‹ Histoire de la danse à travers les âgesChapitre 115 sur 153 · UN SEIGNEUR DE LA · texte numérisé non relu

UN SEIGNEUR DE LA

(Costume de ballet de cour, dans le ballet de la Nuit, i653.- D'après une estampe de R de psyché dcs

la Bibliothèque nationale.) -^ 7 -^

Dix Verds, d1 Apollon, du Roi et de la Reine, de la Douairière de Billebahaut (Bilbao), etc., étaient mis en musique par les meilleurs compositeurs de l'époque, Guédron, Mauduit, les Boè's-

1. Nous renvoyons le lecteur aux pages si documentées que M. V. Fournel a consacrées au ballet de cour, dans le second volume des Contemporains de Molière.

LE BALLET ET SES ORIGINES

set, Molier, Verdier, Belleville, Dumanoir, le Bailly, Baschet, d'Assoucy et même le roi Louis XIII qui composa les airs du ballet de la Merlaison.

Louis XIV s'était livré avec passion à la danse. Il parut pour la première fois dans le ballet de Cassandre ( f 65 i) et cessa de danser après celui de Flore en 1669 (fig. 90).

Résumons en quelques^ lignes ce qui se rapporte à cette période du ballet de cour qui dure exactement un siècle, de 1 58 1 à 1 68 1 . Ces représentations, composées d'entrées de danse, de récits qui les expliquaient et de madrigaux adressés aux acteurs et actrices, toujours choisis parmi les hauts person- fig. 90. — louis xiv en costume

r r DE ROI SOLEIL.

nases de la cour, eurent

# t (Ballet de la Nuit, i653. — D'après une

Une VOgue Considérable, estampe de la Bibliothèque nationale.)

non seulement auprès de

la noblesse, mais aussi auprès du clergé qui ne dédaignait pas d'y assister. Une place d'honneur était réservée aux prélats dans les grandes circonstances. Du reste, après le bon chanoine de Langres, Jean Tabourot, des prêtres s'étaient occupés dans leurs écrits de cette question

profane : l'abbé Marolles consacre dans ses Mémoires une large place au ballet, l'abbé de Pure, le P. Ménestrier, dont le nom est souvent revenu sous notre plume, ont laissé sur le ballet et la danse des pages intéressantes.

Les seigneurs, non contents de l'honneur de danser dans les ballets de cour, voulurent avoir la gloire de les composer. A la liste des auteurs dont on a lu les noms plus haut, il faut ajouter le sieur de la Chataigneraye, les ducs de Guise et de Vendôme, MM. de Rohan, de Montmorency, le prince de Condé et surtout le comte d'Auvergne, bâtard de Charles IX. Le duc de Nemours, le plus célèbre de tous, débuta sous Henri IV; c'est pendant le règne de Louis XIII que son imagination, quelquefois un peu triviale, put se donner libre carrière.

« Sous Louis XIII, dit M. V. Fournel, le caractère des ballets de course transforme quelque peu, ou plutôt ceux-ci prennent une physionomie multiple et variée où l'on reconnaît tour à tour l'influence de l'humeur sombre du monarque. » Les courtisans faisaient tous leurs efforts pour échapper à la mélancolie royale. C'est ce qui explique l'extravagance burlesque et grossière des ballets d'alors, tombant dans l'excès contraire à la tristesse du prince.

Pendant le gouvernement de Richelieu, la réaction eut lieu dans un sens différent et le ballet tourna vers l'emphase et le phœbus. Louis XIV qui, par son influence éclairée, faisait progresser tous les genres littéraires et dramatiques, ne pouvait oublier le ballet où il aimait à figurer. Le côté grossier, trivial et grotesque laisse place à un genre plus distingué et plus noble, et,

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tandis que le ballet de bouffonnerie équivoque et licencieuse se continue au Luxembourg chez Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII et oncle de Louis XIV, chez quelques autres seigneurs, le ballet majestueux triomphe aux palais du Louvre, des Tuileries, de Fontainebleau. Louis XIV s'entourait, pour la composition de ses ballets de cour, des artistes les meilleurs de son époque. Bocan réglait les entrées de danse, Lulli écrivait la musique, les meilleurs chanteurs de l'époque, Mlles de Saint-Christophe, Hilaire, la Barre, de Sercamanan s'y faisaient entendre.

Puis Beauchamp, succédant à Bocan parti en Angleterre, Molière fournissant à Lulli des vers et des entrées de danse pour sa musique, le ballet de cour fut en état de passer sur la scène. Il s'unit d'une façon parfois bizarre à la tragédie et à la comédie. C'est alors qu'on représenta les tragédies-ballets et les comédies-ballets. Orphée et Eurydice, la Grande journée des machines, une tragédie de Chapotton, jouées en 1640 par la troupe royale et dans lesquelles la danse alternait avec le chant, en avaient donné les premiers l'exemple. Ce fut le commencement des piècesà machines dont Corneille et Molière condescendirent à écrire les dialogues parlés. On peut citer parmi ces dernières Y Andromède de P. Corneille, tragédie mêlée de chants et de danses, et donnée en i65o au Petit-Bourbon, ainsi que la Toison d'or du même, représentée d'abord au château du marquis de Sourdeac, puis parles acteurs de la troupe royale du Marais, au théâtre de la rue Vieille-du-Temple.

Molière de son côté avait écrit des comédies-ballets

pour les fêtes de Saint-Cloud et de Versailles et dans lesquelles le roi dansa plusieurs fois. Rappelons le Mariage Forcé, le Sicilien, la Pastorale comique, M. de Pourceaugnac, le Bourgeois gentilhomme , qui se composaient en grande partie de chant et de danses.

OUVRAGES CONSULTES

V. Fournel, les Contemporains de Molière. G. Bapst, Essai sur l'histoire du Théâtre.

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