‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 232 sur 295 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

plus anciennes, tandis que la famille des Ammonitides, qui n'existe que dans les périodes passées, atteignit à une richesse de développement semblable seulement pendant la dernière époque de son existence, dans le terrain crétacé. Les Ammonites proprement dites de la Craie, se divisent en 14 groupes différents, dont 4, les lleterophylli, Macrocephali, Fimbridti et Planulali existent avec les autres espèces de l’époque jurassique ; mais 7 sont exclusivement particulières à l’époque crétacée. Les Rhotomagenses (4) appartiennent aux plus jeunes. Depuis cette époque, ces deux formes, les Ltélemnites et les Ammonites, ont entièrement disparu de la Terre ; on ne retrouve plus aucun de leurs représentants, ni dans les couches tertiaires, ni dans nos mers actuelles. Nous n’avons pas cru devoir épargner à nos lecteurs tous ces détails de chiffres, parce qu’ils fournissent, en peu de mots, les notions les plus précises sur la riche variété de formes d'une famille qui, pour n’avoir existé qu’un temps assez court, n’en est pas moins extrêmement nombreuse et dont les plus anciens représentants se rapprochent plus des types voisins actuels que les plus jeunes.

Les Animaux articulés des formations secondaires ne sont pas, à beaucoup près, aussi nombreux et aussi importants pour déterminer l’âge des couches , mais ils servent beaucoup à faire saisir le caractère général de l’organisation. Les Vers, n’ayant que des parties molles, ont complètement disparu, et les genres des Serpules qui sécrètent des tubes pierreux sont les seuls qui se soient conservés. On retrouve leurs traces jusque dans les terrains de transition et dans les formations postérieures. Mais la forme vague de ces tubes ne permet point d’en tirer des conclusions positives sur l’organisation des animaux. Les Crustacés ont une plus grande importance. Les Trilobites, qui ont servi de représentants à cette classe, dans les périodes antérieures, manquent complètement, pendant l'époque secondaire. 'Les Crustacés, d’une organisation [dus élevée, à nombre constant y apparaissent. Les genres les plus fréquents sont les Thoracostraca et les Podophthalma, à tète immobile, yeux à facettes et mobiles, carapace ordinaire et abdomen à sept anneaux. Les plus anciens, provenant du grès bigarré, appartiennent aux Décapodes ( Macntra ) à longue queue, mais sont connus seulement par des restes imparfaits. Ceux (pii viennent ensuite dans le muschclkalk font partie d’un genre éteint, Pemphix, très-rapproché du genre

HISTOIRE liK LA CRÉATION.

Palinurus. On no connaît point do Crustacés dans lo koupcr. Dans le lorrain jurassique ils deviennent plus fréquents et reproduisent de nouveau le type Macrourc. Le genre Glyphea traverse cet étage de lias en haut avec 9 espèces; il se rapproche beaucoup du genre actuel, A lephrops. Parmi les plus fréquents se placent les genres Eryon, avec 18 espèces dans le schiste lithographique, et Mecochirus , avec 12 espèces, voisin du genre Plerochinis, avec 5 espèces. Les deux derniers appartiennent aux Caro'idiens ou Squillcs ; les autres aux Astaciens ou Crustacés proprement dits. Dans ce même étage apparaissent aussi les premiers Stomapodes avec le genre Vi da et le genre Umuhis , qui existe encore aujourd'hui dans des espèces tout à fait semblables, et représente une famille particulière. La craie renferme de ces groupes, seulement quelques espèces de Macroures, imparfaitement connus, et offre les premiers Brachyures. En outre, on y rencontre encore, ainsi que dans le trias et le jurassique, des Cirripèdes , des Cythériens et des Esthe'riens , Crustacés appartenant à la première division ou groupe des Ostracodermcs, enveloppés dans une carapace calcaire et qui habitent encore nos mers en grand nombre. Les Arachnides sont partout de la plus grande rareté ; ils sont représentés par le genre Phalanijium dans le schiste lithographique de l’époque jurassique, mais ils manquent complètement dans le terrain crétacé. Il en est de même des Insectes. On n'en a retrouvé que deux espèces de l’époque du trias dans las couches du keuper, près de Vadutz; beaucoup, au contraire, dans le lias et le jurassique, et dos traces presque insignifiantes dans le terrain crétacé. Ils appartiennent aux genres les plus différents de tous les grands groupes et proviennent d’espèces tombées accidentellement dans l’eau où se formait le dépôt qui les a conservé. Aucun d’eux n'habitait la mer, et probablement les Insectes marins étaient alors aussi rares qu’aujourd’hui. Les nombreuses espèces d’insectes du lias nous sont parvenues dans un état de conservation admirable dans les marnes finement schistoïdes de Schambcle, canton d’Aargau. Le» Lépidoptères, les Diptères, les Hyménoptères y sont complètement absents ; parmi les Orthoptères, on cite quelques Dlattes et Sauterelles, très-semblables à celles qui vivent encore, et un Perce-ürêille d’une forme particulière pour la tête et le thorax. Les Nevroptères sont représentés par six Termites, qui apparaissent déjà dans les couches houillères et par une Libellule dont la taille

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dù|)assc toutes les espèces vivantes. Les Hémiptères appartiennent aux familles des Punaises ( Coreodes ) et des Cicadaires. Les Col dopt ères sont extrêmement fréquents; on en connait 1 10 espèces appartenant à l(i familles différentes. Quelques-uns seulement présentent des caractères particuliers d’organisation , la plupart sont très-voisins des espèces actuelles. Les Carabes, les llydropliilicns, les Buprestes, les Clatéridcs, les Nitidulidcs et les Itliyncophores sont les types dominants. Les 56 es; Mires d’insectes du lias anglais présentent les mêmes caractères essentiels. Parmi les couches supérieures du terrain jurassique, les seules qui aient fourni de nombreux restes d’insectes sont les schistes de Stoncslield, célèbres par leurs Marsupiaux fossiles, les couches wealdicnnes d’Angleterre et le schiste lithographique de Solenhofen. Les espèces y sont au nombre de plus de 200 et les types les plus fréquents appartiennent aux Coléoptères, Orthoptères et N'evroptères, aux Hyménoptères et aux Lépidoptères.

Les Vertébrés des formations secondaires n’offrent plus une analogie aussi marquée avec l’époque actuelle. Les Poissons conservent encore d'abord tous les caractères qu’ils avaient dans les couches du zechstein et sont par conséquent à écailles anguleuses; mais ils appartiennent à des genres et à des espèces différents. Les genres Amblyplerus, Saurichthijs et Placodus, trouvés tous trois dans le muscliclkalk, se classent avec les Ganoïdes; trois autres genres, les Psammoilus, Acrodus et Hijbudus , déjà rencontrés antérieurement, se rangent parmi les Poissons cartilagineux et sont en partie semblables au genre actuel Cestracion, par la structure des dents. Baus le terrain jurassique, nous retrouvons toujours le même type d’organisation, et ce sont encore les espèces à écailles anguleuses qui dominent; mais elles sont accompagnées d’autres formes à queue homocerquc ( LepidotHs ), égale dans scs deux parties, inférieure et supérieure, comme cela a lieu chez la plupart de nos Poissons actuels. Tous les genres appartiennent ici au groupe des Gastroptérygiens, bien que la distance entre les nageoires pectorales et abdominales soit beaucoup plus courte. Chez plusieurs genres, la' pointe supérieure de la queue est encore un peu plus développée (pie l’inférieure; chez d’autres, la queue est arrondie, d’après le type le plus commun actuellement. Nous rencontrons ensuite les premières formes les plus voisines de nos Ganoïdes vivants, un Esturgeon

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