‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 259 sur 295 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

à dix pouces et disposées, tantôt en touffes, tantôt dispersées, recouvrant une laine moelleuse de quatre à six pouces de long, brune, crépue et un peu feutrée. Nous devons ces notions a quelques individus conservés dans le sol {»clé de la Sibérie, et surtout à celui qui fut

Fig. 55. — Crânes et deut» d'Élépliaut.

1. ElephtiÊ Africanua; 2. El. tndicu»; 3. El. primigrniua ; A. molaire droite inférieure de l'espèce africaine, aver 5 plaques d'ériufil rhomboidales usées el 2 intactes ; 5. dernière dent en arrière du maxillaire supérieur sénestre de l'Éléphant asiatique, avec 2i» plaques d’éiuail, dont 9 sont usées. Cette dent n'a point servi longtemps ; comme dans la précédente, lu bord plu» ouibré, à côté de la surface de tiituration, indique la purtic de b dent supérieure à la gencive. C. dernière dent en arrière du inaiilbiru inférieur sénestre d'un Élépbuut fossile. Cette dent se compose de 22 lames, dont 2 seulement ne sont pas encore usées ; elle a donc servi longtemps *.

découvert en 1799, à l'embouchure de la Lena, et qui malheureusement ne fut connu que sept ans plus tard des voyageurs européens, lorsque la plus grande partie de ses chairs, d’abord intactes, était déjà détruite. On fit venir cette rare relique à Saint-Pétcrs-

• li‘. trois crânos sont à la int'un* .‘■cliello (environ île la ftranileur naturelle’ et on y voit très-clai rcment les différences spécifiques. Il faut surtout noter les grandes et longues alvéoles pour les défenses de l'Eléphant fossile, qui annoncent un développement énorme de celte déni. Elles dépassent, en effet, les plus grandes dents de l'espèce africaine de la moitié, el celles de l'cspècu asiatique du double en longueur et en force. I.eur courbure est aussi plus prononcée et elles décrivent environ les j{ d'un cercle, taudis que les dents africaines n’embrassent pas encore la moitié d'un cercle avec leur arc

IIISTUIKE DE LA CKKATIO.Y

bourg, ot on plaça son squelette, encore en partie recouvert »le sa peau, dans le cabinet impérial d’histoire naturelle1. Avant le diluvium, les Éléphants proprement dits vivaient déjà dans les indes Orientales, où on a trouvé dans les couches pliocènes, au pied de l'IIimalaya, leur crâne cl d’autres parties du squelette appartenant à des espèces différentes.

A côté du genre Éléphant il en existait un second, dans les temps géologiques, qui se rapprochait des autres Pachydermes. vivants, dans son aspect extérieur, [Kir un tronc relativement court ot par ses membres peu élevés; niais qui possédait des molaires d'une conformation différente à tubercules transverses et mamelonnés et recouvertes d’émail seulement sur le plan de trituration. C’est de là qu’on lui a donné le nom de Mastodonte ( dents mamelonnées). Il manquait de canines, mais il avait des défenses aux deux mâchoires; celles du maxillaire inférieur étaient peu développées et tombaient avec Page ou restaient très-petites Ces bétes puissantes, que l’on retrouve surtout dans l’état de l’Ohio; et dont la taille était un peu supérieure à celle des Eléphants vivants, appartiennent à deux espèces, l’une d’Europe, pourvue d’un long prolongement à l’extrémité antérieure du maxillaire inférieur ( M. longirostris) ; et l’autre, de l’Amérique du Nord, à maxillaire inférieur tronqué (M. tjiganteus). l.'une et l’autre avaient une taille assez égale; l’espèce

et les dents asiatiques à peine J. Les molaires et le maxillaire inférieur sont au contraire relativement plu> petites chez l'espèce lossile que chez les vivantes. La dimension moindre des dents est compensée par la linessc plus grande fies lames d'émail et par sa dureté Iteaucoup plus considérable, en sorte que le Mammouth pouvait broyer des objets plus durs, malgré la petitesse de scs dents. Owens tiré de celte propriété des dents des conclusions sur la nature de l'alimentation et pense que le Mnmmoulh se nourrissait de leui les de Pin et de jeunes pousses de plantes ligneuses. Un a trouvé des débris de cette nature entre les dents d’un exemplaire provenant d’Irkoutsk. Il s’ensuivrait, ainsi que du pelage touffu, que le Mammouth tait approprié pour un climat plus froid que les Éléphants vivants.

1 Les journaux de Saint-Pétersbourg, du 28 avril 1845, annoncèrent la découverte »l’un second exemplaire sur le rivage du Tas ; malheureusement il se trouvait déjà dans un complet état de décomposition à lobolsk, lorsqu’on l'envoya si Moscou. Depuis, on a acquis quelque* détails anatomiques sur la structure doses parties molles ; mais, en somme, on n’en possède point de description détaillée. Flnllrlin <1? In Socirté d' histoire naturell? de Moscou. 18 SO. Nr. I, 108 et suiv. — A la Noël 1865, il arriva de nouveau à Saint- Pétersbourg la nouvel e île la découverte d'un cadavre de Mammouth dans la même contrée. L’Académie impériale envoya, le 12 février 1800, le professeur Schmidt pour aller le chercher ou, si la décomposition était trop avancée, disséquer les parties internes sur place et rapporter le squelette et la peau.

* Des individus à quatre défenses forment le genre Tclmmulodon, qui n’est point différent du genre Mastodon, tuais a été établi à l’aide de jeunes.

CIIAI’ITHK XXVI.

mit

américaine se trouve flans le diluvium, et on l’y reneonlre aussi fréquemment fine le Mammouth en Europe ; et, de même (pie

celui-ci existe sur le continent occidental, de même le Mastodonte apparaît dans le vieux monde. Le A/. lonijirostris est exclusivement

1 Le dessin du Mastodon yiyantcus qpe nous reproduisons est une copie de l'excellente figure d'Owen, tirée de son History of british mammalia (Lond. I8itt. 8). Il représente l'exemplaire que Koch avait défiguré par plusieurs additions et déterminé comme Missurium. Aujourd'hui il est placé dans le Uritish Muséum, rétabli dans sa forme naturelle. Au milieu de la tête, on voit les ouvertures nasales, a et b sont les grandes défenses de la mâchoire supérieure, e l'omoplate, i le has>in, / le lémur, /> la rotule, l le tibia, fo le péroné, h l'humérus, r le radius, ti le cubitus, c le tarse, et au-dessous les cinq doigts. Le Mastodonte a. connue l'Eléphant. 7 vertèbres occipitales, 20 vertèbres dorsales, 5 vertèbres lombaires, et uiTrc absolument les mêmes rnp|M»rls numériques. Les molaires, dont nous avons figuré In plus eu arrière île la mâchoire supérieure, au-dessous du crâne et à une échelle plus grande, ont autant de racines que de tu!» miles à la couronne, et leur nombre s'accroît avec l'âge. I a dernière molaire supérieure a i paires de tubercules. plus une cinquième extrêmement petite à l'extrémité ; la dernière de In màclmire inférieure en a 5 paires cl une sixième rudimentaire. Les trois dents placées avant la précédente, cl qui n'existeut jamais toutes à la fois, mais seulement deux ensemble, ont 5 paires de tubercules, et les deux premières, dont l'animal jeune en apportait peut-être une de chaque côté en naissant, ne présentent que ‘2 |>aires de tubercules. Les dents antérieures tomliaut les unes a|>rès les autres |>endnut que les |toslérieuies se montrent â mesure ipie I animal avance en âge, le Mastodonte • |iii. dans le cours entier de sa vie, porte Ü dents

Fig. ati. — Mastodon ijiyanteuu

européen, mais plus ancien que l’espèce d’Amérique, puisqu’on n’a découvert ses ossements que dans les couches du tertiaire supérieur en Auvergne, à Eppelsheim et en Angleterre. En a-t-il existé une troisième espèce (M. angustidens)ï Se confond-elle avec le M. Humboldtii de l'Amérique du Sud, comme quelques auteurs l'affirment, et a-t-elle vécu sur les deux moitiés du Globe, pendant l’époque tertiaire, sur l’hémisphère oriental et sur l'Occidental, pendant le diluvium, occupant un habitat aussi vaste? Ce sont des questions que nous ne, voulons point décider. Mais il est bien avéré que le M. Humboldtii, répandu sur toute l’Amérique du Sud et que l’on a trouvé dans les vallées et sur les plateaux des Cordillères, aussi bien que dans les régions basses du bassin de la Plata, est un représentant du diluvium de ces régions ou des couches nommées aussi lelim des pampas. L’Éléphant et le Mastodonte ont donc jadis vécu sur les deux continents ; mais l 'Elephas était dans l’Orient, le Mastodon dans l’Occident, le type le plus fréquent. Le premier reparut sur le vieux monde après le Déluge, c’est-à-dire après la dernière catastrophe; le second disparut complètement sur les deux hémisphères.

D’après les recherches les plus récentes, le Dinothérium , que nous avions classé autrefois parmi les Sirènes, comme un Cétacé herbivore, appartient au même groupe avec les Éléphants et les Mastodontes. Deux crânes à peu près complets et quelques antres os, notamment un fémur trouvé avec eux, font voir que cet animal était probablement assez analogue au Mastodonte dans l’ensemble de sa forme, bien que sa tète fût beaucoup plus petite. Les mâchoires avaient de chaque côté, en haut comme en bas, cinq molaires pourvues de deux ou trois (la médiane) protubérances dentelées (fig. 57. — 5), caractère que l’on retrouve chez les Lamantins. Toutes les autres dents manquent à la mâchoire supérieure, mais l’inférieure est armée, à son extrémité recourbée en bas, de deux fortes dents verticales servant de crochets (2), et qui évidemment

léphnnl ofFn' In mémo évolution dentaire, mais In nombre total do so« dont« s'élève à 8 ou 9 do chaque côté, dont il no lui roste plus, dans lextréme vieillesse, qu'une molaire do chaque côté. Chez l'Kléphant d’Asie, In première molaire, qui tombe aussitôt après In naissance, montre 4 lame« transverses d’émail, la suivante 8. et on monte ainsi jusqu’à qui est ordinairement le nombre de lamelles de la molaire la plu* en arrière. I.’hlephant d'Afrique arrivé à son complet développement n’a que l) à 10 losange* d’émail sur les surfaces triturantes, et dans la jeunesse 2 ou ô, comme le Mastodonte ; les dents qui Tiennent ensuite ont 5 losanges, les plu* tardives I ou i losanges de plus.

CIUPITRE XXVI. 803

faisaient saillie hors de la bouche au-dessous de la lèvre. La région antérieure du ne/. (1|, forte et bombée, circonscrite par un bord élevé, indique l’existence d'un nez cliamti très-développé, probablement prolongé par une trompe massive et de forme conique.

Fig. 57. — 1. Crîlnp de Dinothérium qiqnnteum vu d’en haut; 2. le même de cAté; 5. dénis ftlnestre* du maxillaire »Ultérieur. vues par la »urfare de trituration.

Enfin, la forme et la position du trou occipital, avec la surface déclive et à arête tranchée on avant de l’occiput, ne permettent point de douter que la tète était avec le dos plus dans un même plan que chez l’Eléphant, et encore plus que chez le Mastodonte qui, sur ce point, est déjà inférieur à l’Éléphant. Le Dinothérium constituait donc un second Pachyderme pourvu d une trompe. Par sa taille peu élevée et sa tète moins redressée il sè rapprochait de nos Hippopotames, tandis que, par sa dentition, il se rattachait plus aux Sirènes qu'aux Mastodontes. Le Dinothérium vivait en même temps que le Mastodên longirostris dans toute l’Europe centrale, où scs restes se retrouvent dans les localités les plus éloignées appartenant au terrain miocène.

Si le Dinothérium offre un genre de Proboscidicn tertiaire intéressant, le Toxodon diluvien de l’Amérique du Sud ne l’est pas moins. On trouve scs restes assez fréquemment dans le lehm des pampas de la province de Buénos-Ayrcs, ainsi que dans celle du Banda Oriental, où Darwin en a découvert lui-même un crâne endommagé. Depuis lors, les débris conservés dans le muséum de Bué-

Gill

HISTOIRE DK I.A CRÉATION.

uos-Ayrcs, et que j’ai fait connaître ’, ont montré que cet animal était, sons beaucoup de rapports, voisin de l'Éléphant ou du Mastodonte, et avait probablement -un pied d’une conformation semblable, tandis que la forme du crâne et la dentition se rattachaient plus au type des Pachydermes proprement dits, avec lesquels ce genre doit se classer. La forme du ne/, reste inconnue, bien qu’il eut une. trompe. Quant aux dents, il est très-intéressant de remarquer que la couche extérieure, assez mince d’émail, laisse des lacunes naturelles aux angles de la couronne et surtout aux dents incisives, comme chez les Rongeurs, en ne recouvrant que la région externe des dents. Le To.vodon avait 4 incisives en haut, ti en bas, de petites canines qui tombaient bientôt en haut, enfin 7 molaires en haut et 6 en bas, de chaque côté et à chaque mâchoire. On en a déjà parfaitement déterminé 3 especes, toutes de la taille du Rhinocéros.

Les Rhinocéros se rattachent à première vue aux Éléphants; comme eux, ils ont une peau calleuse presque nue, de petits yeux, des oreilles assez grandes, mais droites et cochléariformcs et trois doigts à chaque pied ; mais la corne simple ou double qu’ils portent sur le nez, la dentition entièrement différente composée de 7 molaires assez carrées de chaque côté et la stature, séparent profondément ces deux groupes l’un de l’autre. Actuellement on distingue 7 espèces vivantes. 5 dans le sud de l’Afrique (Rh. Africaines, Rh. si mus, Rh. keilloa ) ont une double corne: point de callosités près des grands plis articulaires du corps, et ils perdent leur 4 incisives, qui certainement existent à la mâchoire inférieure de si bonne heure qu’il en reste à peine des traces visibles. chez les individus développés. Les 4 autres espèces ont de grands replis de la peau protégés par des callosités aux articulations de la nuque, des épaules et des cuisses, d’où leur corps semble couvert de cuirasses, l’arini elles, l’espèee du nord de l’Afrique (Rh. ciicullatus d’Abyssinie) est aussi à deux cornes, les autres sont asiatiques ; l’une (Rh. sumatrensis) a de même deux cornes l’une derrière l’autre, mais est pourvue de poils longs et assez fourrés et de 2 incisives à chaque mâchoire : les 2 autres espèces ne possèdent qu’une seule corne, ont d’épaisses callosités près des plis articulaires du corps et 4 incisives à chaque

1 Annlex Jet viusrn publier» Je Buenos- A ire» , etc., loin, I, n° 4, et le compte rendu de |n Snciciinil |v»lef»nlnlo£., s. xvi.

CIIAI'ITHK XXVI.

mâchoire, dont en haut les intérieures, en bas les extérieures, sont beaucoup plus Randes que l'autre couple qui, à cause de cela, manque souvent complètement. L’espèce de Java (/}/». Javanictis I est un peu plus petite et couverte de mamelons creusés en forme d’ombilic, l’espece des Indes i/l/i. Indiens) à 40 pieds- de long et 5 à 6 de haut, elle ne possède pas de mamelons réguliers, mais clic surpasse toutes les autres par le développement des callosités articulaires et

Fifjt. ’»S. — Crânes da llliinocéro* fossiles.

1. Rhinocéros^ tichorrHinns ; 2. Hh. leptorrhinus: 3. Rh. Schifter mache n sru megnrhinus; 4. Aceratherium incisirum ; 5. molaires sénrstret Supérieures du Hh. tichorrkinu *, le* doux premières «lent* manquent, le* autres soûl d'autant moins usées qu’elle -vont plus en arrière; 6. dent médiane de b mâchoire inférieure du même côté; 7. quatrième dent sénestre de la mâchoire inferieure do V Hlasmalhrrium . — Ajoutons, pour faciliter l'intelligence «le* ligure* de* crânes, que le* deux placé* inférieurement sont uu peu moins rapetisses que le* deux supérieur». Ces dernier* paraissent donc plu» petits que le» deux autre», iiien que la réalité soit tout l'inverse. Hh. lichorrhinus est un peu plu* grand que le Hh. Schleiennacheri ; le Hh. Icpforrhtnus venait ensuite et VAc. incitirum était la plus |H,*tile de» quatre espèce*.

par l’épaisseur de sa peau. Les espèces géologiques de ce genre ne sont pas moins nombreuses, mais sont déterminées avec moins de certitude. On rencontre très-souvent dans le diluvium les restes d’une espèce semblable au Rhinocéros commun du sud de l’ Urique, pourvu de deux cornes et d’épaisses cloisons nasales osseuses et qu’on a appelé, à cause de cela, Rhinocéros tichorrhinus (fig. 58. — 1). Scs os sont répandus dans l’Europe centrale et dans le nord de

l’Asie; dans ce dernief pays, on en a trouvé plusieurs fois des individus entiers recouverts d'une épaisse fourrure et enfouis debout dans le sol gelé, sur les rives du Willuji *. En même temps que ce Rhinocéros, vivait une autre espèce (Rh. leptorrhintu, 2), à museau étroit et cloison cartilagineuse, dont les restes se trouvent assez rarement dans le sud de l’Europe et en Angleterre. Elle parait s’être beaucoup rapprochée du Rhinocéros de Sumatra. I-es Rhinocéros de l'époque tertiaire appartiennent au moins à deux espèces différentes, sinon à des genres différents. Une d’elle ( Ilh. Schleiermacheri s. megarhinus, 5) avait 4 grandes incisives en haut et 2 en bas, et l’os qui les supporte à la mâchoire supérieure (l'intermaxillairc) est tout autant en saillie que les os larges et bombés dn nez, tandis que, chez toutes les espèces actuelles, ces derniers sont beaucoup plus longs. Ses restes ont été trouvés surtout dans le bassin dé Mayence, dans le sud de la France et en Grèce, mais sont très-rares. La seconde espèce tertiaire n’avait pas de corne et forme, à cause de cela, le genre Aceralherium dont la tète a, du reste, toute la conformation d’un Rhinocéros, et présente, en haut comme en bas, deux très-grandes incisives, mais a les os du nez si plats et si étroits, se terminant en pointe en avant, qu'on ne peut croire qu’ils aient pu porter une corne; les pieds antérieurs étaient à quatre doigts. A ces deux points de vue l’animal se rapprochait des Tapirs. Un autre genre, Elasmolherium, se montre à côté des Rhinocéros pendant la période diluvienne ; mais il est d'une grande rareté, et on ne le connaît jusqu’ici que par sa mâchoire inférieure et par la moitié postérieure du crâne. Ses molaires (7) sont faciles à reconnaître à leur bordure d’émail plisséc en zigzag : il en existait quatre, et une cinquième devait sans doute encore se montrer; mais les incisives manquaient complètement.

1 L'académicien Brandt, de Saint-Pétersbourg, a reconnu, en comparant les anciens récita avec les nouvelles observations, que tous les individus bien conservés de Maniiii iutli et de Hhinocéros ont été trouvés debout dans le sol gelé. En examinant soigneusement les parties charnues subsistantes, il n pu se convaincre que ces animaux oui dù périr trèsrapidement ou brusquement el ont probablement été asphyxiés en s'enfonçant dans des marais* bourlteux qui occupaient alors ces contrées. Le méitn? observateur a trouvé, dans les creux des molaires d'un Ithinocéros, des restes de sa nourriture dans lesquels il a pu reconnaître le tissu ligneux de Pins el un fruit «le Polygonacéc. Cette découverte vient encore corroborer l’opinion d’Oxvcn, citée plus haut, que cbs animaux étaient organisas pour vivre dans un climat plus froid que leurs représenta ri* s actuels. Cons. Fruricf/ê .Ve»«* Notizen, etc., t. XI., p. î) ; et Brandt, MHlheitungcn über die Naturgeschichte des Mammouth. Saint-Pétersbourg, 1806. In-8*4

Page 1