‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 55 sur 295 · CHAPITRE VIH · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIH

Température intérieure de la Terre. — Son poida spécifique. Conséquences qui en découlent*

La première partie de notre étude avait pour Lut de rechercher la liaison qui existe entre les phénomènes volcaniques. Elle nous a prouvé par la répartition à peu près universelle des cônes volcaniques et des matières éruptives que tous les foyers volcanique» sont en connexion entre eux. Dans la seconde partie, nous allons nous occuper de faire connaître la température du Globe audessous du sol.

La variabilité des degrés de température de l'atmosphère établit péremptoirement, sans plus ample examen, qu’elle est complètement indépendante de la température propre du Globe. En effet, 1 si celte indépendance n’existait pas, la Terre manifesterait des variations semblables à celles qui se produisent à sa surface dans l’atmosphère. Mais personne n’ignore que dans les caves fermées il ne gèle jamais l’hiver, et qu’elles conservent leur fraîcheur en élé, tandis que l’air atmosphérique, pendant ces deux saisons, passe par les divers degrés de chaleur compris entre — ‘20“ et -+• 20“ et au delà. De plus, nous voyons que les faits observés à cet égard dans nos régions sont les mêmes sous l’Équateur et au Pôle si près qu’on ait pu s'en approcher. Sur ces deux [»oints, la chaleur ou le froid existent seulement dans l’air, mais plus dans le sol. Il ne gèle pas plus dans les caves du cap Nord que dans les nôtres, et les hautes températures de la zone tropicale sont Hmilécs à l'atmosphère, et dépassent à peine quelques pouces dans le sol

où elles pénètrent De là viennent les écarts considérables entre la température diurne et la température nocturne, variation aussi inexplicable que les différences de température entre l'été et l’hiver des zones tempérées, si l’atmosphère empruntait sa chaleur au sol.

Ces courtes considérations nous permettent déjà de poser en principe que le Globe a une température propre, indépendante de celle de l’atmosphère. Poursuivant nos observations sur les conditions auxquelles est soumise cette température , nous trouvons qu’elle doit être supérieure à 0" à la profondeur où les variations de l’air atmosphérique ne pénètrent plus. S'il en était autrement, toute l’eau resterait gelée à l’intérieur de la terre, comme cela a lieu dans les lieux placés sous des latitudes extrêmes, et où la température moyenne de l’année est inférieure à 0“ *. L’eau prenant très-facilement et très-promptement la température des milieux où elle se trouve, le degré de chaleur des sources jaillissantes dans les contrées les plus diverses, pourra nous faire connaître la température de la terre elle-même. Il nous importe donc d’étudier les sources à ce point de vue.

Les recherches qui, jusqu’à ces derniers temps, avaient été faites dans ce sens, étaient arrivées à des résultats inconciliables ; mais les derniers travaux de Bischof3 paraissent avoir enfin donné une solution définitive. Ce naturaliste habile a commencé par montrer qu’il ne faut pas observer les sources d’un point de vue unique, mais qu'il faut tenir soigneusement compte de l’origine de l’eau, aussi bien que de la profondeur de laquelle elles jaillissent, si l’on veut soumettre leur température à une loi générale. D’après ces observations, toutes les sources, tirant leur origine des couches supérieures de l'écorce terrestre, éprouvent des variations et se comportent comme les eaux qui coulent à la superficie du sol. Les fleuves, les ruisseaux, les lacs passent par les mêmes phases de température que l’atmosphère et la croûte extérieure du Globe.

1 Suivant Boussiugaull, il règne déjà entre les tropiques une température constante à une profondeur de 8 à 10 | toure*.

4 A. Erman a protivé la généralité de celte loi ( Hulletin mensuel de la Société de géographie de Iterlin, I, 20). Il eu résulte que les contrée* dont le sol est gelé ne | »cuvent point avoir «le sources ou «le fontaines, comme l'ont démontré les expérience.» faites à Iakoutsk. On ne eounait pas l'épaisseur «le la « route gelée. A Iakoutsk, la surface «lu sol te «lég«‘*le en été à une prolimdt’ur moyenne d<* .1 à 4 pieds.

5 G. Bischof, Théorie de ta chaleur à i intérieur de la terre. Leipzig, 1837. In-8. — Du mémo, Héntogw chimique et physique, 2* éd. Bonn, 18G3. T. I.

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