‹ Histoire de la danse à travers les âgesChapitre 119 sur 153 · FI G. 94. — M. BALLON DANSANT A L OPÉRA · texte numérisé non relu

FI G. 94. — M. BALLON DANSANT A L OPÉRA

(D'après une gravure de Bérin. — Bibliothèque de l'Opéra.)

compositions, et il avait besoin de gens habiles pour exécuter ce qu'il inventait. Heureusement qu'il avait pour lui, dans Paris et à la cour, les danseurs les plus habiles, Saint-André, Favier, Fabre, Boutteville, du Mirail, et Germain. Mais quels que furent les talents de tous ces danseurs, de leur propre aveu, la palme était réservée à Pécourt et à Lestang, qui depuis ce temps ont été les modèles de tous ceux qui ont voulu briller dans la même carrière. Le caractère de l'un et de l'autre n'était pas le même; ils étaient tous les deux formés par la nature avec les grâces et avec toutes les dispositions de la belle danse. Lestang dansait avec noblesse et précision et Pécourt remplissait toutes sortes de caractères avec grâce, justesse et légèreté. »

On sait qu'à la mort de Lulli, Beauchamp quitta l'Opéra; Pécourt lui succéda. Pécourt s'était essayé dans le ballet de cour : « Il montra qu'il avait un génie supérieur. Il avait besoin de tous ses talents pour remplacer dignement le maître qui l'avait précédé; mais il en vint à bout par la variété infinie et par les nouveaux agréments qu'il prêta aux mêmes ballets que Beauchamp avait déjà fait exécuter.

« Blondy, neveu et digne élève de Beauchamp, commençait dès lors à se distinguer et disputait de gloire avec Ballon dont la réputation est si justement établie. Ce dernier avait un goût infini et une légèreté prodigieuse. Dumoulin, le dernier des quatre frères, fut celui qui approcha le plus de Ballon. Il eut d'abord l'avantage d'être associé pour les pas de deux avec Mlle Guyot qui était une excellente danseuse et, par ses essais qui réussirent, il se rendit capable de figurer

avec l'illustre Mlle Prévost (fig. 95). Marcel, qui était aussi un excellent chanteur, débuta dans les Fêtes Vénitiennes. Les pas de deux qu'il a dansés sont autant de tableaux où les rapports sont si justes et les couleurs si vives qu'on ne peut s'empêcher de les admirer. »

fig. 90.

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