CHAPITRE IV
Globe qui ont passé par un état de fusion ignée avant de se solidifier. Appuyé sur ce principe, nous pouvons aflirmer que toutes les assises de racfics existantes sont sorties de l’état de fusion ignée par un refroidissement très-lent, puisque les matières vitreuses ne forment jamais de grandes masses parmi les éléments du Globe.
Ici, comme toujours, il n'est plus diflicile de trouver la eaTise des pliénomènes aussitôt qu’on connaît leur vraie nature. La cristallisation de plusieurs substances différentes mêlées ensemble ne peut s’effectuer que si les corps ont le temps de se séparer les uns des autres et de se réunir suivant leurs convenances spéciales. Il est donc de toute évidence que le temps nécessaire pour cette séparation ne se trouve point dans le refroidissement rapide de matières en fusion. Les corps restent dans le même mélange que pendant la liquéfaction. La possibilité pour les éléments analogues de se réunir en masses dans ce mélange, n’existe qu’à la condition d’un passage lent de l’état lluidc à l’état solide. Cette explication nous fait comprendre pourquoi les laves qui se refroidissent très-lentement ont une structure plus granitoïde et porphyroïde, tandis qu’elle est basaltique et terreuse pour celles qui se refroidissent plus rapidement. Toute la différence de leurs formes repose uniquement sur ce que d*us les laves granitoïdes tous lcs éléments sont cristallisés et en grande partie séparés les uns des autres ; dans les laves porphyroïdes la pâte est compacte, c’est-à-dire finement granulée et englobe de grands cristaux isolés ; dans les laves basaltiques la masse entière possède une structure cristalline à grain fin ; enfin dans les laves terreuses, les cristaux isolés sont de dimension presque microscopique. Les laves granitoïdes et tontes les roches de cette espèce naquirent donc en se refroidissant avec unê extrême lenteur ; les porphyroïdes avec une lenteur déjà uu peu moindre; les basaltiques avec plus de rapidité encore ; enfin les roches à grain fin et presque terreuses avec une rapidité plus grande que toutes les autres. Dans les matières vitreuses, au contraire, le refroidissement fut instantané et trop rapide pour permettre un phénomène de cristallisation.
Outre ces divers genres de cristallisation, toutes les laves nous offrent encore les phénomènes particuliers de division et de structure par retrait que nous avons vus, plus haut, dans les roches cristallines et compactes. Ils consistent en des surfaces de division, d'après lesquelles la masse homogène se divise pendant que le re-
froidissc-ment et la .contraction dans la masse <|iii en résulte continuent leur évolution ou éprouvent un accroissement subit . Dans beaucoup de laves et de basaltes, où cette -division suit une direction parfaitement déterminée, elle produit des formes qui ressemblent beaucoup à des cristaux gigantesques. Citons les prismes a cinq, six et sept pans de la fameuse grotte basaltique de Staffa, nommée grotte de Finyal, ou bien encore ceux de la Chaussée-des-Géants , de formes analogues, sur le rivage septentrional de l'Irlande. Dans ces deux endroits, les prismes sont taillés suivant des sections régulières, plates, concaves ou convexes, qui ressemblent à un travail artificiel. Un trouve aussi en Allemagne de ces phénomènes, surtout dans l’Eifel, si riche en montagnes de basalte. La planche ci-contre en
Fig- -4. — Prismes de basait*'
Fig. 5. — O'mr de basalte sur la Landskron.
reproduit une, la Landskron dans la vallée de l’Aar. Nous y distinguons parfaitement les prismes réguliers dans la grotte, aq pied du grand cône, tandis que la surface de la montagne ne présente qu’une division irrégulière. La chapelle, à droite, est construite de quartiers de prismes de basalte à six pans. D’autres basaltes, comme