‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 270 sur 295 · CHAPITRE XXVH · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVH

évident dans les montagnes de la chaîne du Weser et du Teutoburgcrwald. Entre ces deux arêtes montagneuses et au nord de la chaîne du Weser, s’étend la plus ancienne grande formation lacustre que nous rencontrions entre le terrain jurassique et la craie, citée plus haut, sous la dénomination deformation wcaldicnne (p. 275). En somme, le terrain crétacé est plus étendu dans la région septentrionale, dans la partie ancienne de l’Allemagne; le terrain jurassique plus dans le sud. Ce dernier se montre depuis le Fichtelgebirge jusqu'à la vallée du Danube, dont il forme le liane septentrional en se prolongeant jusqu’à la Forêt-Noire, qu’il contourne au sud pour se relever le long des Vosges et aller aboutir aux Ardennes. Nous avons décrit antérieurement (p. 271) tout ce parcours, nous n’y reviendrons donc point ici ; mais nous nous arrêterons seulement pour faire remarquer que le long golfe resté ouvert entre les Vosges et la Forêt-Noire , la vallée actuelle du Rliin de Râle à Mayence, fut fermé, au sud, par le terrain jurassique et transformé en un lac, dont l’écoulement au nord ne put se faire que par une brèche dans les couches de la Grauwacke, au point le plus resserré de la digue des schistes. Nous n’osons pas décider quand cette brèche se forma ; mais en tous cas, elle ne doit point être très-ancienne, puisque des dépôts tertiaires beaucoup plus récents se sont accumulés dans ce bassin. De même que le terrain jurassique forma ici un lac, ainsi les dépôts crétacés comblèrent, au nord, la mer intérieure, restée jusque-là ouverte entre les Sudètes, les Riesengebirge et la partie méridionale des schistes de la Rohême. C’est alors que naquirent dans cette mer intérieure les couches de quadersandslein et de plänerkalk dans lesquelles le coprs supérieur de l’Elbe se creusa plus tard un lit, et qu’il coupe actuellement d’une façon si pittoresque sur la frontière de la Rohême. C’est alors que ce pays disposé en gradins, qui jusque-là avait la forme d’une demi-lune, fut transformé en une cuvette complètement fermée, entourée d’une ceinture de hautes montagnes et complètement élevée au-dessus du niveau de la mer. En même temps que ces deux formations prenaient naissance, des changements de niveau se produisirent dans les montagnes voisines. Nous avons déjà vu, en effet (p. 529}, que le Röbmerwaldgebirge releva les couches du keuper et changea par conséquent de niveau simultanémeut avec la formation du terrain jurassique, tandis que 1' Erzgebirge porte les couches jurassiques bou-

leversées et que le Riesengehirge a ilù éprouver un rliangement do niveau en même temps que se produisit h dislocation des couches crétacées au nord du Hartz. Ainsi, plusieurs perturbations s'effectuèrent encore sur les rivages de 1 ancienne Germanie, mais, dans l'intérieur, aucune révolution essentielle ne se manifesta depuis la formation du keuper jusque après le dépôt de la craie. Le monde organique eut, pendant de longues suites de temps, un séjotir trèspaisible, dont il ne semble cependant point avoir beaucoup profité. La plupart des animaux de cette période sont, en effet, encore aquatiques et à respiration aérienne, c’est-à-dire des Reptiles.

Mais le calme dont les êtres organisés de cette époque jouirent pendant un si long laps de temps, au moins dans cette région, fut violemment détruit au commencement de la période tertiaire; cl la mer, agitée par des convulsions périodiques, abandonna et envahit plusieurs -fois des parties du continent qurjusqu'ici étaient restées submergées, pendant qu’elle en inondait momentanément d’autres plus anciennes. Les causes de ces bouleversements des eaux doivent évidemment être recherchées dans les grands cataclysmes qui déchirèrent l'enveloppe solide, et tout nous porte à croire qu’il faut les attribuer aux éruptions qui eurent lieu dans les Alpes occidentales, les Pyrénées et les Apennins (p. 550). A cette époque, l’Allemagne aussi subit de grandes révolutions par le soulèvement du Teutoburgerwald et de la chaîne du Weser qui apparurent buis deux seulement après la craie. C’est de cette même période que datent les dépôts de lignite que l’on rencontre sur plusieurs points, à l'intérieur de l’ancien continent, comme dans la vallée de la Fulde à Cassel, dans la vallée de la Saal jusqu’au-dessus d'Iéna, en Bohème dans la vallée de l’Eiger, et de là jusqu’à Teplitz, dans les vallées du Westerwald, dans celle du Rhin, •encore à Bonn et au nord de Francfort, jusqu’au Vogclsberg. Toutes ces formations locales sont les produits d’inondations de longue durée qui dévastèrent les forêts et entassèrent leurs débris sur des points déclives ou dans des dépressions où l’eau s’accumulait en les recouvrant ensuite de couches d’argile et de sable. Les contours de l'Allemagne ne s'élargirent, pendant ces grandes catastrophes, qu’assez peu vers le nord ; la mer ne s’éloigna guère des anciennes ceintures de côtes, et le territoire de Cologne, Dusseldorf, Munster, Hanovre, Magdchourg, Renau, Leipsick, Torgau, Görlitz, Liegnilz. et toute la vallée de l'üder, jusqu'au-des-

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