CHAPITRE X\V
condyles concourant à former l’articulation, au moyen de laquelle chaque côte est attachée à une vertèbre. Les quinze premières côtes ne s’articulent avec le corps de la vertèbre que par la face d’articulation inférieure et avec les ares vertébraux par la supérieure ; les trente-deux suivantes s’attachent uniquement au corps par les deux surfaces articulaires. Cette circonstance permet de déterminer la place dans le squelette d’une vertèbre isolée. Comme la partie de la vertèbre ou la côte vient s’attacher se renfle en une petite tubérosité pourvue d’une cavité articulaire, chacune des quinze premières ne porte qu’unc seule de ces tubérosités, tandis que les trente-deux suivantes en ont deux, comme on peut s'en convaincre sur ma (igure, représentant les côtes comprimées et déplacées par le poids des masses qui les ont écrasées. 11 faut encore ajouter que ces tubérosités descendent de plus en plus vers le milieu de la partie latérale des vertèbres, et se rapprochent plus près l’une de l’autre, à mesure que les vertèbres sont plus éloignées en arrière dans la série des trente-deux pourvues de deux tubérosités. On peut donc, à l’aide de l’écartement respectif de ces deux renflements et de leur distance, par rapport à la crête dorsale où se placent les arcs vertébraux, déterminer la place que chaque vertèbre occupe dans la série totale. A la quarante-septième vertèbre les deux tubérosités commencent à setoucher; à la quarante-huitième elles s’unissent pour décrire un ligure en forme de 8 ; à la quarante-neuvième, elles représentent une ellipse avec les côtés légèrement échancrés ; environ vers la trentième, la tubérosité inférieure occupe le milieu de la partie latérale de la vertèbre. Pour les seize vertèbres antérieures, pourvues d’une seule tubérosité sur chaque côté, leur grandeur décroissante dans le sens antéro-postérieur et la position de plus en plus déprimée de la tubérosité constituent les indications, à l’aide desquelles on peut fixer leur rang dans la série totale. Mais la tubérosité latérale occupe ici toujours la partie médiane, bien qu’on ne puisse pas méconnaître un abaissement lent et progressif dans le premier tiers de ces vertèbres. A partir de la quarante-huitième vertèbre, celles qui suivent n'ont plus qu’unc tubérosité latérale (pii occupe exactement le milieu de la partie latérale en se rapprochant un peu du bord antérieur. Depuis la soixante-dix-septième, les tubérosités latérales disparaissent complètement. Ces trente et une vertèbres postérieures, pourvues de tubérosités, ne portent point de véritables côtes arquées.
mais seulement des os recourbés ou droits et inclinés un peu obliquement en lias et en arrière. Ces os correspondent évidemment aux côtes antérieures arquées, et on les nomme apophyses trTinsverses. Ils soutiennent les muscles de la queue, et décroissent peu à peu avec les vertèbres. Outre les côtes, chaque vertèbre porte comme second appendice une apophyse épineuse sur sa face dorsale un peu aplatie : son mode de liaison avec le corps de la vertèbre, à l’aide d’un cartilage, constitue une particularité très-intéressante et essentiellement caractéristique pour les Enaliosauricns. Une apophyse épineuse semblable existe à la partie inférieure; elle se divise en deux branches, entre lesquelles l'arc voûté en arête aiguë reste libre. Les deux branches s’articulent par leur extrémité inférieure avec le corps d’une autre vertèbre, auquel elles sont fixées au moyen d’une couche cartilagineuse. Au |H>int où la suture était placée, le bord du corps de la vertèbre porte une petite saillie longitudinale sur les deux côtés près de sa partie médiane, pour donner une base plus solide aux arcs (111, ß). Au-dessus s’élèvent les branches de l’arc un peu inclinées en arrière dans le haut et s’élargissant près de leur point de juxtaposition avec l’cpine en avant comme en arrière en une surface articulaire oblique. Sur le bord antérieur de chaque branche de l’arc, cette surface articulaire penche par en bas, et sur le bord postérieur par en liant, en sorte que la face articulaire postérieure de chaque branche d’arc s'applique sur la face articulaire antérieure de la suivante et, en formant une véritable articulation avec elle, relie intimement tous les arcs vertébraux en un tout continu. Mais le point de suture n’étant qu’une articulation, celle-ci permettait à toute la charpente du squelette d'exécuter les sinuosités variées, dont l'animal avait besoin pour mettre en mouvement son corps massif. C’est encore pour ce motif que le corps des vertèbres est si court, et que leurs surfaces articulaires sont concaves. Les épines croissent en grandeur jusqu’à la seizième vertèbre et leurs branches arquées portent jusqu’à ce point sur leur bord inférieur le tubercule articulaire pour la moitié supérieure de la tète des côtes. Entre la dix-septième et la quatrième, on trouve les plus grandes apophyses épineuses ; à partir de là elles se rapetissent et, au delà de la quatrevingtième vertèbre, elles disparaissent complètement. Un peu en avant.de la soixante-dix-septième vertèbre à la soixante-dix-neuvième, la colonne vertébrale est composée de trois à quatre vertèbres, qui