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FI G. 112. — MUe RIT A S AN G A LU.
(Chassaignac, 1881. — Musée de l'Opéra.)
maillot. On fait remonter cette innovation à un costumier de l'Opéra qui s'appelait Maillot et qui fit admettre son invention au commencement du siècle. Cela est inexact, car les maillots étaient déjà connus du temps de Mlle Guimard qui prit sa retraite en 1790. D'ailleurs, dans les Mémoires du comédien Larrive, publiés à cette époque, il est fait mention du maillot. Ce qui a pu induire en erreur, c'est l'usage que certaines merveilleuses du Directoire, à qui il restait encore un peu de pudeur, firent du maillot dans leur habillement « à la Grecque ».
Il est probable que le perfectionnement du caleçon de précaution de la Camargo passa inaperçu, et que sa transformation lente en ce vêtement pratique, adopté depuis un siècle sembla tellement naturelle que nul n'en fit mention. La jupe des danseuses pouvait se raccourcir sans trop outrager la morale. Elle abusa de la permission; les paniers disparurent, la robe tomba naturellement sur les hanches, et cela dura jusqu'à la Restauration, quand le pudibond vicomte de La Rochefoucauld fit remplacer le maillot par un large pantalon, si long qu'il dépassait encore la longueur de la jupe. Mais cette réforme ne devait pas subsister longtemps ; et ce fut en i832, dans la Sylphide, que le peintre Lamy fit adopter définitivement à la Taglioni la jupe courte des sujets. Il y aurait beaucoup à dire sur cette jupe droite et empesée dont l'absurdité principale est le plus souvent un anachronisme ridicule. Actuellement on cherche avec raison à s'en affranchir.
Complétons ces renseignements sur le costume des danseuses : le maillot bien tendu de façon à ne pas faire
LE BALLET
LA PANTOMIME
an pli, la ballerine se pare du tutu, garniture de mousseline bouffante. La jupe plissée, ou le costume, complète — si Ton peut employer cette expression —
FIG. 1,1.3. — MUe FANNY CERRITO.
(Buste de Gayrard. — Musée de l'Opéra»)
l'habillement de la danseuse : elle est prête maintenant à descendre sur la scène.
Ces questions de costume ont fait négliger les dan-
3ao HISTOIRE DE LA- DANSE.
seurs; il est temps de réparer cet oubli. Après Gardel et Dauberval, nous devons citer Nivelon, Beaupré, Saint-Amand, Albert Montjoie, Élie, Paul surnommé V Aérien, Coulon, Berthier, Chapuy, Cornet, Pluque, Ajas, Vasquez, de Soria, Ladam, sans compter les maîtres de ballet dont il a été question plus haut, et qui furent pour la plupart d'excellents danseurs.
Mais l'Opéra ne fut pas seul à posséder le privilège de la danse théâtrale.
La Comédie-Française eut son corps de ballet qui dansait dans les divertissements des pièces de Molière, ainsi que dans les entr'actes des œuvres du répertoire. Madeleine Guimard y fit ses débuts en 1760 et y resta trois ans avant d'entrer à l'Opéra. Puis ce fut la Porte- Saint-Martin qui, au commencement du xixe siècle, se mit de pair avec l'Opéra. Dauberval et Aumer furent maîtres de ballet de la Porte-Saint-Martin qui comptait comme danseurs Rhenon et Morand, et comme ballerines Mlles Sauliquet, Etienne, Aline, l'Italienne Bossi, del Caro, Dumonchelle, Querriau, et les deux filles du chorégraphe Hullin. Malheureusement le corps de ballet ne se maintint pas à la hauteur de la réputation de l'Opéra, son rival.
« Ce ne sont pas les premiers sujets qui font tout le succès d'une composition chorégraphique. C'est en grande partie le corps de ballet. C'est par laque l'Opéra s'élève au-dessus de tous les théâtres dansants de l'Europe autant que l'entrechat de Vestris pouvait s'élever au-dessus de celui des baladins vulgaires. »
Pendant un certain nombre d'années on joua le ballet-pantomime à la Porte-Saint-Martin, qui revint en-
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