CHAPITRE XXV
Enfin, pour terminer, nous parlerons encore des traces de pas dans le grès bigarré de Hildburghausen. Ce sont des empreintes de pieds enfoncées dans une couche d’argile intercalée entre le grès, ce (|ui nous les fait apparaitre un saillie sur cette roche. Il est parfaitement certain qu'elles appartiennent à des animaux et même à tin Quadrupède, mais on ne saurait dire si c’était un Reptile ou un Mammifère. Les deux extrémités, comme on peut le voir sur la ligure ci-contre, ont la forme d’une main avec un pouce écarté à angle droit et sans ongle, et quatre doigts courts et trapus avec griffes. La patte de devant n’a qu’un tiers de la dimension de la patte postérieure, égale en grandeur à la main d’un homme robuste.
Ces traces ne se rapportent à aucun Mammifère vivant. Les Singes ont des doigts beaucoup plus longs et moins de différences dans la grandeur des mains ; les Marsupiaux, pour lesquels la plupart des zoologistes se sont prononcés, n’ont point de mains en avant, et celles de derrière ne sont pas si grandes; enfin les doigts des Reptiles, lorsqu'ils portent des griffes, sont de longueur inégale et écartés. Cependant, je pense que ces traces provien-
.. .. . , Fig SI. — Empreintes de pieds du
lient de lteptdes, et doivent etre attri- cMmthtr ium Hart h a «lu près huées à un des I.abyrinthodontes dé- l'ri,dc""d-
truits, enfouis dans les couches du trias'.
Sans doute la différence des deux membres et le raccourci des doigts présentent une anomalie étonnante, mais cette bizarrerie n'est pas
1 f/*s empreintes do pus ont et« dessinée* avec soin par moi-même, d’après une plaque «le près provenant du lieu indiqué et appartenant au musée minera topique de l'université de Halle. Iji longueur de l'empreinte du pied de derrière b est de 8 pouces et l'écartement entre deux empreintes successives environ de lü pouces. I, 'empreinte du pied de devant (a) est toujours très-près en avant du pied postérieur. Sur les trace-«, on reninnait un doigt plus massif «Varié presque si angle droit et quatre autres plus ellilé«, dont l'extrémité n'est jamais tranchée, mais brisée «le diverses manières; il qu faut conclure que ces quatre «loigts
encore aussi grande que le cou long du Plesiosaurus , ou les doigts allongés des ailes du Pterodactylus. La largeur des doigts est à la vérité en contradiction avec le type des Reptiles, mais on peut la mettre sur le compte du dessèchement qui la fait paraître plus grande qu’elle n’était sur l’animal lui-même.
portaient des griffes dont l’empreinte a été détruite en écartolant les plaques de grès. I<es traces de griffes sont encore plus indécises aux pattes de devant. Si on admet que le doigt sans griffe était le pouce, le pied droit (1 .3) s’écartait en marchant à gauche ; le pied gauche (‘2) à droite de la lignecentrale.de la trace {m n). l/animal marchait donc en croisant les jambes. Prétendre que le soi-disant pouce est le petit doigt extérieur n’est pas |K)$sible ; car, outre sa grandeur et sa position, l’empreinte profondément marquée de ce côté de la trace indique que l’argile molle dans laquelle l’animal marchait a cédé du côté du pouce et s’est relevée, évidemment parce que dans la marche le poids le plus fort portait de ce côté. J'ai déjà dit dans le texte que les empreintes et les fentes transversales paraissent en saillie sur les plaques de grès et non en creux, parce que cm plaques ne |*oilent que le moulage des véritables empreintes qui étaient imprimées sur une mince couche d’argile limoneuse intercalée dans le grès. Cette argile s'est détruite en soulevant les plaques de grès, à cause de sa structure sans consistance et de son peu d'épaisseur ; on en voit encore des restes sur plusieurs points, bile était exposée au soleil pendant que l’animal marchait dessus, se desséchn et se fendilla irrégulièrement par le retrait de dess 'chôment ; ces fentes se sont reproduites sur les plaques de grès sous 1a forme de saillies longues. (Quelques savants ont voulu voir dans ces saillies les entrelacements de racines de végétaux et même jusqu'à des feuilles. Les échantillons de grès que j'ai eu sons les yeux ne me permettent point d'adopter celte opinion, et jo pense que la position isolé«' de lu'aucoup de saillies, leur terminaison insensible par les deux extrémités et la disposition en crevasse et anguleuse do toutes constituent des objections péremptoires. Les petites traces des pattes de devant ne sont jamais aussi régulières que celles de derrière; mais elles s’écartent tantèt en dedans, tantôt en dehors, quelquefois un peu en avant par rapport aux pattes de derrière.