‹ Histoire de la danse à travers les âgesChapitre 107 sur 153 · Il mourut à l'âge de douze ans · texte numérisé non relu

Il mourut à l'âge de douze ans

2. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Frégoli, qui fit courir tout Paris il y a quelque temps, n'était qu'un imitateur de l'art des Bathylle et des Pylade.

a+8 histoire: de la danse.

de Pylade et de Hylas. On les appelait pantomimes monoprosopes . Plus tard on admit plusieurs artistes jouant en même temps : ce furent les polyprosopes. On n'en connaît cependant que fort peu d'exemples. Pour ce qui concerne la mise en scène des pantomimes et le jeu de l'acteur, on peut se rapporter à VAne d'Or d'Apulée qui en donne une description très complète; nous y renvoyons le lecteur.

Les Romains aimaient beaucoup les pantomimes et comprenaient parfaitement cette langue oculaire. Cependant, quand une pièce par gestes devait être donnée pour la première fois, un crieur public en annonçait, par la ville, le sujet avec force détails.

Comme tous les autres spectacles, la pantomime ne devait pas tarder à dégénérer en licence effrénée. Elle tombait, en outre, dans la plus sanglante cruauté. Quand un personnage de l'action devait mourir, on faisait revenir à sa place et sous son costume un condamné ; on le mettait à mort devant le public qui retrouvait dans son agonie l'âpre jouissance des combats de gladiateurs. A la fin cependant les empereurs s'émurent de cet excès d'immoralité. Tibère commença par réduire les dépenses des jeux et diminua le salaire des acteurs. Il défendit aux sénateurs d'entrer chez les pantomimes, aux chevaliers de se laisser voir en public avec eux. « Les histrions ne purent donner leurs représentations que sur la scène, et un sénatus-consulte investit le préteur du droit exorbitant de condamner à l'exil les spectateurs turbulents. Des désordres ayant eu lieu au théâtre, il exila les chefs des factions rivales ainsi que les acteurs pour lesquels on s'était disputé,, et

jamais il ne céda aux instances que le peuple lui fit pour les rappeler1. »

Les autres empereurs imitèrent sa conduite dans les années qui suivirent. Néron, qui cependant encourageaitla danse, chassa plusieurs fois les pantomimes : mais ce fut peut-être par jalousie. Plus tard, il les rappela, suivant en cela l'exemple de Caligula. « Néron valait mieux, car dans cet artiste grotesque il y avait au moins une étincelle d'art, et ses fêtes babyloniennes arrivaient, dans l'infamie, à une certaine grandeur2. »

La danse pantomime devint bientôt une parodie monstrueuse des anciens mystères religieux, et ce n'étaient même plus les mimes qui dansaient. Les hauts personnages3, les impératrices même l'exécutaient dans leurs orgies. On se rappelle la fête des vendanges, donnée par Messaline et Silius, qui se termina d'une façon tragique, ainsi que celle offerte à Néron par Tigellinus sur les bords de l'étang d'Agrippa. Héliogabale aimait à se faire applaudir dans le ballet le Jugement de Paris, où il jouait le rôle de Vénus.

Le peuple était fou des pantomimes : lorsque les danseurs furent chassés de Rome, toutes les classes de la société les accueillirent et se firent donner des représentations secrètes ; souvent même on se mêlait aux acteurs et on partageait leurs jeux. Aussi lorsque ceux-ci revinrent

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