CHAPITRE XXV
dent par en haut à l'extrémité postérieure des palatins et y délimitent les trous du palais. Ces trois parties correspondent à la moitié antérieure de l'os basilaire des Lézards; cette moitié libre pendant la jeunesse de ces animaux csl l’os sphénoïde. L'autre moitié postérieure et plus large, pourvue de deux fortes apophyses latérales, constitue le corps de l’occipital, dont les ailes latérales supportent chez tous les Reptiles le Suspensorium de la inàohoirc inférieure, lequel est formé, ou bien uniquement de l’os tyinpanal (chez les Lézards), ou en même temps de l’arcade zygomatique (chez les Crocodiles). Cette dernière disposition était complètement réalisée chez les Labvriuthodonles. Entre les ailes, et au-dessous du grand trou occipital, se montrent les deux condyles séparés et relativement petits. Leur séparation cslsans doute très-digne d’être remarquée, mais vouloir, à l’aide de ce seul caractère, faire des Labyrinthodontes des animaux de la classe des batraciens, me semble peu justifié, lorsqu'on considère toute la conformation de leur tète. Il est vrai qu’ils ne sont pas non plus de véritables Lézards, malgré la présence de l’os lacrymal. Il faut plutôt les regarder comme des Reptiles, représentant un groupe absolument indépendant, cl dont les particularités sont aussi grandes que celles des Ichthyosaurcs, que personne n’oserait classer dans un des groupes de la faune vivante. Le maxillaire inférieur confirme encore cette manière de voir. Il ressemble assez au maxillaire inférieur d’un Lézard, mais sa forme beaucoup plus svelte rappelle le type des Ichthyosaurcs. tandis que la p'réscnec d’une paire de grandes défenses situées en avant, est absolument sans exemple. Il est indubitable que ces grandes dents aiguës, beaucoup plus minces que les dents du palais, devaient traverser le maxillaire supérieur, comme l’exige leur hauteur, lorsque la bouche était fermée. Elles s'enfoncaient sans doute dans deux cavités situées à l’extrémité du palais. Peut-être ces trous étaient-ils ouverts par en haut et laissaient passer la pointe des défenses. Quelque risquée que paraisse'cette hypothèse, elle est cependant nécessaire, vu la longueur des dents, et a été prouvée par un dessin de M. Plicningcr, montrant le maxillaire inférieur du Mastodonsauriis dans sa position naturelle. On en peut dire autant de la tète des Labyrinthodontes. Je craindrais de fatiguer mes lecteurs, en leur décrivant les autres parties du corps ; je nie contente donc de dire que leur tronc était recouvert de fines écailles cornées et imbriquées, et qu’ils avaient trois
grandes plaques osseuses sons la gorge (1), dont les surfaces étaient burinées de sillons et de fossettes semblables à celles de la télé'. L'allongement de la tête fait supposer un corps de meine type, et probablement pourvu d’une longue queue. Les membres étaient courts, comme chez tous les Reptiles, mais robustes, et les griffes n’étaient peut-être pas aussi longues que chez les Lézards, mais plus courtes, plus trapues, semblables à celles des Tortues paludines. Cette conjecture s’appuie sur certaines traces de pieds, observées sur les roches dans lesquelles on trouve les os des Labyrinthodontes. Pour le moment, nous ne nous y arrêterons pas plus longtemps, nous réservant d’y revenir à la lui de ce chapitre. Il sul'lit que nous ayons pu faire des Labyrinthodontes une famille de Reptiles dont le classement dans les cadres des formes vivantes est impossible, parce qu’ils réunissent des caractères constituant aujourd’hui des différences essentielles entre les Tortues, les Crocodiles, les Lézards et les batraciens ou Salamandres. L'aspect général de leur forme était celui d’un Lézard, semblable aux Ichthyosaures, mais avec des pieds plus robustes. Le vêtement d’écailles les apparente avec les Reptiles •écailleux , et le double condyle de l’occiput avec les Reptiles nus.
Nous nous sommes longtemps arrêtés avec les Labyrinthodontes, parce que l’image complète de ces animaux n'a pu être reconstruite qu'à l’aide de quelques fragments, et que nous voulions mettre sous les yeux de nos lecteurs les diflicultés qui accompagnent une restauration de cette nature en les faisant pénétrer eux-mêmes dans la méthode qui guide le savant dans ce genre de travaux. Voulant faire voir que ces diflicultés ne sont pas insurmontables, nous avons choisi de préférence les Labyrinthodontes, parce qu'ils sont les plus anciens Vertébrés terrestres , et que, en qualité de représentants d’une famille animale absolument distincte, ils caractérisent les étages du trias par leurs débris. Au-dessus du kcuper on ne trouve plus de Labyrinthodontes’, ils disparurent lorsque les Délcmnilcs et les Ammonites, tout aussi curieuses, se montrèrent pour la première fois à
* ta figure 45, numéro 4, représente les trois plaques osseuses dans leur position naturelle, mais isolées l'une de l’autre : In médiane ^a) était placée en arrière sur le sternum et s’étendait avec sa poinlr jusqu’entre les brandies du maxillaire inférieur ; les latérales/^ occupaient les cotés du cou.
* lie Hhmosaurux découvert dans le terrain jurassique du gouvernement de Simbirsk, a, dans la conformation du ci Ane, tics rapports si nombreux et si frappants avec les tahy-