‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 76 sur 295 · CHAPITRE X. W · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. W

dans la splière d’action de la catastrophe, cl cpi’une organisation nouvelle et plus jeune la remplaça1. En outre, nous comprenons très-facilement poimpmi les mêmes organismes se retrouvent dans plusieurs couches différentes ; il suflit pour cela que quelques individus aient pu échapper aux bouleversements d’une révolution el propagé ensuite leur espèce dans les temps qui suivirent.

Cette diversité dans les modes de stratification nous démontre qu’il y a eu des époques de formation distinctes les unes des autres et (pic les soulèvements se sont renouvelés plusieurs fois. Les fossiles contenus dans chaque couche, de leur côté, prouvent la réalité de nouvelles époques de création, lorsqu'ils appartiennent en totalité ou en grande partie à des animaux et à des plantes différents par leurs caractères génériques et spécifiques. Mais les faits ne se passent point toujours de cette façon; on voit plus souvent Jes débris organiques passer d’une couche à Ta suivante et même atteindre jusqu'à une troisième et même au delà. Nous en pouvons conclure que ces révolutions eurent une action peu considérable, on qu'elles se limitèrent à une étendue bornée sans atteindre assez loin pour anéantir tous les organismes. Cette manière de voir est parfaitement admissible, si l’on tient compte des autres cas dans lesquels aucune espèce organique ne passe d’une couche à la suivante. Elle justifie la théorie d'après laquelle les causes de toutes les révolutions ont été les mémos, à savoir des soulèvements, mais avec des elfets très-différents suivant la puissance et l’étendue des masses soulevées.

La prise en considération simultanée de la stratification et des fossiles contenus dans les couches sert de base pour former des ensfinbles dt strates.' Letir détermination, ainsi que les termes définis ci-dessus pour exprimer les divers rapports des couches entre cIlA, sont dus au véritable fondateur et premier maître de la géognosie, Abraham-Gottlob Werner. Sous celte idée, il comprenait une série de couches so succédant immédiatement, formées dans des conditions semblables et contenant les mêmes fossiles. Celte idée

1 .\ou* avons déjà fail connaître, dans In dernière noie «lu chapitre précèdent. In théorie d’aprê* Jaqnelle les orgtuismes ne périrent pas, mais furent seulement modifiés dans leurs mmclènrs par les cjTangenienI* successifs «fui affectèrent les condition* d'existence à In surfapc du tflotic. Je répète encore quelle me parait en désaccord avec les lois positives de la vie, el tpi’elle se heurte à des diflieultés non moins grandes qui* la théorie des rréalinns nouvelles. #

a clé conservée, et on se sert dans son emploi des mots formation ou ijroupe 1 . Cependant il devient tous les jours de plus en plus évident qu'il n’v a pas eu de périodes de -création absolument limitées et que, par conséquent, il n’existe pas de formations séparées les unes des autres d’une manière tranchée. On reconnaît, au contraire, que l’évolution continue des causes a produit des phénomènes analogues et sans lacunes, que causes et effets ont changé seulement dans leur degré d’intensité, et enfin que leurs différences procèdent uniquement de cette dernière circonstance et des périodes de temps longues ou courtes dans lesquelles ils se succédèrent. En thèse générale, il est naturel qu’après une longue période de calme, il vienne une révolution plus grande et plus profonde. Par conséquent, des différences très-marquées entre des couches superposées les unes sur les autres indiquent un long état de repos et de violents soulèvements.

Avec ces faits, nous avons pu établir que l’apparition des chaînes de montagnes à la surface du sol fut causée par le soulèvement répété et interrompu par de longs espaces de temps, de masses éruptives souterraines en état de fusion, et que ces soulèvements amenèrent, sinon en totalité, du moins pour la plus grande partie, la séparation des terres fermes d'avec la mer. Nous nous trouvons maintenant en face d’un des plus- importants et des plus intéressants problèmes de la géognosie, problème consistant à déterminer le rapport chronologique des soulèvements entre eux. Nous sommes, en effet, parfaitement certains qu’ils ne se sont pas tous effectués à uneseuleet même époque, puisque, d’une part, nous avons reconnu une succession dans les différentes couches et dans les débris si variés d’êtres vivants qu’elles renferment, et que, d’autre part, nous avons montré des soulèvements de volcans et d’iles arrivés depuis les temps historiques, à des années et des siècles très-distants les uns des autres. Classer les soulèvements dans une série successive fut donc pour les savants un problème qui les préoccupa de bonne heure. Le plus grand géologue de l'Allemagne, Léopold de buch, qui jeta les bases de la théorie générale des soulèvements, et la lit pénétrer dans la science, n’arriva pas jusqu’à la conception de l’autre pro-

1 Los termes formation, nyttème, terrain, groupe, claije, sont employés par les géoloques actuel» avec «les significations très-diverses. En général on iiuli<|iic avec les trois premiers, de vastes systèmes «le couches formant un euscmblc ; avec les «leux dernier* •les systèmes plus restreints OU les parties isol«*es d’un grami ensemble. — G ;

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