‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 244 sur 295 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

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que nous ne pouvons point donner une image netto des Oiseaux et des Mammifères les plus anciens. On connaît déjà depuis longtemps des traces de pieds d’Oiseaux dans le grès rouge de la vallée du Connecticut (p. 263), et par conséquent de l’époque du trias, et il est impossible de douter de leur origine. La plupart de ees traces paraissent provenir d’Oiseaux de marécages. Ce n’est que dans ces dernières années que le schiste lithographique a fourni quelques empreintes indubitables de plumes, et bientôt après une partie de squelette, avec les plumes des ailes et de la queue. Cette découverte a causé un si grand étonnement qu'on l’a, sur-le-champ et sans examen, regardé connue un Oiseau saurien (Griphosaurus) et appelé Archxopterix, en le rapprochant des Ptérodactyles. La tête et le tronc manquent malheureusement; les membres et la queue sont les seules parties bien conservées. Cette dernière est très-longue et se compose de vingt vertèbres, comme chez aucun Oiseau vivant ; cette merveille parut, à une première appréciation hâtive et superficielle n’ètre ni un Oiseau ni un Saurien. La description savante et comparative d’Owen a cependant mis hors de doute sa nature d’Oiseau ’. Les points sur lesquels l’Archœoptcrix s'écarte de tous les Oiseaux vivants, consistent exclusivement en ce que dans la région de la main de l'aile il existe deux doigts libres, mobiles et armés de fortes griffes, placés avant le grand doigt du milieu, tandis que les Oiseaux actuels n’ont ici qu’un seul doigt sans grilTe, et en ce que la queue est très-longue et a beaucoup de vertèbres. Il suffit de jeter un regard rapide sur la forme extrêmement variée des pieds et de la queue chez les Mammifères et les Reptiles, pour se rendre compte de l’organisation de l’Archeopterix, dont la singularité n'est qu’apparente. Le nombre des vertèbres caudales paraît si grand, uniquement parce que le nombre de celles qui sont soudées avec le bassin est beaucoup moins grand que chez les Oiseaux vivants. Pendant la vie embryonnaire où la sulurc n’est pas encore effectuée, l’Autruche, par exemple, a aussi de dix-huit à vingt vertèbres caudale4, tandis que nous n’en comptons plus que neuf sur son squelette complètement développé. Le plus ancien Oiseau que nous connaissions ne s’écarte donc pas autant des types actuels que les Labvrin-

4 Philo*. Tranxart. roy. soc. l-omlon, 1HC-4, vol. CMU, p. 35. 1-4. — Suri«** apprécia! ions d’abord contradictoires, voyez mon article dans la Zeitschrift für gcs. Saturwiss. 18(»7, XXXIX, mai. — G.

HIRTOIRK DK LA CRÉATION.

Ihodontcs et les l'naliosauriens des Sauriens vivants, nu les Triloltites des Phyllnpodes, qui vivent dans nos mers. On ne peut rien dire de certain sur l'affinité et le mode d’existence de l’Archeopterix tant que le crâne et le sternum nous seront inconnus. On a encore trouvé dans le terrain crétacé quelques os d’Oiseaux du genre des Bécasses.

Les os fossiles de Mammifères les plus anciens proviennent de la couche limitrophe entre le keuper et le lias (étage du bonebeil (p. 205); mais ils y sont très-rares, et on n'a retrouvé (pie de trèspetites dents molaires, à Degerloch, non loin de Stuttgart, et à Frome, dans le Somersetshire. Files ressemblent à celle de Marsupiaux insectivores du genre Myrmecohius, vivant actuellement à la .Nouvelle-Hollande. Un maxillaire inférieur, trouve dans la Caroline du Nord, dans un dépôt de houille appartenant au trias ou au lias, cl muni de trois incisives, d'une canine et de dix molaires, présente la même affinité. Les fragments de maxillaire inférieur, provenant du Slonesficld jurassique (p. 268), connus depuis longtemps, mais mal déterminés tout d’abord, correspondent aussi à ce groupe de Marsupiaux insectivores de la Nouvelle-Hollande. Un d’entre eux, décrit comme Amphitherimn , présente aussi la plus étroite parenté avec le Myrmecohius; ceux que l’on a classés sous le nom de Phascolo- Iherium, rappellent plutôt le Thijlacinus actuel; enfin le troisième genre, Amphilestet, n’a aucun analogue parmi les genres vivants. Le même, gisement dans lequel ont été trouvés ces débris incontestables de Marsupiaux a fourni aussi le fragment d’un maxillaire inférieur d’un Herbivore, probablement d'un Ongulograde qui n’atteignait pas encore la taille d’un Caniche. Les couches de Purbeck (p. 275), en Angleterre, ont été le lieu d’une troisième découverte de Mammifères fossiles de l’époque secondaire ; elle consiste également en maxillaires inférieurs avec leurs dents. L’un d’eux appelé Tricaiioilon par 0 wen, se rapproche beaucoup de l’ancien Phascolotlieritim , tandis que le second, Plaijiaulax, ressemble à un Marsupial bien connu de la période terliaire en Australie; et le troisième, Spalacotherium , rappelle, par la forme de ses dents, le Chnjsorhlore du Cap. Tous ces Mammifères de l'époque secondaire avaient les dimensions d’une Taupe, et il est remarquable que presque tous appartiennent aux Marsupiaux, distincts des autres Mammifères par leur courte gestation.

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