CHAPITRE XXV
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des Crocodiles ; mais nous rencontrons ailleurs d’autres particularités, prouvant que cet animal n'appartenait point à cette famille. Aucun Crocodile n’a de trou pariétal ; on ne le retrouve actuellement que chez les Lézards, et encore chez une partie seulement d’entre eux, tels que les Monitors, les Lacertiens, les Scincoïdcs, les Agames et les Caméléons. Ces Lézards ont un pariétal impair, taudis que le Trematusuurus en a deux comme les Tortues. Cependant le Trcmatosaurus possède un intermaxillaire impair comme les Lézards, et non deux comme les Crocodiles et la plupart des Tortues. Enlin il s’harmonise avec ces dernières par la conformation de la région temporale, et surtout par le développement surprenant de l'arcade zygomatique, toujours beaucoup plus étroite et plus faible chez tous les Lézards, et meme chez les Crocodiles. Son arcade zygomatique dépasse encore celle des Tortues, puisqu’elle recouvre toute la fosse temporale, ce qui n’a lieu chez aucun Reptile vivant. Cette circonstance appartient exclusivement aux Lahyrinthodonles. Mais si nous retournons le crâne, et le considérons par sa face inférieure (2), le mélange de caractères empruntés aux espèces des Reptiles les plus variées, constituant les éléments typiques de l’organisation des Labyrin- .thodontes, est poussé jusqu’à un degré extraordinaire. A ces caractères appartient le nombre énorme des petites dents fines et coniques fj’en ai compté soixante à soixante-dix sur chaque côté), fixées sur la face un peu élevée et extrêmement étroite du maxillaire (cc). Aucun Lézard n’a plus de vingt-cinq dents sur chaque côté du maxillaire, et le plus grand nombre d’entre eux en a moins. Mais lorsqu’on considère enfin les os palatins (bb), soudés immédiatement avec les maxillaires, on ne sait plus dire parmi toutes particularités laqucllecst la plus bizarre. Chez tous les Lézards, ainsi que chez les Crocodiles, la voûte palatine se compose de plusieurs os, dont les antérieurs, ou palatins, et les postérieurs, pterigoïdiens, existent toujours. Cette division ne se trouve plus chez les Trematosaurns; leur voûte palatine n’a qu’un os de chaque côté. Ce grand os est armé de dents sur toute sa longueur. Ces dents vont en croissant du côté des trous du palais, et, au contraire, en diminuant rapidement dans le sens opposé, en sorte que les plus éloignées au fond de la bouche, sont inférieures à celles des maxillaires. Le tissu de ces grandes dents palatines des Lahyrinthodonles offre une des particularités les plus caractéristiques de ces animaux. Ces dents n’ont pas
Mil HISTOIRE DE LA CRÉATION.
d’alvcoles ; elles reposent par leur base plate dans une légère dépression de l’os cl y sont fixées si solidement qu’on ne peut presque jamais les arracher nettement sans emporter avec elles un fragment de l’os palatin, eu laissant un trou à la place qu’elles occupaient. Lorsqu’on les étudie minutieusement, on remarque à leur surface des stries ( 5 ), presque jusqu'à la pointe, et que leur intérieur creux (6) est circonscrit par une parbi épaisse. Cette paroi est formée par des plissements ondulés et renferme encore des vides étroits séparés les uns des autres par les lames (8) sinueuses et compliquées de la substance dentaire (denlina). Cette substance se compose, comme d’ordinaire, de tubes calcaires placés verticalement les uns à côté des autres, et des vides situés à l’intérieur de chaque lame et communiquant avec la cavité centrale. Je n’ai pu figurer tous ces détails sur mon dessin : nous y voyons (8) les lames sinueuses de la dentinc avec ses cavités intérieures, mais on n’a pas dessiné les canaliculcs qui en partent à angle droit et traversent les parois du tissu dentaire. Il était tout aussi impossible de figurer le cément qui pénètre de dehors entre les replis de la dentinc. Aucun autre Reptile n’a des dents avec une structure semblable. Les Poissons seuls du groupe des Cœlacanthiens possèdent une dentition dont l’extérieur est identique, et l'intérieur très-rapproché de celui des Labyrinthodontes. Parmi les Reptiles, les Ichthyosaurcs sont ceux dont les dents ont le plus de ressemblance, mais elles s’en éloignent bcailcoup par la longueur de leur racine qui n'existe pas dieu les Labyrinthodontes. Ces derniers sont donc seuls à avoir des dents de cette nature, et leur nom de famille a été emprunté à ce caractère. Le Trematosaunu possède encore une troisième série de dents an nombre de cinq petites, située sur le palais ('2) à côté des fosses nasales; il est le seul Reptile éteint connu ayant autant de rangs de dents, à moins qu’on ne veuille considérer la dentition en forme de brosse de la Siren lacer lina comme quelque chose d’analogue. Ce caractère nous ramène encore du côté des Poissons, car on trouve seulement chez eux des types armés de plusieurs rangs de dents sur le palais. En arrière des os palatins, se place le basilaire (fl) , os très-grand et plat, d'où partent cinq apophyses. L’apophyse centrale impaire se prolonge la plus loin en avant, où elle se réunit au vomer séparant l’un de l’autre les grands trous palatins. Sur ses côtés s’étendent deux autres apophyses larges et plates, qui se sou-