CHAPITRE XU
nuitre connue système untésiluricii ou comique leurs formations laurentienne et huronienne. La première, développée en plusieurs /.ones puissantes à l'est de l'Amérique du Nord, se compose principalement de diverses roches gnéissiques, de quartzite et de calcaire. Elle atteint une puissance de plus de 50,000 pieds et s’étend dans leCanada seulement sur une aire de presque 10,000 milles carrés géographiques. Malgré le caractère franchement cristallin de ces roches, on trouve au milieu d'elles de véritables conglomérats, qui ne laissent subsister aucun doute sur l’origine sédimentaire du groupe entier et permettent d’y établir des divisions. VEozoon cana- ( lerne , le plus ancien représentant de la vie animale à la surface de la Terre, a été découvert dans une zone calcaire du laurentien inférieur. Cet animal appartient aux foraminifères, dont les tests calcaires microscopiques et cloisonnés prennent dans les périodes postérieures une part si considérable à la formation des couches de la craie blanche et du terrain à nummulites. L’Eozoon est d’une taille gigantesque par rapport à ceux-ci et les chambres irrégulières de sa coquille sont toujours remplies par de la serpentine. Les cloisons des chambres disposées concentriquement sont parfaitement conservées avec leurs canalicules et petits tubes, et la serpentine n’a fait que remplir les vides. — Le système huronien repose immédiatement sur le laurentien. 11 s’en sépare en formant une zone boréale et une zone australe et se compose de divers schistes cristallins, de quartzites et de calcaires*.
La seconde division, ou système cambrien, comprend tes étages les plus anciens de la grauwacke, renfermant seulement quelques rares fossiles et même n'en possédant encore aucuns dans les couches les plus basses (terrains i imiques). Ce système commence avec des schistes argileux et du calcaire et se termine avec des grès de couleur claire. En Angleterre, où les couches cambriennes sont très-apparentes au nord-ouest du pays de Galles dans la région habitée par les anciens Cambriens, qui ont donné leur nom au groupe, et où elles constituent le sommet élevé de Snovvdon, elles sont en stratification discordante avec les assises susjacentes, disposition que l’on constate encore entre les strates cambriennes et siluriennes de la Bretagne. Bans l’Europe centrale et orientale, elles
1 Vid. (Jrwluer, Zeitschrift für HcstiMiiUc-.\<Uitiutsscnscha/l,l&ù)i, xxnu, Ö53. — U.
‘JlO
sont représentées par des étages de grauwaekes incontestablement sédimentaircs ot inférieurs aux couches siluriennes, mais’ absolument dénués de fossiles et reparaissent dans les mêmes conditions en Bohème, dans l’Erzgebirge saxon et dans le Voigtland.
Les couches riches en fossiles qui viennent ensuite forment le système silurien des Anglais. Elles occupent dans les Iles Britanniques le Westmoreland avec la plus grande partie du pays de Galles jusqu’à son extrémité méridionale, et ont empruntéleur nom aux Silures, les anciens habitants de ces contrées. Couchées en partie avec une pente douce sur la tranche des roches cambriennes, elles s'abaissent vers le S.-E. et se dirigent du S.-S.-O. vers le N.-N.-E. inclinant toujours plus vers l’ouest. Le puissant développement de cette formation et surtout sa grande variété de caractères provenant tant des fossiles que de sa composition minéralogique, ont rendu nécessaire sa subdivision en groupes subordonnés, et les Anglais l’ont divisée en silurien inférieur et silurien supérieur. Le premier commence dans le Shropshircavec le curieux stiper stone en forme de ruines, qui forme des crêtes composées de grès siliceux et de quart/.itc et dans le nord du pays de Galles de schistes quartzeux gris et noirs. Après ce groupe primordial viennent des grauwaekes plus puissantes et riches en mica, des schistes noirs avec des grès lamelliformes (Uandeilo-flays) et des calcaires bruns. Au-dessus repose une assise de grès (caradoc sandstone) avec enclaves do schistes et de calcaires. A partir de ceux-ci on arrive au silurien supérieur, en passant par des conglomérats qui se transforment en grès et schiste (groupe de Llandovcry). L’étage supérieur, qui commence avec les schistes et le calcaire des environs de Wenlock et se continue avec les strates schisteuses de Ludlow et les calcaires puissants d’Aymcslry, voit se terminer la formation silurienne avec les grès micacés et quartzeux {Ulestone). Ces derniers s’étendent depuis le Shropshirc à travers le llercfordshire jusqu’à Camarthes. La puissance totale du terrain silurien dans les lies Britanniques est estimée à 50,000 pieds.
Sur le continent, nous retrouvons les mêmes circonstances; mais l'ideutiiication définitive des diverses couches n’est pas encore possible dans l’état actuel de nos connaissances. Dans les Ardennes, dans les grandes montagnes schisteuses rhénanes de Bingen à Bonn, dans le Hartz, dans les montagnes de la Francouie et dans