‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 47 sur 295 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Distribution des volcans actifs à la surface de la Terre. Conséquences qui en découlent.

Cette communication entre les volcans sefnble être beaucoup plus grande que ne le laisseraient croire les observations de détail que nous possédons sur ce sujet. Elle pourrait bien, à une certaine profondeur, exister pour toutes los parties de la Terre. Cette hypothèse, d’une haute importance pour l’histoire de notre planète, peut être appuyée par deux genres de considérations et elle acquiert un grand degré de vraisemblance si les résultats la confirment des deux parts. En effet, si on peut démontrer l'existence de phénomènes et de produits volcaniques sur tous les points du Globe, et si, d'un autre côté, on vient à constater que dans tous les pays on rencontre des matières en fusion ou du moins une haute température lorsqu’on descend à de grandes profondeurs, nous aurons d’excellentes raisons d’aflirmer qu’il existe une connexion générale entre tous les centres volcaniques. >

Occupons-nous d’abord du premier point, c’est-à-dire de la répartition des phénomènes volcaniques à la surface du Globe terrestre.

L’Europe, cette partie du monde que nous habitons et qui s’offre à nous la première, nous convient parfaitement pour ouvrir cette étude. Nous y connaissons trois points célèbres comme centres volcaniques et nous les avons déjà cités plusieurs fois ; ce sont l’Islande, Naples et ses environs, enfin la Sicile, avec les groupes d’ilcs qui l’avoisinent. Voyons d'abord l’Islande. Cette île singulière, dont la

superficie est de 1,800 milles carrés, possède 29 volcans : 7 d’entre eux seulement entrent en activité de temps en temps. Tous les autres semblent être le résultat d’une éruption unique. Ils sont distribués sur la partie médiane de l’ilc, dans une large zone qui court du S.-S.-O. au N.-N.-E., et en occupent surtout les deux extrémités près des côtes de la mer ; c’est là, en effet, que se trouvent les volcans en activité. Sur la côte nord le Leilirnukur, le krabla et IcTrœlladyngur ; sur la côte sud, leCyafialla, l’iiekla, leKallcgia et l’Oræfc Jœkul. Toutes les circonstances particulières qui accompagnent les phénomènes volcaniques s’observent en Islande. Des tremblements de terre dans toutes les saisons de l’année, rarement interrompus par un repos de plus de trente ans ; sources d’eaux thermales les plus chaudes de la Terre 1 Geisers) ; coulées de lave dépassant en puissance tout ce qu'on connaît, par exemple celle qui s’épancha du Skaptar Jœkul en 1 785, presque à la même époque où la Calabre fut dévastée ; apparition d’une nouvelle ile à 5 milles au sud du rivage, en face du cap Reikianâs : elle se forma dans le mois de janvier de la même année, où le Skaptar Jœkul fit sa grande éruption. Celle-ci commença lorsque l’ile était déjà complète ; elle disparut bientôt comme une autre qui, en 1565, s'était élevée au meme endroit. . ,

L’ile volcanique de Jcan-Mayen, sur laquelle Scorcsby observa une éruption en 1817, se trouve au nord, sur le prolongement de cette bande volcanique do l’Islande qui, en outre, court parallèlement aux. côtes du Groenland, situées en face. Au sud, nous rencontrons l’archipel des Açores que nous avons déjà cité plusieurs fois à cause de scs phénomènes éruptifs. Au centre s’élève le principal cratère, l’immense volcan le Pico, à une hauteur de 7,009 pieds. Depuis les temps historiques, il est entré plusieurs fois en éruption ; de son sommet s'échappe constamment de la fumée. Après lui, nous citons les anciens cratères de l’ile San Miguel, comme les plus importants. Ils n’ont jamais été en activité depuis les temps historiques ; aussi les puissances souterraines ont-elles été contraintes de chercher une autre issue dans le voisinage. Nous avons déjà parlé de l’ile qui apparut près dcSan Miguel en 1811, phénomène qui s’était déjà manifesté deux fois (1658 et 1720) au même endroit. Les gazettes publiques racontent qu’en 1757, dix-huit petites îles se formèrent d'une seule fois, à 600 pieds du rivage de

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