‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 69 sur 295 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

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étrangers, tels que du fer magnétique, des grenats, de la tourmaline, et des émeraudes qui existaient avec elle pendant cette période dans l'enveloppe siliceuse. Dans les masses granitoïdes ou trouve ordinairement du granit, de Vépidote, de la tourmaline, des topazes, du corindon, du zircon, etc. Tous ces minéraux sont mieux cristallisés que 1a pâle enveloppante, et souvent ils sont isolés en cristaux complets. C’est aussi dans les silicates que les minéraux rares, tels que le zircon, le béryl et le glycin ont déposé leurs petites masses.

On n’a pas encore pu reconnaître directement ce qui existe audessous du granit; nous ne pouvons donc proposer que des conjectures. Nous pensons que là se trouvent les silicates plus riches en oxydes métalliques et par conséquent plus pesants que nous rencontrons actuellement quelquefois à la surface de la terre dans des conditions nous permettant de croire qu’ils proviennent de grandes profondeurs. Tels sont le basalte noir contenant de Vaugite ou pgruxène et de l'olivine, la dolérite, le mélaphyre et les laves. L’augite est composée des mêmes éléments que la hornblende; mais, au lieu d’un trisilicate de chaux, elle n’a qu’un hisilicatc et elle cristallise dans un genre différent. L’olivine est un monosilicatc de magnésie avec un silicate de protoxyde de fer sans chaux. La première présente une coloration noire ou vert noirâtre, la seconde un vert plus pur. Toutes deux apparaissent dans les ruches dont nous avons parlé, unies à des silicates hydratés ( ziolithes )’, circonstance qui dénote un mode de iormation particulier. Les roches augitiques, ayant leurs éléments moins séparés et dans un mélange intime, prennent une coloration, homogène, grisâtre ou noirâtre. Ces circonstances donnent à ces roches un aspect particulier et les distinguent d’une façon très-nette des granits à gros grains, de la syénite et de la diorite, bien que les différences chimiques ne soient pas aussi profondes que l’aspect extérieur le ferait croire. Toutes sont formées de la même manière, à savoir : d’un silicate double dans lequel un élément, le silicate d’alumine, ne manque jamais, tandis que l'autre varie entre divers silicates alcalino-terreux et métalliques, et souvent même, peut être constitué par plusieurs à la fois*.

1 Voir page 71, note.

Dans une publication récente, Mitscherlich résume d’une façon trés-concisc son opinion sur l’origine de ces variétés, a Si une masse liquéfiée, dit-il, reufcrine oulre de l’a-

IllSTUlItK l)K LA CltÉATION.

Les combinaisons chimiques de toutes ces matières entre elles s’effectuèrent lentement dans l’enveloppe terrestre, pondant qu'elle était encore liquéfiée ou au moins molle. Aussitôt qu'elle se solidifia , l'affinité chimique perdit toute son action, car ici la vieille drfctrine des alchimistes, (pie les corps agissent chimiquement les uns sur les autres seulement à l'état liquéfiés, a conservé toute sa valeur1. La solidification continua à s’accroître avec le refroidissement, mais avec une si grande lenteur que les silicates purent facilement se cristalliser, ce qui nous explique pourquoi nous ne les trouvons jamais avec une structure vitreuse*. Il n’est pas facile de dire quel espace de temps lut nécessaire pour cette lente solidification. On peut cependant s’en faire une idée, si on réfléchit que, pendant cette période, la température dut descendre de -t- 2000centigr. à -t- 200\ Les faits connus ne nous donnent aucune mesure même approximative, et toute donnée positive ‘ nous manque pour déterminer quelle

i idc silici«|uc cii excès, île l'iiluminc cl de In potasse dans des proportions telle«, que l’oxygène «le l'alumine «»il à la |K»tasse connue 3 «**1 à I, celte musse, en se refroidissant, lonncni du quurtz et du [cldxjmth. U proportion d'alumiuc devient-elle plus grande, le proiluit sera «lu quartz, du fcUUi>tUh et du mu a. L'alumine si* trouve-t-elle eu quantité «|iiatrc fois plus grande «|u’il n'est nécessaire (tour la production du feldspnth. le résultat du refroidissement sera coiiqiosé >euleiuetit de tpiarlz et «le mu a. S'y trouve-t-il encore d«t la chaux et du protoxyde de fer, on aura de In hornblende. i* L'article publié par G. Bischof dans le Sauve au bulletin annuel, année 1843, p. t,*dc L«i>nlinrd et Broun, est trè>-iniportttnt pour ceux «pii voudront lairc une étude plus complète sur le mode de formation de ces corps. Nous le signalons donc ;t nos lecteurs.

1 (.oi|H)ia non agunl nid iluida. ' ?

* Voir ce que nous avons dit des laves nu chapitre 4.

5 Tous l«*s silicates se liqdélicnt à 2,000° c«*ntigr., le zinc fond à 227".

4 Le |prufcsseur G. Bis cliof, de Bonn [Theorie de In chaleur, p. 479 et suiv.), après avoir fait des cx|*ériertccs sur le temps qu’une masse sphérique de Imsaltc fondue artificiellement et de 2 pied- de diamètre met à >e refroidir, est arrivé à des conclusions trop iiiqiorlantcs pour «juc nous les négligions. Il a trouvé, par le calcul, que le refroidissement du Globe terrestre a dù employer 553 millions d'années pour arriver, de l'état incandescent «le fusion de 17’oorce actuellement solidifiée, jusqu'au moment où la température parvint h son état de slahdité. D'autres calculs lui ont permis de déterminer le moulent où notre région était dotée d'un climat tropical qui «lut commencer avec l'époque antérieure à lu naissance «le la Hure houillère. Il fixe cette éjKxpie à peu près à 1,300,000 uns avant la période actuelle. Un calcul seinhlahle, fait par Arago (îeliler, Dictionnaire de fthi/sû/iic, IX, 1, p. 018 et suiv.j s'accorde peu avec celui-ci. Il réduit ce noiuhre d'anuéo à 313,000. Ce désaccord nous montre combien b*s résultats numériques ayant p«>ur|iut d'établir la durée des |H'ri«Nb» pr iiinlivcs, à l'ai«lc «les cuuiintssanr«** que nous |m»ss4'*«1oiis acluelleiuenl, sont peu certains. Un «idi ul, bas«* sur «les douuéps autres «|ue celles «I«* Bischof, conduit à un résultat à peu pria» semblable pour la pcruale de temps écoulée dopuis l'é|KM|ue houillère jusqu'aux temps actuel', période. i|u'il lue à 1,300,800 ans. Ce Chiffre semble donc approcher «le la réalité. Il est vrai «pie, dans uu travail postérieur, Bischof a attribué 9,000,000 aun*'*e» au même es|>ace «le temps, résultat obtenu par in uiéiia; voie que les 535,000,000 années de In période entière de refroidissement. Mais il faudrait faire subir une ivducliou considérable à ce dernier résultat, si le chjflre de 1,300,000 ans est le plus exact.

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