CHAPITRE
d’une nouvelle période de création. Ils sont en effet les conséquences nécessaires des événements produits pendant qui! ces vapeurs brûlantes ou gaz s’échappaient. Ceux-ci étaient souvent composés de substances délétères et mortelles pour les organismes. Les eaux de la mer les dissolvaient et devenaient ainsi pins funestes pour leurs habitante que par leur agitation. Ile grands dépôts de poissons morts, considérés autrefois comme le résultat d’éruptions volcaniques sous-marines, nous prouvent plutôt la réalité de ces cataclysmes des âges primitifs. L’eau, portée sur certains points jusqu'à son degré d'ébullition par l’éruption des vapeurs et des liquides incandescents, eut aussi une influence mortelle sur les organismes. Aucun d’eux ne peut supporter cette température seulement quelques minutes.
Tout ce que nous venons de dire si brièvement sur les causes et les produits des premières révolutions du Globe, est juste non-seulement pour celles-ci, mais encore s'applique à toutes celles qui suivirent. Nous considérerons donc toutes les assises terreuses stratifiées comme les débris de la décomposition des roches cristallines amenée principalement par l’action chimique des acides, dont la mer était saturée. Les nouvelles substances insolubles dans l’eau, produites par ces phénomènes, furent recueillies dans la mer à l’état de matières extrêmement divisées et s’y déposèrent par lits, jusqu’à ce que toutes les roches cristallines avec lesquelles l’eau et l’atmosphère pouvaient entrer en contact eussent été soumises à celle action dissolvante. Les fractures, causées dans les couches par les vapeurs d’eau comprimées et accompagnées du soulèvement de substances cristallines, donnèrent naissance a de nouvelles inégalités sur la surface du sol. Les montagnes émergèrent peu à peu audessus des eaux et soulevèrent les assises stratifiées contiguës, formant d’abord des îles au milieu des mers. Leur apparition fut funeste aux organismes. Ils périrent victimes, soit de la chaleur seulement, soit des substances délétères exhalées et cédèrent la place à d'autres espèces plus jeunes et plus élevées. Les roches cristallines nouvellement apparues apportèrent un aliment nouveau au pouvoir dissolvant de l’air et de l'eau, à qui les récentes additions de vapeurs brûlantes et d’acide carbonique venues des profondeurs avaient rendu son intensité première. Ces deux agents rongèrent de la même manière, déjà décrite, les chaînes de montagnes, les rivages et jusqu’au fond des mers et créèrent des maté-
riaux pour de nouvelles couches. Mais lorsqu’ils eureul en partie épuisés leurs forces et qu'une autre partie eut été absorbée sous forme d’acide carbonique par les végétaux, les terres récemment émergées se peuplèrent de nouveaux organismes, la mer redonna la vie à ses anciens habitants, mais avec des formes modifiées1, et la paix avec le câline régnèrent jusqu’au moment où une nouvelle éruption vint donner lieu à de nouvelles révolutions. Celles-ci détruisirent et enfouirent les êtres vivants aussi loin que leur action put s’étendre et préparèrent un séjour meilleur et plus vaste pour d’autres créatures plus parfaites. Telle fut la marche simple que suivit la Terre jusqu'à nos jours, à travers les phases nombreuses constituant l'histoire de son développement.
* Nous traiterons |Hns tant (cil. xvn) de l'origine des organismes dans .ses pritici|*'S généraux. Pour le moment, il nous suflil de remarquer qu’il existe deux théories opposées |k>ui expliquer leurs différences spéciliqucs à chacune des époques de la Terre. Suivant la première doctrine, les êtres vivants des premières périodes, disparus dans celles qui suivirent, périrent avec la lin de ce~s périodes, et de nouvelles espèces, appropriées au nouveau milieu dont elles étaient In conséquence, remplacèrent aussitôt les précédentes. Le second système fait périr ou disparailrc seulement les formes absentes dans les périodes suivantes, c'est-à-dire qui n’y sont pas représentées par «les es|>ècos analogues. Au contraire, les espèces analogues, avec des modifications partielles et vivantes dans les périodes plus récentes, sont les descendantes «les anciennes, dont les caractères ont été modifiés par l'action d'un miliiui changé lui-méme. Les «leux opinions sont, à mes yeux, aussi acceptables l’une que l'autre ; car ni l'une ni l'autre ne peut apporter à son appui aucun lait |M*sitif emprunté aux temps hislorii|u«>s. Kllcs uYuHlonc qu'une valeur dogmatique ou hypothétique. Tout récemment In dernière hypothèse a «Hé reprise avec «le grands développements par Darwin, et sa tentative a été accueillie sur bien des points |»nr de nombreux applaudissements. Cependant nous devons avouer «pie nous ne pouvons accorder une force démonstrative aux arguments apartés par Darwin et ses partisans, et qu'il vamlrait peut-être mieux laisser de côté cette question connue inaccessible. à l’expérience, L’hvpothèse «h* la transformation n’est point nécessaire pour expliquer l'origine première de Unis les onanismes, puisque ce «pii a pu nailtv une fois de soi-même le pouvait encore, «les conditions semblables étant données de nouveau. Loinimmt ce phénomène a-t-il eu lieu? Nous ne le savons pas et uc le saurons jamais. Il me parait donc inutile, pour la science oinpirûpie, d'imaginer des conceptions hy|K>tli<Hi«pi<>s sur ce problème et «le sc perdre «Inns des controverses sans issue possible sur leur probabilité. Du reste, les «leux doctrines peuvent très-bien subsister rime à côté «le l'autre. Il i*stf en effet, parfaitement avéré que des transformations graduell«1« ont eu lieu chex les être» organisés : unis ce qui est pour moi tout aussi certain, c'est que («Miles les «lilléreiu «*s constatées actuellement parmi «*ux ne peuvent pas s’expliquer par «le simple transformations.