‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 237 sur 295 · CHAPITRE X\V · texte numérisé non relu

CHAPITRE X\V

pour porteur de ces modifications. Tel me semble être la véritable clef qui peut nous résoudre l’énigme do leur mode de constitution. Les Reptiles de l’étage jurassique se divisent en Reptiles nus à vertèbres concaves, etc., et en Reptiles écailleux avec vertèbres plates, etc. A ces derniers appartiennent les Enaliosauriens à nageoires, et les Ptérodactyles pourvus d’ailes. Les premiers se trouvent principalement dans le lias sous deux formes, à savoir, comme Ichthyosaurus à tète longue, coli peu développé, nageoires relativement courtes et larges ; et comme Plesiosaurus à petite tète, cou long, nageoires longues et étroites. On connaît déjà plusieurs espèces de ces deux genres, mais le dernier n'a encore été observé qu’en Angleterre.

L’ Ichthyosaurus, qui est le plus généralement distribué, se trouve en Allemagne, particulièrement dans le terrain jurassique de la Franconic et de la Souabe à Ranz, et à Roll, cependant il y est moins abondant et moins complet qu’en Angleterre. Nous avons donc choisi de préférence un exemplaire anglais pour notre description. L’ensemble de la forme de l’animal, telle qu’elle nous apparaît d’après la position naturelle de son squelette, étendu immobile dans la mort devant nous, est facile à reconnaître. C’est celle d’un Dauphin de quinze à vingt pieds de long, à quatre nageoires. Le crâne occupe presque un cinquième de la longueur totale du corps, et mesure par conséquent trois à quatre pieds. Ce crâne plat sc rétrécit en avant en un long museau, dont les os appartiennent presque exclusivement à l'inlcrmaxillairc (a), et l’ouverture nasale se montre très-rapproehéc de l’œil sous la forme d’une fente étroite. Les deux maxillaires sont creux sur leurs bords (fig. 46. — 1), et portent des dents (/) nombreuses, coniques et striées, qui s’enfoncent dans l’alvéole commune avec des racines creuses, cylindriques et épaisses. De nouvelles dents (t>) croissaient toujours entre les anciennes pour remplacer celles qui étaient usées. Au point où les dents finissent en arrière, on aperçoit sur le maxillaire supérieure la grande cavité orbitaire, de forme elliptique, dans laquelle on distingue la moitié antérieure du globe de l’œil de forme circulaire, ou autrement l'anneau osseux de l’œil composé de treize à dix-sept plaques. A partir de là, le crâne s'élargit et se voûte, le front s’élève doucement en se bombant, et le vertex s’étend ensuite entièrement plat, occupé à sa partie médiane par l’os pariétal, étroit, caréné et percé en avant d'un petit trou. A côté de lui sont béantes les deux grandes ouvertures ovales

des fosses temporales; espaces creux, dans lesquels se logeaient les muscles puissants, destines à mouvoir le puissant maxillaire inférieur appesanti par sa longueur. Ces cavités sont fermées extérieurement parl’os temporal, délaient destinées aussi à recevoir l'organe de l’ouïe, logé au fond de leur partie postérieure. L’os épais et massif, qui porte le maxillaire inférieur, forme en même temps la limite antérieure de l’oreille (de la cavité du tympan), d’où son nom d’os lym panai. Une tête aussi longue, bien que sa partie la plus lourde fut reportée en arrière, devait cependant à cause doses dimensions tendre à tomber en avant, et avait besoin de puissants étais pour être soutenue ; un cou épais et court pouvait concourir à ce but. C’est à peine si on peut le distinguer comme partie isolée du corps, on peut même dire qu’il se confond immédiatement avec ce dernier. Le tronc robuste, plus haut que large, un peu aplati seulement ù sa partie inférieure, et allongé en forme de fuseau, soutenait donc directement la tète. Le nombre de ses vertèbres est extraordinairement grand; chacune d’elles est courte, comme nous le voyons sur la coupe (III), où il faut surtout, remarquer les surfaces articulaires concaves. En somme, les Ichthyosaures avaient plus de cent dix vertèbres, mais jamais plus de cent quarante ; celui que nous avons figuré, V Ichthyosaurus intermedim , l’espèce la plus commune en Angleterre, parait en avoir eu de cent vingt-six à cent trente. Sur ce nombre quarante-cinq appartiennent à la partie viscérale du tronc, et quatre-vingt une à quatre-vingt cinq à la queue. On se sert pour dé- • terminer la limite entre ces deux parties du corps de la position du bassin et des membres postérieurs ; les membres antériçurs indiquent le commencement du tronc, qui fait suite presque immédiatement à la tête. Les membres sont en forme de nageoires, et sont composés d’os très-nombreux, dans lesquels on trouve une analogie complète avec ceux des Vertébrés plus élevés, bien que pour les doigts les nombres des parties chez les formes vivantes correspondantes, par exemple les nageoires des Cétacés, soient dépassés de beaucoup. Par ce caractère, ainsi que par la présence de séries latérales accessoires, ils ont conservé une particularité propre aux Poissons. Chaque nageoire a un os massif pour point de départ ; il en est, pour ainsi dire, la tige et il correspond en avant à l’humérus, en arrière au fémur. Après lui viennent deux os qui, aux nageoires antérieures, représentent le cubitus et le radius, aux poslé-

àâl

rieures, le tibia et lo- péroné. Les trois os venant immédiatement après, réunis avec les trois (eu arrière) ou quatre (en avant) de la série suivante constituent le tarse et le carpe, auxquels se rattachent cinq os plus petits formant la première phalange des orteils ou doigts. Ces nombres ne changent plus, si l’on excepte qu'il arrive fréquemment qu’une sixième série vient s’ajouter aux nageoires antérieures. Cette série se détache facilement, parce qu’elle était reliée moins fortement avec les autres. Elle commence ordinairement avec la cinquième phalange. Le nombre total des phalanges dans les doigts les plus longs s’élève jusqu’à dix-sept, les plus courts en ont treize, cl par conséquent le nombre moyen est de quinze. Les osselets de tous les doigts réunis ensemble, y compris la série latérale accessoire, dépassent le chiffre de quatre-vingt-dix. Ce grand nombre de phalanges n’existè que dans les nageoires antérieures ; les postérieures sont toujours un peu plus petites, et quelquefois n'atteignent qu’à la moitié des antérieures. La ceinture qui les porte s’harmonise avec cette conformation; celle des membres postérieurs est beaucoup plus petite et plus faible que celle des membres antérieurs, bien qu’on y retrouve toujours les trois ^paires d’os d’un bassin complet. L’épaule présente une forme plus déviée, en ce que ses éléments binaires inférieurs sont très-dévcloppés, tandis que le sternum (p) en forme de T est trèsrpetit et presque atrophié. Les clavicules fortement recourbées s’articulent avec ses apophyses antérieures, tandis qu’un os pair large et plat (»') s'appuie sur son corps, dirigé dans le sens antéro-postérieur. Cet os constitue en grande partie l’articulation de l’épaule, et peut être considéré comme l’os coracoïdicn des Mammifères, ou comme la clavicule des Oiseaux. Ensuite se présente l'omoplate, os étroit, spaluliforme, dont l’extrémité inférieure épaissie concourt pour la moitié à la formation delà cavité glénoïde. Ainsi conformée, l’épaule embrasse la face inférieure de la cage thoracique, et repose librement sur l’extrémité des côtes qui ne sont fermées que plus en arrière au moyen d’arcs costaux particuliers au sternum. Presque toutes les vertèbres portent des côtes ; les cinquante dernières vertèbres extrêmement petites de la queue en sont seules dépourvues. Les quarante-cinq paires antérieures forment des arcs, et leurs extrémités se recourbent les unes en face des autres. Par leur extrémité supérieure, elles se renflent en forme de massue et se terminent par une profonde échancrure, d’où résulte deux

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