‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 54 sur 295 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

munies sont le résultat du soulèvement de matières éruptives à travers des crevasses de l’écorce terrestre auparavant intactes, la connexion des séries volcaniques avec elles s’expliquerait de soiinème. Ces tissures et ces crevasses produites par le passage de ces niasses primitives devaient faciliter une issue aux volcans. Plus tard nous établirons cette opinion sur des bases solides ; pour le moment, qu’il nous suflise d’avoir constaté que les lignes de volcans sont toujours dans un rapport évident avec des chaînes de montagnes. Dans les Cordillères de l’Amérique du Sud les volcans atteignent à leurs altitudes les plus élevées, bien que les sommets de la chaîne les plus hauts l'illimani et l'Àcencagua ne soient pas des volcans, mais des sédiments soulevés et inclinés, cl appuyés sur la base granitique des Andes ; sur d’autres points, ils sont simplement parallèles à l’aréte principale, ou s’élèvent sur ses lianes en conservant toujours la meine direction. Il en est de même pour Java et le Kamtschatka, où les volcans descendent jusque sur le rivage de la mer. Cette contiguïté des eaux de la mer n’est nullement une condition nécessaire d'existence pour les volcans. Il n’y faut voir, comme le prouvent les volcans mexicains et ceux du centre de l’Asie, qu’un rapport extérieur, dont le principe réside dans des causes différentes, que nous avons déjà indiquées. En effet, avec un peu d’attention, il est facile de reconnaître que les volcans se trouvent si près de la mer, seulement lorsque les arêtes montagneuses qu’ils accompagnent sont cllcs-nièmes près du rivage. Telle est l’unique cause de la contiguïté des volcans. Toutes les roches plutoniques non stratifiées, que les analogies de structure avec les laves nous ont fait considérer comme ayant d’abord passé -par un état de fusion ignée, ont commencé par déchirer l’écorce terrestre pour apparaître au-dessus ; plus tard les matières volcaniques suivirent la même direction. La force expansive des volcans rencontra, en effet, une moindre résistance sur les points où des éruptions primitives avaient déjà fracturé la calotte. Mais dans les lieux où , comme dans la mer et

1 Autrefois ou considérait les cônes volcaniques «les environs «le Quito comme les sommets les plus élevés des Cordillères. Nous savons aujourd'hui qu'ils sont encore surpassés par les deux sommets non volcaniques nommés ci-dessus et appartenant aux Andes de In Bolivie et «le la répuhli«|ue Argentine, Les volcans ne dépassent pas la linutcur «In Chinilmrn/n (‘20,100 pieds), mais l'illimani a *22,000 et i'Aconcagua plus de 121,000 pieds français.

les plaines , la voie n’était pas préparée pour les .vapeurs, et où l'écorce terrestre n'avait pas encore été déchiré« far un soulèvement antérieur, ces vapeurs durent s'ouvrir elles-mêmes un canal de. décharge. K Iles durent se frayer un passage perpendiculaire semblable à une cheminée; peut-être les roches anciennes placées au-dessus du foyer volcanique furent-elles ramollies, transformées et détruites par les vapeurs brûlantes; C'est pourquoi les volcans situés dans les régions planes ou simplement ondulées n'ont aucune ponnexiort avec les chaînes de montagnes les moins éloignées. Cette circonstance, que dans ces régions aussi il existe quelquefois drs rangées de volcan, prouve qu’* y a en une brusque éruption, et qu il s'est formé une crevasse linéaire momentanée. Partout, en effet, l’écorce terrestre se iend du cette manière, lorsqu'elle sc déchire et donne naissance i une série linéaire de points éruptifs.

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