CHAPITRE XXVII
gnées. Partout les étages de la grauwacke présentent, non-seulement le même cachet organique, mais encore une même uniformité spéeilique des types, qui ne se montre plus actuellement sur les points de la surface du Globe éloignés les uns des autres. Nous ne sommes pas trop surpris de rencontrer les mêmes espèces d’animaux dans les mêmes couches sédiment ai res sur toute l’étendue de l’Europe, dont les organismes possèdent encore aujourd'hui un type d’organisation semblable; niais notre étonnement devient très-légitime, lorsque nous voyons apparaître des créatures absolument semblables dans la grauwacke de l’Amérique du Nord et même de l’Amérique du Sud, du Cap et de la Nouvelle-Hollande. Gelle identité n'existe pas toujours pour toutes les espèces; un certain nombre seulement ou la majorité reparaissent partout ; mais elles suffisent pour démontrer qu’à cette époque toute la surface de la Terre, pcqplée d’organismes, possédait une organisation d’un caractère uniforme et qu’elle n’était pas divisée en plusieurs districts organiques, comme cela à lieu aujourd’hui pour les contrées distantes les unes des autres. Nous avons déjà formulé cette loi (p. 482) et décrit l’organisation de ces temps comme marquée d’un caractère éminemment tropical (p. 493) ; il est donc inutile que nous rentrions de nouveau dans les détails, et nous avons suffisamment démontré, en ce qui concerne la physionomie extérieure de la surface de la Terre à celte époque, jusqu'après le dépôt du terrain houiller, qu’elle avait un caractère insulaire. Cette démonstration n’est plus (p. 520) une simple déduction théorique basée sur la nature des organismes, mais elle repose sur l’observation directe de la constitution du sol allemand.
Poursuivons notre étude et voyons notre patrie sortir peu à peu de l’abîme, en considérant d'après la même méthode les formations secondaires. Tout d’abord, nous constatons que la scène s’est peu modifiée immédiatement après le dépôt du terrain houiller. La formation du zechstcin qui, d'après les nouvelles théories, embrasse aussi le rothliegende, ne s’écarte pas beaucoup des anciens rivages des îles décrites plus haut, elle leur forme seulement un littoral un peu plus étendu (p. 254). Les porphyres apparurent probablement au commencement de cette période, et ce fut peut-être leur soulèvement qui mit fin à la formation du terrain houiller, ou amena le dépôt du rothliegende. Les grandes quantités de carbone fixées dans les plantes et la grande richesse d’oxygène qui en résulta dans l’atmo-
sphère, rendirent possible l’existence d'animaux terrestres sur les îles déjà formées. Le progrès fut très-grand, et le premier germe de la naissance de l'espèce humaine se trouvait dès lors déposé sur la Terre. Considérée à ce point de vue, la formation du zechstcin constitue la période de transition de l’histoire de notre planète, période dans h-upiellc expirent les temps anciens et s’ouvre le moyen âge.
L’époque de la formation du Globe que nous pouvons désigner par ce dernier nom, embrasse toutes les couches secondaires depuis le trias jusqu'à la fin delà période crétacée. Pendant ce laps de temps, le caractère de l'organisation de notre planète se modifie suivant deux directions essentielles : il perd son uniformité spécifique pour tous les lieux d’une même époque; et-, à la place des anciens Vertébrés, presque tous à respiration branchiale, on en voit apparaître un grand moudre d’autres, non-seulement à respiration pulmonaire, mais déjà se montrent les premiers animaux à sang chaud, c’est-àdire des Mammifères et des Oiseaux. En outre, à partir de ce moment, au lieu des rares productions d’eau douce éparpillées auparavant sans ensemble, on trouve sur la Terre des formations lacustras entières. Mais la planète conserve son climat tropical uniformément chaud, et elle présente dans nos zones tempérées des genres et des espèces différents de ceux (pic nous y rencontrons aujourd’hui. Tous ces faits ont été prouvés surabondamment en décrivant les organismes au vingt-cinquième chapitre. Nous ne nous y arrêterons pas plus longtemps, mais nous jetterons simplement un coup d'oeil sur les changements de formes que le sol de l'Allemagne a éprouvé durant la période secondaire.
Le dépôt du trias et sut tout de son étage inférieur, le grès bigarré (p. 2ô7),est la plus grande modification qui affecta alors notre patrie. Cette formation et les deux suivantes, le muschelkalk et lekeuper (p. 2ù9), relièrent les trois îles distinctes jusque-là avec leurs récifs dirigés au sud, les Vosges et la Forét-Noire, et les réunirent en une seule ile. En elTel, ces trois dépôts marins se formèrent dans les vide» placés entre elles, surtout dans la région méridionale ; et dans le retrait des eaux, qui se produisit à la suite de vastes soulèvements et d affaissements consécutifs sur d’autres points, leurs parties les plus élevées constituèrent de nouveaux rivages. A ce moment, après le dépôt du keuper et son éiuergcmcut, l'Aile*