CHAPITRE IV
inique ; et, pour préciser, il faut la considérer rminc un mélange de feldspath et de zéolithe1. La phonolithe ressemble donc au basalte par la nature de sa composition chimique, mais non par scs éléments. On la trouve, comme le trachyte, isolée, formant des mamelons, ou en petits systèmes de montagnes et surtout dans les chaînes centrales de la liohème. Elle se débite en feuilles, résonne d'une façon particulière, lorsqu’on frappe dessus, et, comme le trachyte, n’apparaît que rarement en coulée. Abich en a observé deux cas; l’unau Monte Nuovo, près de Pou /./.oie, l’autre sur la coulée île lave d’Arso à Ischia. Mais ces coulées sont isolées dans ces deux endroits et aucun autre épanchement de cette nature n’a eu lieu de nouveau sur ces points éruptifs. Cependant, elles établissent l’existence de laves modernes contenant de l’eau, et renversent l’opinion qui affirmait que l’eau de combinaison chimique y manque toujours. Cette opinion, d’ailleurs, n’a de valeur réelle que pour les laves augi tiques. Elle prouve que la pression sous laquelle se trouve actuellement la vapeur d'eau, dans les foyers volcaniques, n’est pas assez, forte pour produire une combinaison chimique de l'eau avec la matière feldspathique. La partie d’eau des laves antéhistoriques et des basaltes, à laquelle quelques neptuniens ont attribué une si grande valeur, n’a bien certainement qu'une importance secondaire. Elle prouve seulement que ces laves sont des épanchements d’éruptions sous-marines qui, projetées sous la pression des eaux de la mer, entrèrent en combinaison avec elles; ou bien qu’elles absorbèrent cette eau arrivée jusqu’à elles par des crevasses lorsqu’elles se trouvaient encore dans les profondeurs du sol. Nous ne pouvons qu’indiquer ici ces faits; plus loin, dans le chapitre xi, nous leur consacrerons une plus longue description.
L’analogie des matières volcaniques citées jusqu’ici avec les roches résistantes et dures du (Hohe, prouve suffisamment que ces dernières substances aussi ont pu passer par un état de fusion ignée. Il reste encore a expliquer pourquoi elles n’ont jamais une structure spongieuse ou vitreuse, structure que prennent, non-seulement toutes les scories fondues artificiellement dans nos liants fournaux, mais
* U zéolithe, comme le feldspath, est un soi double do silice. Elle s’en distingue chimiquement par l'eau quelle contient. Elle est donc composée de trois éléments : 1* silicate d' alumine ; 2* un silicate alcalin (potasse, soude, chaux, »oit indes, soit en mélange) ; 3* eau .
que l’on rencontre encore dans beaucoup de matières éruptives des volcans'. Pour répondre à cette question, le meilleur moyen serait de rechercher pourquoi il n’y a que très-peu de coulées de lave des temps modernes qui soient vitreuses, au lieu de l’ëtre toutes. Les verres artificiels peuvent nous mettre sur la voie. Dès le commencement du siècle précédent, on avait observé que lorsque des masses épaisses de verre se refroidissent peu à peu et très-lentement, elles perdent leur diaphanéité, prennent une apparence d’émail (porcelaine de Réaumur) et ressemblent à la rétinite. Cette découverte, après être demeurée longtemps inaperçue, fit enfin admettre que Cette structure Opaque n’a d'autre cause que la lenteur du refroidissement. Partant de cette opinion, on soumit des verres artificiels de toute espèce à un refroidissement très-lent, et on obtint une substance qui ressemblait complètement à de la lave. Ces expériences ayant ainsi établi que l’aspect vitreux ou opaque du verre artificiel n’est que la conséquence d’un refroidissement rapide ou lent, il fut facile de conclure que les matières éruptives des volcans, qui sont toutes évidemment d’origine ignée, doivent aussi leurs différences de texture à un refroidissement plus ou moins lent, lorsqu'elles s’écoulent au dehors. Le meilleur moyen de prouver ou de renverser cette hypothèse était de fondre des laves naturelles et de les laisser refroidir sous des températures diverses et dans des espaces de temps variés. Ces expériences furent d’abord tentées par l’Anglais James Hall, cqsuite avec une grande habileté par Fleuriau de Bellevue, dans les verreries et les hauts fournaux français *. Elles donnèrent des résultats tout à fait semblables et très-satisfaisants. Elles montrèrent que toute lave naturelle fondue de nouveau et refroidie rapidement prend une structure vitreuse, c'està-dire reste amorphe. Au contraire, elle en prend une cristalline, analogue aux granités et aux basaltes, lorsqu’on la fait refroidir très-lentement dans un espace clos. Pour obtenir urfe plus grande certitude, on expérimentait en même temps sur des scories de hauts fqttrnaux. Elles donnèrent le même résultat.
Le mode de refroidissement, d’après ces expériences, est donc la cause qui produit la structure vitreuse ou rocheuse, non-seulement de toutes les laves, mais eucore de tous les autres éléments de notre
1 Journal tir physique, vol. LIX c*t l,X. — Annales tle chimie, vol. L.