CHAPITRE XI
diücalion loralc de cctlc roche, modification causée par l’absence de feldspath et que l’on proposait sans pouvoir l’expliquer. Dans beaucoup de lieux, le micaschiste se superpose au gneiss et assez souvent le schiste argileux primitif au micaschiste. Le passage entre ces deux roches est si doux et si insensible qu'on ne peut établir de limite tranchée entre elles. Il s’en suit qu’elles sont évidemment de structure identique et qu’elles ont été formées de la même manière. La surprise des savants fut grande lorsqu'ils arrivèrent à ce résultat ; les schistes argileux primitifs à cristaux microscopiques passent à leur tour aux schistes argileux communs, et ces derniers sont des dépôts d’origine neptunienne renfermant des fossiles. On aurait donc prouvé de cette manière le passage des prétendues roches plutonienncs cristallines aux roches formées par un dépôt mécanique. Mais ce passage est impossible avec la formation primitive de ces deux espèces de roches. Il doit exister une limite entre elles; la théorie l’exige ainsi que l’expérience. Si le micaschiste passe au schiste argileux primitif et celui-ci, sans différence dans la direction de ses couches, aux schistes argileux neptuniens, il faut, ou bien que les limites naturelles entre ces deux roches aient été effacées par quelque action postérieure et que l’une des deux ait été modifiée par l'autre, ou bien que les deux rochcsaicnt une origine semblable et ne diffèrent pas si profondément qu’on le croit. Nous savons que les hautes températures ramollissent les matières terreuses et peuvent même les fondre, et que le refroidissement lent fait cristalliser les masses fondues. Le micaschiste peut donc n’être qu’un schiste argileux ramolli par la chaleur et refroidi lentement. Ses éléments se seraient changés en quartz et mica sous l’action de cette métamorphose d’origine ignée.
Dans ces derniers temps on a tenté d’expliquer la formation de tous les schistes cristallins ù l'aide de cette hypothèse et on les a appelés roches métamorphiques ou métamorphosées.
Cette théorie excita tout d'almrd une admiration universelle par sa hardiesse et ne trouva tout à l’origine que des applaudissements. Mais l’enthousiasme se calma, lorsqu’on so fut habitué à cette idée hardie; l’ivresse se dissipa et fut remplacée par un contrôle calme qui mit bientôt la plus grande partie des savants en défiance contre la nouvelle hypothèse elles fit même passer à une opposition complète. Au milieu île pareilles circonstances, il est difficile à un écri-
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vain contemporain de tenir le jnsto milieu entre les parties dissidentes. Il ne pourra pas se défendre de l’inlluenofrdes personnalités considérables qui se soûl déclarées pour ou contre la théorie du jour, et son jugement obéira d'autant plus à cette influence, qu'on pourra moins le combattre par des expériences contradictoires bien qu’il puisse être violemment attaqué et méprisé.
Pour appliquer la théorie du métamorphisme à la nature des schistes cristallins, il faut d’abord faire connaître leur état primitif, et ensuite prouver que les modifications subies par eux peuvent avoir été causées par les roches primitives. Quant à la première partie de ce problème, les schistes cristallins, avant leur métamorphose, n’ont pu être que des sédiments neptuniens qui, d’après l’observation des faits actuels, étaient formés d’argile, de silice, de carbonate de chaux et de sels alcalins avec quelques sels métalliques. Tous les savants (pii admettent le métamorphisme sont d’accord sur ce point. Étant bien établi que nous avons là les matériaux élémentaires des schistes cristallins, dans lesquels, du reste, les alcalis des silicates ne se trouvaient point, c’est aux plutoniens à montrer que ces corps, chauffés jusqu’au ramollissement, ont pu faire naître de nouvelles combinaisons chimiques et prendre la forme cristalline en se refroidissant de nouveau. La chaleur nécessaire n’a pu venir (pic des roches plutoniques placées dans les profondeurs. Pour que celle chaleur suffit à liquéfier les strates neptuniennes, il fallut au moins qu’elle s’élevât jusqu’au point de fusion du granit. Cette roche elle-même ne devait donc pas encore être solidifiée lorsque le métamorphisme commença. Comment, en effet, une masse assez refroidie, pour s’ëtre déjà solidifiée, aurait-elle pu fondre une substance solide placée au-dessus d’elle, si le point de fusion de cette substance est aussi élevé que le sien? Mais, tant que le granit demeura liquide, il ne subit pas de désagrégations, et, par conséquent. il ue fournit pas encore de matériaux pour les sédiments, et il n’existait aucune roche stratifiée à métamorphoser. Si ces roches sont postérieures à la solidification du granit, celui-ci devait, à l’époque de leur formation, avoir déjà une température trop faible dans ses couches supérieures, pour faire passer de nouveau ces masses terreuses à l’étal de fusion ignée, il pouvait les échauffer, mais pas assez pour les ramollir, autrement il se serait liquéfié lui-même. — Telles sont les objections qu’une partie des géologues