‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 68 sur 295 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

ricures se condensaient à mesure qu'elles se refroidissaient et devenaient plus lourdes. Cet accroissement de poids les faisait descendre, et d’autres plus chaudes et plus légères venaient prendre leur place. Durant que ces dernières se refroidissaient, les autres puisaient une nouvelle chaleur au contact de l’écorce, se relevaient, faisaient descendre les plus froides cl, par ce mouvement continuel de descente et d’élévation, d’échauffement et de refroidissement, répandaicnf^lans toute la région gazeuse une température assez uniforme entretenue par le refroidissement graduel de la périphérie de l’écorce terrestre encore à l’état de liquéfaction.

Afin de bien nous rendre compte des divers phénomènes produits simultanément dans ces deux zones du Globe terrestre, la zone liquide et la zone des fluides élastiques , il est nécessaire d’en séparer la description et d'exposer successivement les faits arrivés parallèlement et en inéme temps. Par ce moyen, nous nous faciliterons l’intelligence de l’évolution des phénomènes et la connaissance de leurs résultats ; mais il nous faudra donner à nos lecteurs une histoire des événements réels moditiés dans leur série chronologique.

Considérons d’abord l’enveloppe liquide de la Terre qui s’étendit peu à peu au-dessus du noyau métallique en fusion. Ce manteau extérieur obéit aussi aux lois de la rotation tant qu’il demeura liquélié, et il prit part à l’aplatissement du Globe aux pôles de sou axe de révolution. Le courant du pôle vers l’équateur produit dans la masse liquide sous l’inlluence de cette cause, bien que doué d’un mouvement lent, eut un effet très-notable sur l’accélération du refroidissement. En effet, les couches superficielles plus refroidies furent portées par ce courant vers l’équateur. l)c nouvelles couches se trouvèrent- donc toujours exposées au refroidissement des pôles, tandis qu’à l’équatenr il se forma une zone de matières solides composée de masses compactes isolées, nageant sur les liquides incandescents comme les montagnes de glace sur la mer ; elles donnèrent, naissance à des aspérités. — Telle dut être la forme extérieure primitive de la première enveloppe terrestre refroidie ; mais dans quel état se trouvaient les matières situées au-dessous d’elle? agi i

La nature actuelle des produits plutoniques et volcaniques nous

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iloimc la meilleure réponse à celle question. Elle nous apprend que la silice prédominait dans le manteau terrestre et qu’elle Tonnait 70 pour 100 du mélange, si nous nous en rapportons à sa répartition actuelle. Aprèsellc, l'élément le plus important était V alumine. Elle formait 10 pour 100 de la masse. Outre ces deux corps, la potasse se trouvait dans une proportion de 5 à 6 pour 100, la soude en quantité moitié moindre. Les autres éléments étaient la magnésie, la chaux, l'oxyde de fer, le manganèse et quelques autres minéraux ou oxydes métalliques moins répandus. Un amas si complexe ne pouvait pas subsister sans qu'il s’y manifestât des réactions chimiques entre ses éléments. Leurs affinités réciproques aplanirent aussitôt et engendrèrent de nouveaux produits chimiques. Les alcalis et la silice, en raison de leur nature électro-chimique fortement opposée, jouèrent le principal rôle, dans ces phénomènes et s’unirent tout d’abord à cause de leur affinité réciproque plus grande que pour tous les autres corps existants dans le mélange. Les substances alcalines se trouvant en quantité moindre que les autres corps, dont l’allinité pour la silice était plus faible, formèrent le principe régulateur d’après lequel les combinaisons se réglèrent. La chimie moderne a donné le nom de sels aux combinaisons formées de deux corps déjà unis eux-mèmes avec l’oxygène ou une substance analogue, telles que le chlore, le soufre, etc. Un de ces corps, qui est électro-négatif et renferme la plus grande proportion d’oxygène, est un acide ; l’autre, électro-positif et avec une moindre quantité d’oxygène, est une base.- Les combinaisons nouvelles formées sur la Terre étaient des sels dans lesquels la silice jouait le rôle d’acide, l 'alcali ou une autre terre celui de base. C’est pour cette raison que tous les composés où entre la silice ont été appelés sels siliceux ou, dans la forme latine, silicates. Le verre artiliciel lui-même, dont les propriétés ressemblent à celles des silicates, n’est en réalité qu’un sel siliceux, non pas un sel terreux, mais un sel alcalin, parce que sa base consiste surtout en potasse et soude auxquelles s’ajoutent quelques parties de chaux et d’oxydes métalligues. Les bases dominantes des silicates naturels, tels qu’ils se déposèrent sur la Terre en liquéfaction, sont l’alumine, cl après elle une seconde terre, telle que la chaux, la magnésie ou un alcali. Ce sont dpnc en grande partie des sels doubles, c’est-à-dire des combinaisons de deux sels formées d’après les meines lois que la

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combinaison d’un acide cl d’une base dans les sels simples. Ils cnnstituent des substances analogues à la fluorine par leur composition, mais dans lesquelles, à l’inverse du verre artificiel, les parties terreuses l’emportent sur les alcalis et dont la forme extérieure obéit à une cristallisation apparente. L’addition d’un oxyde métallique, agissant comme une nouvelle base, donne une coloration au mélange, de même que dans le verre artilicicl. Celui-ci, comme tout le monde le sait, est sans couleur lorsqu’il ne renferme aucune partie métallique. Mais en y ajoutant quelque métal il |»cul se colorer en vert (protoxyde de 1er), rouge (protoxyde de cuivre), bleu (protoxyde de cobalt), jaune (oxyde d’argent), brun (oxyde de fer), noir (plus grande quantité d’oxyde fer), etc.

Ces combinaisons entre les terres et les silicates ne se réalisèrent point subitement et simultanément, mais peu à peu et avec lenteur, en sorte que chacun des éléments eut encore le temps, pendant que la combinaison s’effectuait, de se séparer partiellement suivant les lois de sa pesanteur spécifique. Les silicates riches en parties métalliques remportaient beaucoup par leur poids; ils tombèrent donc seuls dans les couches inférieures, tandis que les silicates terreux cl alcalins restèrent dans un mélange indistinct à cause de leur peu de différence de pesanteur, insuffisante pour avoir un effet quelconque dans la masse visqueuse des matières liquéfiées. Cette dernière circonstance empêcha la complète séparation des silicates métalliques. Une grande partie demeura suspeudurdans toute la niasse. Les couches inférieures composées des matières les plus lourdes renfermèrent donc plus d’oxydes métalliques, les couches supérieures au contraire, les plus légères du mélange, continrent plus d'alcalis. Les masses extérieures consistent principalement eu silicates alcalins avec une faible addition d’oxydes métalliques. Nous les connaissons sous deux formes principales, le granit et le gneiss. Tous deux sont des mélanges de deux silicates, I c feldspath elle mica; au milieu s’est isolée de la silice pure ou guarta comme troisième élément. Chacune de ces trois substances forme dans le granit des amas assez considérables isolés et délimités. Dans le gneiss, chacun des éléments ne forme que de très-petites masses ; le mica y prédomine et donne à la roche une structure schisteuse par sa disposition lamellaire et sa propriété do se diviser en lames. Le quart/, est presque toujours incolore. Le feldspath est ordinairement blanc,

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jiiuuc ou rouge couleur tic chair ; c’est lui qui prédomine le plus souvent dans la masse granitique. Le mica possède une coloration li ni ne jaunâtre, ou noire verdâtre et a un éclat Irès-vif sur scs faces de division. Ces deux derniers minéraux sont composés de silicate d’alumine et de silicate de potasse; mais le mica contient quatre fois autant d’alumine et un tiers en [dus de silice que le feldspath1. Du reste, le granit et le gneiss, si semblables par leurs parties constituantes, passent souvent de l'uii à l'autre sans limites tranchées. Une autre roche qui accompagne le granit ou le remplace ordinairement, est la syéuite composée de feldspath et de hornblende, tantôt seuls, tantôt unis avec du quartz et du mica en faible quantité. La hornblende (amphibole), facile à reconnaître par sa couleur noire, est un silicate double composé d’un trisilicate de chaux* avec un bisilicatc de magnésie, qui doit sa couleur noire à un excès de protoxyde de 1er. Elle se trouve encore dans la ijrüntlein ou diorite; jamais dans le feldspath ordinaire; mais elle apparait dans Valbite douée d'une coloration blanche et renfermant de la soude. Ce minéral accompagne encore le granit et la syéuite ; sa structure est ordinairement à grains lins. Il ne forme jamais d’aussi grandes masses montagneuses (pie les précédents. Le gneiss a encore pour compagnons d’autres roches schisteuses, telles que le micaschiste, mélange intime de quartz en poudre et de lamelles de mica ; ou le chlcritotchiste composé de silicate d'alumine avec du silicate de magnésie et qui doit sa couleur hrune, rouge ou souvent verte au mélange de parties de proloxdye fer, et son contact onctueux à la magnésie. Les parties d’eau qu’il contient sont très-remarquables pour une roche de cette période. Elles ont donné lieu à des hypothèses très-opposées sur son origine. On trouve enchâssé dans cette roche plusieurs corps

* Outre le l'elds|Kitli proprement dit, les minéralogistes distinguent encore un nombre considérable de métaux analogues <pii sont tous des sels doubles d'acide siliciquc, c’està-dire constitués d’une part |w»r du silicate d'alumine, et d'autre |«trt par un nlicatc alcalin ou calcaire. Au point de vue géologique, les plus importants à connaître sont le fcltlxjtal h proprement dit (appelé aussi or t lune ou ad ul aire, et distingué par le non» «le sa nid inc lorsqu’il est vitreux, comme cela a lieu dans les niches »les ancien* volcan^, composé de silicate d'alumine avec du silicate de potasse ; Valbite , dont le second élément est du silicate de soude ; Voligocla*c, diflércnl de l’albitc seulement par un équivalent d’acide silirique en moins ; enfin le labrador, dans lequel le silicate de chaux e l uni au silicate d’alumine.

* Les expressions mono-, bi-, Iri-xilicale, etc., signifient que la silice d’un silicate donné contient une fois, deux foi*, trois fois autant, etc., d’oxygène que l’autre élément ou la base.

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