‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 90 sur 295 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

avec du quartz et de petits grains de grenat, mais ordinairement sans mica, prennent le nom de weisstein (gran utile) ; lorsqu'ils sont grisâtres on les appelle Itomschiefer.

Le micaschiste est un alliage schisteux de mica et de quartz qui accompagne souvent le gneiss et est, après celui-ci, la forme la plus commune des schistes cristallins. Lorsqu’il perd une partie de son mica ou que le quartz y devient presque pur on a l'aveuturine ; avec le quartz parfaitement pur et schisto-granulé on obtient la quartsite ou le quartz schisteux, suivant que la texture schisteuse est plus ou moins apparente. Le mélange d’une faible proportion de mica avec beaucoup de hornblende schisloïde prend le nom d’omphibolite* schisteuse. L’itacolumite est un micaschiste riche en quartz et à texture finement grenue; quelquefois ses parties élémentaires étant un peu désagrégées, cette roche acquiert une certaine flexibilité (quartz élastique), et, dans ces derniers temps, on a reconnu, surtout au Brésil, où elle est très-répandue, qu’elle a été la matrice primitive des diamants1. Elle peut contenir un peu de chloritc et passer aux schistes chlorileux.

Les talcschistes sont composés -surtout de silicate do magnésie

1 L o gisement des «liamniits dans des roches métamorphiques renfermant des fussile prouve que cette pierre précieuse n’est pas un produit primitif, mais métamorphosé.

Beaucoup d'observateurs pensent que le diamant est le résultat de la décomposition de matières organiques, notamment de substances végétales [»ourries dont l'oxygène et l’hy- 9

drogène ont été enlevés peu h peu par un processus chimique. I.e carbone resté à l’étal pur se cristallisa dans sa forme naturelle, phénomène qui put s’effectuer lentement et sans trouble dans les interstices de la roche solide. Ce fut |H'Ut-ètre dans ces interstices que les organismes eux-mèmes se d 'composèrent. Toute décoiri|Kisitinn d'un corps organique commence par une absorption d’oxygène 'emprunté à l'atmosphère, et s’achève par la transformation de la substance organique composée en matières minérales binaires ou simples, notamment en acide carbonique, hydrogène sulfuré, hydrogène carboné, hydrogène phosphore, eau, ammoniaque et azote. Placé dans un vide atmosphérique, le corps en putréfaction se transforme dans les combinaisons oxygénées qui l'entourent, surtout en oxydes métalliques ou sels et les réduit ou eu protoxydes ou même en métaux et en soufre. C'est par cette voie que se sont formés, au moyen île sulfates, les fossiles métamorphosés en pyrite sulfureuse. (Yid. p. 175, note.) Iâi formation du diamant [ne parait pas cependant être le résultat de la décomposition de sulfates; mais elle a plutôt été produite par la réduction d’oxyde do fer en protoxyde. En eifel, non-seulement l itacoluinile contient ce métal, mais encore toutes les nlluvions des autres pays où l’on trouve le diamant renferment avec lui du minerai île fer et même des fragments de fer natif.

Cette théorie de la formation du diamant par voie humide est corroborée encore par In présence fréquente de cristaux dans leur intérieur, par les empreintes de grains de sable et de cristaux étrangers sur leur surlhec, par In pyrite de fer qu’ils renferment et pur les cellules végétales observées dans les cendres de diamant brûlé. Bischof n’hésite |kis à décrire l’ilacolumile comme une roche sédimentnire métamorphosée par voie humide. —

Consulter Bischof, (iéologie chimit/ue , ‘2° éd., t. Il, et Côppert dans \ Annuaire tir In Société xilésimne de culture nationale, xu, 55.

(p. 1 Gô) mujucl s’ajoute du quart/., du carbonate de chaux de la chlorile, du diallagc et plusieurs autres minéraux. Le talcschistc |)ur, feuilleté et de Couleur blanchâtre ainsi que le schiste chloriteux vert sont les plus fréquents ; le schiste serpentineux est très-voisin de ceux-ci. Le jlysch schisteux ou ßyschschiefer que l’on rencontre souvent en Suisse est un alliage de talc gris, de carbonate de chaux et de quartz.

Les schistes argileux primitifs et le calcaire primitif sont en rapport intime avec ces schistes cristallins, bien que les seconds ne présentent point une structure schisteuse, mais constituent une substance finement cristallisée que l'on remontre en contact immédiat avec les schistes cristallins et foraient mémo des assises alternantes avec eux. L’uniformité de structure et de gisement de ces deux roches les lit considérer comme le produit d’une même cause et, lorsqu’on eut reconnu que les schistes cristallins étaient placés surtout dans le voisinage des massifs plutoniques, on en vint à admettre qu'ils doivent leur forme à ces derniers. Ordinairement le gneiss se trouve couché sur le granit, tandis que d’autres schistes cristallins superposés au gneiss, perdent leur structure cristalline à mesure qu’ils s’élèvent, alternent avec de vraies couches de sédiments et enlin passent aux schistes argileux et au calcaire. Le contact immédiat du gneiss et du granit, la ressemblance de leurs parties élémentaires, le prolongement des filons du granit dans le gneiss, leur alternance et le passage insensiblement gradué de , l’une de ces roches à l’autre ont depuis longtemps fait naître l’opinion que la dernière n’est qu’un granit devenu schisloidc par la prédominance du mica. Il se serait formé de la même manière que lui, et on devrait le considérer plutôt comme le résultat d’une modification locale que comme une forme particulière. La puissante extension du gneiss dans quelques montagnes, dans les Alpes par par exemple, dont la plupart des sommets sont des massifs de gneiss, à l'exception du mont Blanc et du Saint-Gothard formés de granit, vint encore corroborer et justifier cette hypothèse pleinement d’accord avec l’absence de gneiss dans d’autres montagnes, comme le Hartz où le granit est abondant. En effet, si le gneiss n’est qu’une modification locale du granit, rien ne nécessitait sa présence partout où celui-ci sc trouvait. Le micaschiste, qui repose souvent directement sur le gneiss, fut considéré à son tour comme une mo-

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