‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 48 sur 295 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

l’ilc Saint-Georges. Ces soulèvements, si souvent répétés, indiquent un foyer volcanique très-actif au-dessous de ce groupe d’ilcs.

Négligeant pour le moment les volcans de l'Europe se rattachant à quelques-unes des côtes de la Méditerranée, nous allons descendre plus au sud dans la direction si bien tracée par l’ile Jean-Mayen, l’Islande et les Açores, du S.-S.-O. au N’.-N'.-E., et nous allons aborder aux îles des Canaries, d’où nous pourrons ensuite prendre une ligne dirigée dans un sens presque opposé et qui court au S.-O. La grandeur des manifestations volcaniques que présentent ces îles nous permet, en effet, de les choisir comme base de ce changement de direction. Les cinq plus grandes, l’aima, TénérilTe, Canarie, l' uerlavcntura et Lancerote, décrivent un arc de cercle volcanique sous-tendu par une corde de 60 milles en longueur, dirigée de l’O.-S.-O. à l’E.-N.-E. et parallèle au rivage de l’Afrique, situé en face. Il se rattache au nord au groupe des Açores, semées sur une longueur de plus de 80 milles, et qui embrassent le pic de Madère dans leur prolongement. Au sud, nous rencontrons les iles du cap Vert qui courent dans une direction différente et sont parallèles au rivage de la Guinée supérieure. Elles forment un angle avec les iles Canaries, Madère et les Açores, dont les volcans s’ouvrent sur cette grande fissure qui a déchiré le fond de la mer et est sans doute partie de l’Islande. Cette crevasse ou plutôt, alin d'être moins affirmatif, cette direction suivie par les forces souterraines dans leurs explosions, ne s’arrête point aux iles du cap Vert ; elle se détourne seulement plus au sud, et même au S.-S.-E. Sur cette nouvelle ligne, nous rencontrons au milieu de la mer, à l'ouest de l’Afrique, trois volcans éteints, l'ile de l’Ascension, Sainte-Hélène et l’ilc Tristan d’Acunha. La première de ces trois iles trahit son origine volcanique par les Irachytes et l’obsidienne ; la seconde est un cône de basalte à moitié dégradé ; la troisième, enfin, a conservé son cratère intact dont le sommet atteint 7,800 pieds, mais est éteint comme les deux autres.

Si nous nous arrêtons ici un moment pour jeter un regard en arrière sur la route que nous venons de parcourir, nous reconnaîtrons deux faits importants : premièrement, la disposition linéaire des volcans dans leur ensemble et, secondement, leur groupement en systèmes particuliers. Ces deux circonstances se reproduiront partout. Ou bien les volcans se suivent sur une même ligne, ou

bien ils forment un groupe plus ou moins circulaire, qui souvent parait être distribué régulièrement autour d'un point central. On distingue donc ces deux modes différents d’activité volcanique par les termes de volcans en série linéaire et volcans en ijronpe. L’Islande, les Açores, les Canaries, considérées chacune à part, appartiennent à la seconde catégorie. Au contraire, réunie avec Jean- Maycn et les Açores, l'Islande n'est plus que le point le plus important d'une suite de volcans alignés, qui réparait au sud, à l'ouest de l’Afrique, et se prolonge en vestiges isolés jusqu'au delà de la pointe sud de ce continent.

A l’est des côtes de l’Afrique, le volcan de l’îlc Bourbon forme le centre autour duquel se groupent les Mascareignes. Ce volcan est une des montagnes ignivomes les plus actives que nous connaissions; il s’élève à une hauteur de plus de 7,000 pieds. Nous manquons de renseignements précis sur les volcans actifs situés sur les côtes orientale et australe de l’Afrique et de l’Asie. Cependant, dans ces derniers temps, des voyageurs nous ont rapporté des produits volcaniques ‘provenant du cours supérieur du Nil1, et plusieurs fois, depuis les temps historiques, l’embouchure de l'Indus a éprouvé de violentes catastrophes volcaniques. Ce n’est que sur la côte orientale du golfe de Bengale que nous retrouvons de vraies montagnes ignivomes situées sur les îles Ramri et Cheduba, le long de la côte du Pegou. Elles forment l’extrémité d’un système complet de volcans en série linéaire qui passe par Narcondam, Pile Barren, les îles de la Sonde, les Moluques, les Philippines, le Japon et les Kouriles, se continue à travers le Kamtschatka, passe par les Iles Aléoutiennes et atteint ia côte à l’ouest de l'Amérique pour redescendre ensuite sans interruption jusqu'à l’extrémité sud de ce continent. Une chaîne volcanique si importante exige que nous lui accordions une attention toute particulière.

L’ile Barren, le plus célèbre des premiers volcans du système que nous étudions, consiste en une grande enceinte basaltique où la mer a pénétré dans l’ancien cratère par une échancrure. Au centre du cône primitif, il en existe un autre plus récent et plus petit,

1 I exploration* les plu* récentes ont démontré l'existence de volcans éteints. V»d. Hullriin tir Iti Sociclc t/coejrap/tnjnc de Berlin , nouvelle série I, p. ‘2 S 8. — Dans la mer Itouge, les îles l'erim et Tcir, ainsi «}uc le groupe des îles Zeltayr* sont volcaniques. Le Djeljcl-Teir, qui constitue à proprement parler toute l'ilc du meme nom* émet continuellement des vapeurs cl vomit fréquemment des Unmutes.

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