‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 267 sur 295 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

Coup d'œil rétrospectif sur les époques géologiques de 1 Allemagne et sur 1 organisation en général.

Dans les derniers chapitres nous avons l'ait connaître, autant qu’il était nécessaire pour notre but, les organismes des trois grandes périodes de formation de notre Globe; lions pouvons maintenant,, en terminant, résumer les lois générales qui ressortent des faits particuliers et en tirer quelques conséquences qui nous donneront une idée plus précise de la configuration extérieure du Globe terrestre pendant ces époques.

Nous avons vu que la surface de la Terre, pendant toute la première période dans le cours de laquelle se formèrent les couches primaires depuis les schistes cristallins jusqu'au terrain houiller inclusivement, présentait un caractère insulaire dont l’atmosphère humide, chargée d’acide carbonique, rendait impossible l’existence des Vertébrés à respiration aérienne. Cet air insalubre et empesté, comme nous pouvons qualifier celte atmosphère, ne fut débarrassé de son acide carbonique que par le grand accroissement des végétaux, et devint alors plus pur et propre à la vie des hauls organismes.

Essayons maintenant d’appliquer ces résultats à la forme primitive du sol de notre patrie et d’en démontrer l’exactitude avec plus de précision. Or, il est très-facile de reconnaître qu’alors le centre de l’Allemagne existait sous la forme de trois îles entourées, à une grande distance, de quelques mamelons de rochers émergés au-dessus des eaux1. L’ile occidentale se composait de la vaste formation

1 II sera 1k>ii de lire tout ce clmjiilrc en suivant sty la c.trlc intercalée ci-contre.

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schisteuse qui occupe les deux côtés du Rhin, depuis Ringen jusqu’à Bonn. Elle avait un contour à peu près réniforme, dont la partie moyenne la plus étroite se trouvait entre ces deux villes. A l’ouest de cet isthme, la région émergée était formée par les Ardennes, les Vées, FEifel et le Hunsdrück; à l’est, par le Taunus, le Westerwald et les montagnes schisteuses de la Westphalic. Les vallées de la Samhrc et de la Meuse, jusqu’à Lüttich d'un côté, celle de Rhur de l'autre, dessinaient les anciens rivages, au nofd-oucst, dont le littoral marécageux était recouvert de ces grandes forêts que nous trouvons aujourd’hui enfouies à l'état de charbon de terre* dans les dépôts houillers de la Belgique et de la Westphalic. Les cités méridionales de cette ile étaient aussi formées par une ceinture de forêts épaisses qui ont été l’origine du puissant bassin houiller de Saarbrück (p. 247).

Une seconde île, beaucoup plus petite, était située au nord-est du Hart/.. Elle se présentait sous l’aspect d’un dos de montagne elliptique, dressé presque verticalement, qui s’étendait du nord au sudest et allait en s’inclinant doucement dans la même direction. Son extrémité sud-ouest seulement avait une plage suffisamment étendue pour qu’il pût s’y former des amas de végétaux, ce qui nous explique pourquoi elle ne possède de gisement houiller que dans cette partie. Le district houiller de Wettin, près de Halle, doit être considéré comme un prolongement, comme une forêt disséminée sur de petites iles très-plaies.

La troisième grande île sc composait des chaînes de montagnes qui enveloppent la Bohême, le Riosengchirgc, les Sudètes, les montagnes de la Moravie, le Bohmenvaldgcbirge, le Fichtelgebirge, le Frankenwald et t’Erzgebirge. Elle formait un grand et large anneau qui était sans doute interrompu au nord-ouest et au nord-est, et au milieu duquel la mer roulait encore ses flots. Celle mer intérieure servit de récipient aux débris de vastes forêts voisines, dont l’antique existence nous est démontrée aujourd’hui par le gisement houiller de Pilsen. Au dehors, au nord de l’anneau, se trouvaient d’autres plages marécageuses boisées, (pii ont donné naissance aux dépôts de houille de Waldenbourg en Silésie, et de Zwickau en Saxe.

A l’exception de ces trois îles, l’Allemagne était entièrement couverte d’eau à cette époque, à moins que les masses granitiques et métamorphiques des Vosges, de la l orèt-Noire, de l’Odenwakl et

du Thüringerwald ne s’élevassent déjà au-dessus de l’eau, comme cela c-t probable, sous la forme d'écueils arides et dénudés.

Ces iies, recouvertes de lbrcts, étaient peuplées seulement [raide rares animaux, et leurs seules bêtes terrestres étaient des Insectes et des Arachnides. Les animaux d’eau douce ne s’y trouvent (jue très-rarement, au milieu des débris fossiles qui nous sont parvenus ; de sorte qu’il faut croire que les eaux intérieures n’y existaient qu’en faible quantité. Peut-être la convexité des îles était-elle trop régulière pour donner lieu à la formation de lacs et de fleuves par l'accumulation des pluies ; ou bien l’écoulement de ces eaux était peut-être trop rapide pour que la vie organique put trouver dans ces ruisseaux, d'un cours peu étendu, la tranquillité nécessaire à son développement. Par la même cause, ces eaux n’ont point produit de dépôts particuliers; leurs matières alluviales étaient entraînées avec trop de violence, ou bien existaient en si faible proportion qu’elles n’ont pu donner lieu à la formation de sédiments distincts aux embouchures, et se sont perdues dans les strates marines. Nous ne rencontrons donc dans la plus ancienne période, ni animaux d’eau douce en grand nombre, ni sédiments lacustres complètement distincts, sur toute la surface de la Terre ; mais nous voyons partout dominer les productions maritimes sous la forme de dépôts réguliers et simultanés, de matériaux uniformes désagrégés, empruntés à des roches granitiques ou à des schistes cristallins, interrompus quelquefois par des masses pluloniqucs contenant de l’amphibole. Mais lorsque les schistes argileux et les couches de la grauvvackc se furent formées par la décomposition de ces matières, lorsque des quantités de- plus en [dus grandes de. carbonate de chaux eurent été fixées par les Coraux, les Mollusques et les Koraminifères, tes sédiments qui s’entassèrent alors prirent un caractère différent et local ; et l’aspect extérieur des couches [tordit de son uniformité dans la même mesure que la vie organique devenue plus variée s'était développée sous des formes plus diverses, dans le sein de la mer.

Le tableau de l’Allemagne, durant la période la plus ancienne de son existence que nous venons d’esquisser, s’applique, du reste, autant que nos connaissances actuelles nous permettent d'en juger, à toute la surface de la Terre. Nous n'apprendrions donc rien de nouveau en l’étendant à d'autres régions de t’Lurope proches, ou éloi-

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