FIG. 115. — LE CELEBRE PAS DE QUATRE
Composé par Jule> Perrot et dansé à Londres au théâtre de Sa Majesté, le 12 juillet 1845, par les quatre célèbres danseuses : Carlotta Grisi, Marie Taglioni, Lucile Grahn et Fanny Cerrito.
Dessiné d'après nature par M. Ed. Chalon, de la Royal Academy. (Bibliothèque de l'Opéra.)
la Gaîté, l'Éden, où fleurit le ballet italien avec Mlle' Cornalba, Monti, Saraco, la Zucchi, la Laus, et
des scènes moins importantes, qui donnèrent de jolis
ballets néanmoins, les Folies-Bergère et POlympia, etc.
Les principaux théâtres étrangers, Drury-Lane et
fi g. 1 16. — lJa danseuse-étoile. (Pastel de Degas. — Muse'e du Luxembourg.
Govent-Garden à Londres, les théâtres de Vienne, de Milan et de Naples montent aussi de remarquables ballets.
Le ballet italien, qui se distingue par l'uniformité
des mouvements de ses formidables ensembles, compta d'illustres maîtres. Les plus célèbres furent Gaetano Gioja (1768-1826), Vigano (1769-1821)61 Guerra (1810- 1846). Tous trois naquirent à Naples. Vigano, élève de Dauberval, chercha à donner de la variété aux masses. Guerra, élève de Pietro Lus, professeur au Conservatoire de danse de Naples, parut à l'Opéra avec la Taglioni et fit représenter sur cette scène un ballet de sa composition, les Mohicans. Gaetano Gioja, qu'on appela le Sophocle de la danse pour sa pantomime très remarquable, reste le chef de l'école napolitaine.
Parmi les ballerines d'origine étrangère qui furent applaudies à POpéra, nous devons citer : la Danoise Lucile Grahn, les Italiennes Sophie Fuoco, Priora, Salvioni, les Russes Nadedja Bagdanoff, Mourawief, Granzow, l'Espagnole Guy Stéphan. Quant à celles dont nous avons déjà parlé, Taglioni, Elssler, Cerrito, on peut les considérer comme appartenant à la France, car c'est à l'Opéra qu'elles se perfectionnèrent et qu'elles eurent les plus magnifiques succès.
Quelques mots sur la pantomime pour terminer. Noverre l'avait introduite dans la danse ; mais elle n'était pas, à proprement parler, de son invention. « En effet, vers 1750, dit M. Nuitter, dans la -préface du Dictionnaire de la danse de Desrat, Servandoni avait organisé un spectacle en machines, dit pantomime, où il déploya un grand luxe de décoration. En 1776, un sieur de Montorcier imagina des pantomimes saintes tirées de l'histoire de l'Ancien Testament. » Ce fut vers cette époque que Noverre fit représenter à l'Opéra ses ballets-
pantomimes. En 1791, la liberté des théâtres ayant été proclamée, on vit s'ouvrir une foule de théâtres qui se consacrèrent à la pantomime et dont les principaux furent la Gaîté, l'Ambigu et le Cirque Olympique. Sans prendre jamais une grande place dans le théâtre, la pantomime vécut pendant le xixe siècle, sous le patronage de deux excellents artistes, Deburau père (fig. 117) et fils. Elle revint à la mode il y a quelques années avec VEnfant prodigue de Wormser, où se firent remarquer Félicia Mallet et Biana Duhamel. Mais sa vogue cessa. On a donné dans les théâtres secondaires des pantomimes qui mirent en valeur des artistes de mérite comme les Martinetti, Séverin et Thaïes. Aujourd'hui, quand on reprend des pantomimes, on les fait jouer par des artistes dramatiques. De sorte que, en réalité, la pantomime proprement dite ne se rattache plus en aucune façon à la danse.
Pourtant, dans ce dernier art semble rentrer la curieuse tentative de Miss Isadora Duncan « la saltatrice aux pieds nus», qui danse à la manière des jeunes Grecques de l'époque d'Aspasie, vêtue seulement d'un péplum. Dans ses manifestations chorégraphiques, Miss Duncan prend la nature pour guide et cherche à reproduire la pensée par la beauté des attitudes. Elle a fondé à San- Francisco une école spéciale où elle enseigne les théories de la « danse future », ainsi qu'elle l'appelle, et qui a pour base de très intéressants principes d'esthétique. Mais il est encore bien difficile de juger de ses résultats!
A propos de la danse future, une dernière question pour conclure ce long chapitre. L'art chorégraphique
ja<5 HISTOIRE DE LA DANSE.
est-il en progrès ? Méditons ce que sur ce sujet écrivait