‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 287 sur 295 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

grands animaux, particulièrement contre les Kangouroos, mais ne dédaignent aucun animal vivant, lorsque ce dernier leur fait défaut. Leurs vêtements consistent uniquement en peaux de Kangouroos, dont les femmes en emploient de grandes pour s’envelopper le corps entier, tandis (pie les Hommes et les enfants n’en portent que de petites par devant, en forme de tablier. Pour orner leur corps, ils se font des incisions en bandes symétriques ou en cercles dans la poau, dont les cicatrices colorées sont bien éloignées du tatouage artistique des Océaniens et montrent clairement l’infériorité des Australiens. Jusqu’ici, on n’a encore trouvé chez eux aucune trace d'idées et d’usages religieux, et leur langue est des plus imparfaites. Les verbes, par exemple, n’ont que l'infinitif, et leur numération ne dépasse pas 7 ; elle a pour éléments générateurs uniquement les nombre 1 et '2, desquels les nombres supérieurs sont formés par addition. Ce qui est au-dessus de 7 est immensément grand et toujours désigné par un seul et même mot.

Une population tout à fait semblable à la race australienne occupe l’intérieur de la Nouvelle-Guinée et se distingue facilement des Papous à cheveux crépus du littoral, avec lesquels ils vivent continuellement en guerre. Les voyageurs désignent ces peuplades par les noms d'Endamans ou Mairassis; mais jusqu’ici ils n’en ont fait connaître que des traits incomplets, ce qui nous oblige de renoncer à donner exactement leur caractéristique. Il est cependant constant que la population de l’intérieur des grandes îles de la Sonde, que l’on distingue sous le nom d 'Alfourous cl de Horafores de la race malaise du littoral, n'appartient pas à ce groupe, mais se rapproche très-près des Nhilais proprement dits cl doit être classée avec eux dans une môme famille1.

En terminant par ces formes les plus laides et les plus éloignées de l’idéal de la perfection artistique la revue des diversités organiques et nationales les plus importantes du genre humain, nous sommes arrivé aussi à la linde nos études. Partis de l’origine à l’état de nébuleuse de l’univers, nous l’avons vu se former et se dévelo|iper d'après des lois générales inhérentes à la matière. Nous avons vu ces forces entrer en lutte entre elles, et les violents bouleverse-

1 Je me référé surtout à l'ouvrage île mon ami F. Junjjhulm sur le pays des ilattas à Sumatra (Berlin, 18W. In-8", 1 vol. , dans lequel toutes les populations des îles de In Soude soûl passées eu retue.

ments qui en résultaient contribuer essentiellement à l’évolution progressive de l’ensemble et de chaque planète en particulier. Lorsque, par suite de celte lutte, l’eau et la terre ferme existèrent l’un à côté de l’autre à la surface de notre planète, la série des phénomènes organiques commença son évolution. Mais des changements dans le rapport des deux éléments superficiels entre eux produisirent des révolutions répétées qui anéantirent à chaque fois le monde organique et en amenèrent le développement d'un autre partiellement modifié dans la nouvelle époque géologique. Lorsque entiu ces cataclysmes furent à peu près terminés et que la surface terrestre fut esquissée dans scs grands contours actuels, l’IIoininc apparut sur la Terre, comme le couronnement de la Création et pour en être le maître par son intelligence, par la conscience de son être et par la liberté morale, (pii constituent son lot distinct. Capable avec ces facultés d'un progrès constant et d’un développement intellectuel de plus eu plus élevé, il s’est montré digne ou indigne de ce privivilége, suivant les contrées où il trouva son berceau et suivant les diverses impulsions qui naquirent de lui-méme dans la vie commune des individus. 11 est resté tantôt au degré le plus bas, près de la bestialité animale, ou bien s'est élevé à la culture intellectuelle,' morale et religieuse dont jouissent aujourd’hui les nations romanes, yermanii/ues et slaves, comme d’un héritage péniblement accumulé par trois milliers d’années d'efforts. Dieu que d’une constitution physique plus délicate que plusieurs des autres races, celles-ci se distinguent par une rare énergie morale et sont appelées pour cela à prendre la domination du monde et à conduire le reslc du genre humain. La rivalité, dans laquelle les a placées leur destinée d’occuper les avanl-postfs de l'humanité, est devenue pour elles un stimulant .perpétuel, qui les incite à porter plus loin les conquêtes déjà péniblement acquises ; mais elle est devenue, souvent aussi, la source de violences dévastatrices qui les épuisent pour un temps, et les épuiseront chaque fois qu’elles perdront de vue la modération et la domination sur soi-même, auxquelles les appelle leur degré de culture comme aux bases naturelles de la vraie vie policée. Telles sont les doctrines du christianisme sur lesquelles se fonde l'avenir de cette croyance comme religion universelle; avenir qui se réalisera aussitôt qu’elle sera débarrassée des chaînes de la hiérarchie et de la superstition. Lorsque l'amour, qui exige de nous- la tolé-

lance pour toutes les manières de penser, tant qu'elles n’ont point la prétention d’aller au delà du domaine de la pensée pure, aura pénétré uniformément toutes les classes de la société comme l’essence de la vraie culture morale, l’humanité se rapprochera du hul de sa destinée, fuyant l’erreur à la lumière de la science qu'elle a allumée et tirée de la conscience de la liberté conquise par elle. Conserver cette liberté comme le bien suprême, l’enraciner d’une façon indestructible dans l'esprit des peuples et la propager partout et dans toutes les directions, sera la tâche ultérieure de ceux qui en jouiront déjà eux-mêmes.

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