CHAPITRE VII
La ligne de volcans actifs ne se termine point là ; elle reparaît à Fortnosc, ou se trouvent plusieurs cônes ignivoines et sur la petite île du Soufre isolée au milieu de la mer, entre les Lieou Khieou et les Iles japonaises. Les trois plus grandes de ces dernières ont plusieurs volcans et semblent toutes être, comine Java pour les îles du Sud, un foyer central de manifestations volcaniques. On connaît sur Kiousiou deux montagnes ignivomes, l’Oso au sud et l’Usan à l'est à côté de Nangasaki, sur une pointe de terre qu’il a formé lui-même. Sur Nipon, la plus importante de ces îles, on a reconnu trois volcans ; le Fousi et son compagnon près de Yeddo à l'est, qui est à la fois le plus grand de tous et la plus haute montagne du Japon ; l’Alama situé en face sur le rivage occidental non loin d’Ojawa ; enfin les volcans qui occupent l'extrémité nord, à l'ouest le picTilesius à l’est de Tesan. Yéso, la dernière des trois grandes îles, a proportionnellement le plus grand nombre de volcans ; le Matsoumav à l'extrémité sud-ouest, trois autres sur le contour de la baie des Volcans au nord-est de Sangar, et enfin deux dans le nord, observés par des marins Russes. Le prolongement de la série volcanique se détourne ensuite plus à l’est et passe sur les îles Kouriles qui possèdent presque toutes un ou plusieurs volcans. Les mieux connues, à cet égard, sont Kounasehir et Itouroup, ces deux grandes îles rattachées immédiatement à Yéso. Entre Kounasehir et Yéso, un autre volcan s’élève au milieu de la mer, et à l’est de Kounasehir, File volcanique de Spanberg (Tschikitan) surgit hors des Ilots. Depuis Itoury jusqu’au Kamtschatka, on compte 17 cônes ignivomes isolés; la grande île d'Onnekotan seule en renferme trois ; presque tous les autres ne sont guère que des cratères dont le sommet émerge hors de l'eau, semblables à i’ilcde Palma et à Pile Canarie, dans le groupe d’iles africaines que nous avons cité plus haut. Le Kamtschatka forme lui-méme un haut plateau montagneux. Le versant situé à l’est est bordé d’une suite presque continue de volcans qui presque tous ont été en éruption depuis les temps historiques : quelques-uns le sont encore de nos jours. Sur les 15 assez, bien connus, 9 sont immédiatement placés sur le rivage. Ils s’étendent depuis l’extrémité sud-est de la côte jusqu’à quelques milles au-dessus de la ville de Petropawlowsk. Les quatre autres sont disséminés le long des rives de la rivière Kamtschatka ; trois occupent le plateau situé au-dessus du lac Kronotsk entre la rive orien-
IIISTOIRK DK LA CRÉATION.
taie de la rivière et la mer, le quatrième, le célèbre volcan a double piton, appelé Schiwelatoch ou Krasnaja-Sepka , est à l’intérieur des terres au delà de la rivière. C’est le cône volcanique le plus au nord et le dernier de cette série. Sur la même ligne que lui, près de l’embouchure de la rivière, se trouve le plus grand et le plus actif de tous, le Klutschelskaja qui s’élève a plus de 16,500 pieds.
Nous avons déjà cité plusieurs fois l'archipel des Aléoutiennes comme formant une série d’iles volcaniques, lorsque nous voulions douuer un exemple de la formation d’une île sur une grande échelle dans les temps modernes. Elles ressemblent en effet lieaucoup aux Kouriles par leur natnre, et forment une série de volcans presque ininterrompue commençant juste en face du point ou les volcans du Kamtschatka disparaissent sur le continent. Le premier volcan encore actif de cette série ne se trouve que sur l’ile de Semi Soposhna au nord de la grande île d’Amtschitka ; la seconde est un cône dénudé, nommé Coreloi qui émerge de la mer à l’est à côté de Tanaga. Cette dernière contient probablement le plus grand volcan de la chaîne et Kanaga, qui la suit immédiatement, en renferme un très-considérable. Les cônes des îles Amutcha et Umnak sont petits. Ce fut à quelques milles de l’extrémité nord-est de cette dernière qu’apparut le 18 mai 1 796, l’ilc nouvelle demeurée jusqu'ici l’unique exemple d’une formation semblable qui ait duré. Son volcan travaille toujours a accroître son aine d’éruption, linalaska, la plus connue des Aléoutiennes, a sur son rivage septentrional un volcan de 5,000 pieds de haut, le pic Makoushkin d’où s’exhalent sans Interruption des vapeurs. Le aine plus petit dcl’ile Akoutan, lui fait suite ainsi que le haut Agaiedan sur l’ilc Uniraak, dont on aperçoit les trois cônes au loin dans la iner. On connaît sur la presqu'île d'AInska deux grandes montagnes coniques et une troisième plus au nord sur le continent près de la baie de Cook. La côte de l’Amérique du Nord, qui à partir de ce point court vers le sud, a été mal explorée. Toutefois le mont Saint-Klie sous le 60° de-
gré de latitude et le Cerro de Bucn-Tiempo (mont du Beau-Temps) sous le 58° 45' près du pertuis de la Croix sont des cônes volca-
j ^ niques.
La ligne volcanique passe donc, comme nous venons de le faire W' Wt voir, avec une continuité presque sans lacunes, sur les rivages de
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