espèces sans sillons longitudinaux ( B. niger et trisulcatus), tandis que les espèces à sillons (B. semi.su/catus, B. canaliculatus, B. clavatus, B. hastatus), se montrent dans le jurassique moyen et supérieur. Kllcs existent dans toutes los couches crétacées, après quoi elles disparaissent de la surface de la Terre. Les terrains tertiaires n’en renferment jamais qui y soient dans leur gisement primitif. Une seconde forme curieuse, avec ongles crochus dans les ventouses des bras, est le genre Acanthoteutliis (Ceiæno) qui se trouve dans le schiste lithographique. De minces plaques dorsales, auxquelles les
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Loligincs actuelles ressemblent complètement et qui existent dans le lias supérieur, ont servi à former les genres iielopelth et Teuthopsis.
Les Ammonites du terrain jurassique ont les cloisons des loges non-seulement lobées, mais encore dentées sur les bords des lobes et se distinguent par ce caractère des Gonialitcs et des Cératiles plus anciens. Dans cet étage, elles se divisent, d’après I,. de Buch, en onze groupes qui, plus tard, ont été portés à vingt-quatre; sept d’entre eux appartiennent exclusivement à l’époque jurassique et
Fig. -43. — Ammonites.
I. Ammonitr* biu'hlntuli ; a, cloison. — - Atiim. coron a tu* ; a, cloison, — 3. .4. amalthcu*. — 4. A. Rholotnmjcnsiê ; a, cloison. — î». Iiord déroulé de la ckmon de IM. liontri, espèce du groupe de» Capricorne* provenant du lia* moyen; d, lolic dorsal avec le cône du siphon ; b, ligne moyenne de la région ventrale, elle partage en deux le lobe étroit abdominal ; c, r, «telle ventrale ; n, «, lobe de la suture avec les deux petite- selles du même nom. elles marquent le commencement de la portion abdominale; o, o et r, jr, les deux -elles latérale- entre lesquelle» se place le lobe latéral r, r; il e-t divisé en deux branches par une troisième petite -elle latérale. Toutes les Ammonite» ont autant de -elles et de lobes principaux ; le- premières m* présentent *ous la forme d’élévations sur le- cloison- (n, a, a), les seconds mïus celles de dépression*.
sont répartis très-nettement dans des couches spéciales; les autres passent du terrain jurassique dans le crétacé, et sept sont particuliers à ce terrain. Les trois groupes des Arietes, Capricorni et Fnlciferi, sont exclusivement du lias, les Arietes des couches inférieures, les Capricorni des moyennes, les Falcifori des supérieures. L’.tnim
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ItuckUmdi (lig. 'i5. — 1 ) et les /1mm. depressns et radiaux y sont d'excellents Fossiles caractéristiques. Les Coronarii(2) appartiennent mi jurassique moyen ; les Ornali s’étendent dans le supérieur, depuis l’argile d’Oxford. Les Armnti , les Helerophylli , les Amallhei (5) et les üenlali se retrouvent dans plusieurs des couches jurassiques. Chaque couche, depuis le lias le plus ancien jusqu’au jurassique le plus jeune, a ses espèces particulières d’Anunonites. Des dilTércnccs si caractéristiques dans les groupes d’une seule et même Formation laissent encore soupçonner des changements très-prolonds et très-essentiels dans les conditions qui régnaient à la surl'ace de la Terre et rendent très-vraiscmhlahle qu’il dut s’écouler de longues périodes de temps de plusieurs milliers d'années pendant lesquelles s’clfeclua lentement la Formation de chacun des dépôts. A côté des Ammonites du terrain jurassique, il existe dans tous les étages, tant anciens (pic plus jeunes, des lames testacccs que l’on trouve souvent placées sur un point constant à l’intérieur du test des Ammonites et se composant de deux moitiés égales, complètement séparées, comme des coquilles bivalves ; leur texture rappelle les lames calcaires poreuses des Sépias. On les a déjà classées en plusieurs espèces en les groupant sous les noms de Tviijonellites ou d' ApUjchas. Je considère ces corps comme des pièces du squelette interne de l'animal des Ammonites, et je crois qu’ils étaient placés dans les téguments de son corps au point ou celui-ci sortait hors du hord de la coquille et n'était plus protégé par elle. Dans le terrain crétacé, l’organisation des Ammonites se présente avec un cachet encore plus original. Ce que nous avons dit des Acéphales et des Gastéropodes dans la période jurassique s'applique encore à cette Formation. Leurs représentants vont toujours en se rapprochant de plus en plus des conditions actuelles par le nombre et la forme des genres et des espèces. Les Itraehiopndcs et les Céphalopodes, au contraire, conservent encore leurs caractères particuliers. Parmi les premiers, les Térébralulcs se présentent avec plusieurs groupes propres à la craie. Les genres vivant, Crania et Tliecidea , y sont aussi représentés partout; le seul genre éteint est le genre Magas. Mais les Mollusques les plus caractéristiques pour les étages de la craie, et plus particulièrement pour les couches supérieures du néocomien et les couches inférieures de la craie proprement dite, sont les Ihidules ou Hippiinlc.i, ou coquilles iufundihuliformcs ou tubulifor-
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mes, dont un côte est pourvu «le sinuosités intérieures ou de canaux partant de la lace interne. Elles sont un peu plus plates sur ce point et deviennent ensuite plus cllipti«|ue.s ou semi-lunaires. Sur eet entonnoir s'applii[ue une seconde valve, plus courte et plus ou moins conoîde, qui reste partout isolée de la surface interne de la première, et ne sc trouve en aucun point en contact immédiat avec elle. L'une et l'autre sont composées de petits tubes hexagonaux placés horizontalement et étagés les uns au-dessus des autres. Les opinions varient beaucoup sur ces êtres énigmatiques dont on connaît déjà les genres Sphæruliti's, Hippurites, Bailinliles , Capriuu, Ichthyosarculites ou RhaMites. Quelques-uns en font des Mollusques, d'autres des Polypes; cependant l’opinion dcColdfuss cl de d’Orbigny, qui les regardent comme des Drachmpodcs, parait être la plus vraisemblable. On ne les trouve que dans la craie, et les couches, plus jeunes ou plus anciennes, n’en possèdent aucun exemplaire. Dans l’ordre des Céphalopodes, il règne un parallélisme complet avec les types de l'époque jurassique, les étages de la craie conservant cependant le premier rang pour la richesse des formes. D’Orbigny, «pii a fait des études toutes spéciales de ce sujet, distingue 92 espèces dans le néocomien, 60 espèces dans le gault et 52 dans la craie proprement dite. Les Bélcinnites y sont, pour leur part, au nombre de 18 dans le premier étage, et de 1 dans le second; elles n’ont plus aucun représentant dans le troisième, mais elles y sont remplacées par un genre dérivé, Belemnilella, avec 2 espèces. Les Nautiles existent an nombre de 4 dans l’horizon inférieur, 2 dans le moyen, 10 dans le supérieur; les Ammonites, 75 dans le néocomicn, 44 dans le gault, 27 dans la craie. Les autres espèces appartiennent aux genres particuliers des Ammonitides, qui sc distinguent par les particularités de la spire de leur coquille; tels sont les genres Crioeeras , Toxoceras , Hmniles, Scaphiles, Ancyloceras, Ptyclwceras, Baculites et Turrilites. La famille des Ammonites, y compris ces genres, reproduit presque tout le cycle rcinari|uahlc deformes des Nautilidcs des époques siluriennes et dévoniennes. Le genre Crioeeras (fig. 44. — 8| ressemble complètement, par la courbure de sa coquille au genre Gyroceras (p. 509, — 8); le genre Toxoceras (?>\ nu genre Cÿrtocm«(p.509, lig.5|, l’Aiicyloceras (4) de la craie aux Lit lûtes du silurien (p. 509, «g. 12), Ptyclwceras (6) aux Nautilidcs Ascuceras, Turrilites (1 ) aux Trocho-
reras siluriens, et enlin le genre Baeulites , droit comme un bâton, au genre Orthoreras, si riche en espères dans les anciennes formations. Dans les deux séries de formes, la position du siphon avec les particularités offertes par les cloisons servent seules à établir les caractères distinctifs ; mais il est bien remarquable que la famille des
Fig. U. — Ammonites du terrain crétacé.
1. Tnrrilitr* r ntt n tus: 2. bord de la cloison du même; Ö. Tnrocrras bit über culatnm , 4. Ancyloceras Unlhernnanum ; r». Ihnnites altenunlus ; tî. ptychoceras Emrrieanum . 7. Scnplnjte* trynalit; 8. Grinceras Ihivali ; y. bord de la cloison du même.
Nautilidcs, qui a encore des représentants dans nos mers, se déploie avec la plus prodigieuse richesse de formes dans les périodes les