CHAPITRE XXVIII
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et plus petite, leurs mains très-étroites, leurs yeux inclinés en dedans, et leur crâne plus rond. Sur ce point ils rappellent les Mongols. Très-éloignés pour la langue des Cafres et des Nègres proprement dits, les Hottentots forment une race d’IIoinmcs trèsmisérablcs, dont rabaissement presque bestial les place sur les confins extrêmes de l'humanité, surtout les Boschismanns que le voyageur rencontre dans les déserts arides au nord des montagnes limitrophes de la colonie du Cap jusqu’au lleuve Orange. Il est intéressant de noter que ce peuple est celui qui nous offre les particularités physiques les plus singulières. Les fesses chez les femmes sont extrêmement développées, et prennent la forme d'un coussin, et les petites lèvres de l’organe de la génération présentent un prolongement, connu sous le nom de tablier des llottentotes, qui varie beaucoup en dimension suivant les individus, et sur lequel la plupart des anciens écrivains ont débité beaucoup d’exagérations, (.'est là une coïncidence bien remarquable, que ce développement, dû à la richesse en éléments graisseux du tissu cellulaire de ces parties, se manifeste dans le même pays où les Moulons portent une énorme masse de graisse à la queue; elle prouve que des conditions extérieures particulières ont le même effet sur l'Homme que sur les animaux. — Enlin les Papous , ou Nègres australiens, ont un type physique tout à fait semblable à celui des Nègres proprement dits. Il en est de même des indigènes du littoral de la Nouvelle-Guinée, circonstance qui lui a valu son nom, et de ceux des îles voisines situées à l’est dans la direction de la Nouvelle-Calédonie et des Nouvelles-Hébrides. Ce type était peut-être encore mieux caractérisé sur la lene de Van- Dienten, mais il s’efface tons les jours devant l’invasion des immigrants européens. Leur faciès ne se distingue des Nègres africains que par des cheveux plus longs, plus touffus, mais toujours crépus et laineux; ils leur donnent par des moyens arliliciels la forme d’une perruque en les redressant en haut. Leur nez est très-large, plat et ordinairement, chez les hommes du moins, percé à sa partie inférieure, pour y attacher des objets de parure. Les lèvres sont épaisses, mais non rabattues. La voûte du front est plus élevée que chez les véritables Nègres, et ressemble au type des Cafres ; le crâne n’est plus elliptique, mais rond, bien que les Papous aient les dents très-proéminentes des Nègres. Un n a rien de bien avantageux à dire sur l’intelligence de ces Hommes; tous les voya-
geurs les dépeignent comme très-sauvages et sanguinaires. Ils égorgent tous les étrangers qui ne savent pas les effrayer cl les mangent. C'est au milieu de ces bêles féroces que tomba le malheureux . Lapeyrouse, lorsqu'il vintéchouer avec son équipage d’élitcà Vanicoro, une des îles de l’archipel Santa-Cruz, et subit le sort de tous les naufragés qui tombent entre les mains des Papous ; à moins pourtant, comme il est probable, que les Ilots ne les aient tous arrachés aux cannibales et leur aient donné une mort [dus douce.
V. Après avoir passé en revue, dans les quatre races de l'espèce humaine qui précèdent, presque toutes les nations de la 'Terre, il ne nous reste plus qu’un type particulier, les indigènes de la Nouvelle- Hollande, dont les caractères distinctifs sont aussi curieux que les particularités organiques de leur pays natal. Leur peau a la couleur bistre des peuples nègres, le crâne est étroit et elliptique, les dents très-proéminentes, avec des lèvres épaisses et non rabattues, et le ne/, large; mais ils se distinguent d’eux parleur chevelure rude et plate ou légèrement frisée, assez, peu longue et jamais laineuse, par l’abdomen très-développé, le tronc fortement poilu et les membres très-grèles, comme chez les Singes1. Ce dernier caractère est d’aulaut plus choquant, que cette ressemblance est encore augmen. lée par le nez large et épaté que les Nouveaux-Hollandais, comme les Papous, ont l’habitude de percer pour y lixer des objets de parure, par la formedes lèvres ainsi que par la grande quantité des poils, et devient même si frappante que ces peuples, sans perdre les caractères essentiels de la nature humaine, l'ont songer à des Hommes caricaturés en Singes. Les voyageurs nous Tont une peinture non moins triste de leur dégradation intellectuelle. Sans résidence fixe, ils errent au hasard, dispersés sur les territoires déchusse limités de chaque tribu et dans les forêts hautes de leur continent, cherchant çà cl là sur les rivages leur nourriture misérable empruntée presque exclusivement au règne animal. L’absence de fruits comestibles esta peu près complète partout en Australie. Contraints par cette circonstance à s’adonner à la chasse, ils savent se servir avec habileté de la lance et de la massue, leurs seules armes, contre l llomme et les
1 Voir, pour une description dé (aillée, II. Kolcr dan*; le Monatsbericht der lierlina l jcoyr . Genetisch., 111, p. 43, et les Nouvelles suites, 1, 31.