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LE HOLLANDAIS, DANSEUR DE CORDE

(Collect. Bonnard. — Bibl. Nat.).

époque des danseurs de corde, où les acrobates Maurice Vondrebeck, Laurent, Arms, Antoine, les Dubroc, l'Italienne Violente, Bailly, etc., étonnaient par leur adresse audacieuse. On ajouta bientôt à ce genre d'exercice des dialogues et des scènes musicales que L'Opéra, fort de son privilège, ne tarda pas à faire interdire.

Sous l'Empire, la vogue des funambules fut plus grande encore : c'est alors que parurent Mme Saqui représentant sur la corde de véritables mimodrames tirés des événements du jour, bataille ou haut fait d'armes, Forioso, les frères Ravel, Mlle Rose, « dont les exercices étaient stupéfiants d'audace et d'intrépidité », Mllé Malaga, « la véritable sylphide de la corde », et sa fille, les sœurs Romanelli, Cabanel, « qui dansait entouré d'artifices comme une flamme vivante ». A la fin de l'Empire, les acrobates eurentdesétablissementsspéciaux pour leurs^exercices : le Théâtre des Acrobates ( 1 8 1 4) appelé aussi Théâtre des Danseurs de corde et Théâtre Saqui, puis leThéâtre desFunambules(i8 1 5), tous deux situés boulevard du Temple. Ce furentles plus célèbres; leur vogue dura une partie de ce siècle. Un acrobate merveilleux, Blondin, dit V Inimitable^ émerveilla l'Europe et l'Amérique par l'audace de ses exercices. Mais ce n'était plus delà danse. Blondin inaugura un nouveau genre de travail et après lui les acrobates remplaçant la corde par des fils de fer excessivement ténus, perdirent les traditions de^la chorégraphie et de la pantomime pour tomber dansj les exercices de pur équilibre.

Cependant les cirques devenaient à la mode avec les frères Astley et la dynastie des Franconi : la danse ne

devait pas être oubliée. Les écuyers, et les écuyères principalement, dansaient debout sur des chevaux couverts d'une large selle plate appelée panneau, quelquesuns même sur un cheval nu. Ils y jouaient de véritables pantomimes tragiques ou comiques avec ou sans transformations de costumes, et y représentaient en poses plastiques des tableaux vivants. Cet usage est tombé aussi en désuétude.

Puis vint Fidée de former des quadrilles à cheval, dont les cavaliers seuls consistaient en exercices de haute école, et dont la tradition se conserve encore aussi bien à Paris que dans les cirques de province et de l'étranger. Du reste, Baucher, dans son Dictionnaire d^Equitation, constate les aptitudes des chevaux pour la danse.

Mais une forme nouvelle de la danse acrobatique allait faire une brillante apparition. Une jeune Américaine, Miss Loïe Fuller, inventa la danse appelée, on ne sait pourquoi, serpentine, et dont les jeux de lumière, par la magie des couleurs, atteignent parfois les plus hauts domaines du rêve (fig. 124).

La tentative de la Loïe Fuller est intéressante à noter au point de vue artistique; elle a donné une sensation tout à fait inconnue : celle du mouvement de la lumière. La danseuse, dans ses exercices chorégraphiques, est une lumière qui danse, qui ondule, qui se meut. Elle a, inconsciemment peut-être, trouvé des effets nouveaux dont l'influence s'est fait sentir dans l'éclairage scénique et le choix des coloris des étoffes théâtrales. A ce point de vue elle a apporté une impression inédite.

Sans doute l'électricité, les adroites combinaisons de

verres de couleurs se superposant en teintes étranges, le fond sombre du décor qui éteint tous les rayons à l'exception de ceux qui se reflètent sur les voiles de la danseuse et lui donnent l'apparence d'une flamme

Cliché Iteutlinger.

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