CHAPITRE VU
.'Amérique du Nord qui bordent l'océan Pacifique. Elle semble se terminer là, du moins dans la moitié septentrionale de ce continent. Nous ne connaissons, en effet, depuis Silka près de laquelle on cite l’Edgecombe comme volcan actif, jusqu'au Mexique, aucun cône en activité sur l’existence duquel nous soyons bien renseigné ; cependant cette grande étendue de pays ne manque pas de cônes basaltiques.
Les cônes éruptifs reparaissent an Mexique disposés sur une ligne’ courant de l'ouest à l’est à peu près exactement sous le 19“ de latitude nord. On y compte 8 grands cônes, dont 5 sont en repos depuis les temps historiques, et un quatrième le Jorullo n'est apparu, comme nous l’avons déjà raconté, que depuis 94 ans. A l'ouest le volcan de Colima, près de la ville du môme nom, est toujours en grande activité ; le Jorullo le suit immédiatement à l’est. Au sud de Mexico il existe trois cônes, le N'evado de Toluea à l’ouest, et l’Istaccihuelt tous deux en repos ; enfin au sud le Popocatepctl la plus haute montagne du Mexique, 16,000 pieds au-dessus du niveau de la mer, en activité. A vingt milles plus à l’est, au delà de la vallée de Puebla, s’élève le fameux pic d'Orizaha ou Citlatepetl, avec son sommet fortement tronqué et de 500 pieds seulement plus bas que le précédent. C'est le plus actif des volcans du Mexique. Au nord se dresse le Naucainpatcpetl i Coffre de Perotai éteint, et enfin tout à fait à l’est, à 20 milles au sud de la Veéa-Cruz, le volcan de Tuxtla le plus petit de tous, connu par sa grande éruption de l’année 1795.
Les volcans du Guatemala, par leur disposition, sont complètement indépendants de la série mexicaine. Ils s’étendent le long de la côte sud-ouest du grand isthme américain et s’élèvent sur une étendue d’un peu plus de 200 milles géographiques au nombre de 27 cratères brûlants. Du reste, aucun d’eux ne mérite une attention particulière. Les plus élevés se trouvent dans le voisinage de la ville de Guatemala et atteignent |>lusde 15,000 pieds.
Le groupe de volcans de Quito est le plus puissant de tous les systèmes volcaniques. Il est formé par une double série sur les deux côtés de la longue vallée ou reposent la capitale et Itiobamha. Celle vallée renferme les montagnes ignivomes les plus élevées du inonde et forme le plateau volcanique le pins agité que nous connaissions. Sur la ligne située en dehors du côté de la mer, on trouve du nord au sud le Pichinka, le Corazon, l’Iliniza, le Car-
guairazo, le Chimborazo et le Cunaqabay ; sur la ligne située à l’ins térieur du continent on voit se suivre dans la même direction, le Cuyamba, l’Anlisana, le Sincbulagua, le Cotopaxi, le Tunguragua et le Sanguay. Les seuls actifs parmi ces cônes sont le Sanguay, le Cotopaxi, le Tunguragua, l’Antisana et le Pichinka. Cesont de hautes et abruptes montagnes trnehytiques du sommet desquelles s’échappe presque continuellement une colonne de fumée, sans qu’il s’en épanche jamais des coulées de lave. A. de Humboldt a découvert, seulement sur l’Antisana, une coulée d’obsidienne. Sur les pentes de tous les autres on trouve des ponces et des lapilli, mais jamais aucune trace d’écoulement de matières en fusion. Au nord * la double série de volcans se réunit en une seule, qui se continue sur le versant occidental de la grande arête de montagnes granitiques et court le long de la chaîne formant la séparation des eaux entre le Rio Cauea et le fleuve de la Magdalena. A cette partie appartiennent l’Inbambourou près d’Iharra, le volcan de Chiles à côté de Toulkan, le Cumbal avec son sommet toujours couronné de fumée, l’Azoufral, le volcan de Pasto toujours aussi en activité, le Sotara et le Pouracé, ces deux derniers situés au sud de Popayan, sur le versant occidental de la chaîne de montagnes à travers les flancs de granité de laquelle ils se sont ouvert un passage, tandis que les autres grands cônes près de Quito se sont édifiés sur la crête granitique elle-même. — En face du Pouracé, sur la chaîne de montagnes à l'est près du fleuve Magdalena et entièrement séparé des précédents, se dresse le volcan de Rio Fragua, montagne trachytique toujours couronnée de fumée. Elle sert pour ainsi dire de point de mire «à la partie de la Cordillère qui se dirige vers Caracas et établit la connexion des volcans de Quito avec le système des Antilles, de même que les volcans de la chaîne occidentale établissent la liaison avec la ligne du Guatemala. La chaîne principale des Andes s'étend à partir de ce point entre le Rio Cauea et la rivière Magdalena en droite ligne vers le nord. Elle porte sous le 5° de latitude nord le Tolima haut de 17,000 pieds, le dernier de ses volcans actifs.
Le système du Chili se rattache, au sud, à ce plateau volcanique situé immédiatement sous l’Équateur. Une lacune de 500 milles géographiques l’en sépare. Le petit groupe de la Rolivie, auquel appartient le volcan brûlant le Misti d’Aréquipa, entre la incr et le lac de Titicaca, s’y intercale comme anneau intermédiaire. Vingt-quatre