‹ Histoire de la danse à travers les âgesChapitre 142 sur 153 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Au terme de cet ouvrage, il paraît utile de réunir en une vue d'ensemble la matière éparse dans les différents chapitres où, pour plus de clarté, elle s'est nécessairement trouvée disséminée.

Art d'imitation par excellence, ainsi que l'appelle le chorégraphe Noverre, la Danse n'a jamais failli à son principe initial : la Pantomime. Religieuse à l'origine, elle a imité la marche des astres et le geste des Devas. La mythologie grecque, en faisant descendre les Dieux sur la terre et en élevant l'homme jusqu'à la Divinité, a étendu le cadre de son activité, agrandi sa sphère d'action, car elle lui faisait reproduire, en même temps que les hauts faits des Héros ou demi-dieux, les amours des Immortels avec les enfants de la Terre.

Suivant pas à pas l'évolution de la pensée ^humaine, et devenue l'eurythmie du geste accompagnant le débit modulé de la poésie chantée, elle a représenté les actes journaliers de la vie, ceux qui la conservent aussi bien que ceux qui la détruisent ou la donnent. Elle était

humaine alors, et divine à la fois : en honorant par l'imitation servile les divinités qui président à ¥ Agriculture, celles qui excitent les Guerres ou protègent l'Amour, l'humanité a embrassé le vaste cycle qui l'environnait, inspirant de nobles choses, mais tombant aussi dans les excès les plus honteux. La Danse est devenue humaine dans la fuite des croyances. Voilà pourquoi le Christianisme Ta maudite.

Puis, à la naissance du théâtre, art lui aussi d'imitation, la Danse a suivi le mouvement qui se dessinait. A son apogée avec Part grec qui l'éleva aux sommets les plus purs, la décadence romaine la fit sombrer dans les plus infâmes turpitudes.

. Dès lors la Danse a subi les différentes vicissitudes d'apogée et de décadence dans l'évolution de la civilisation. Profondément humaine puisqu'elle est l'harmonie des gestes du corps interprètes de la pensée, elle a reflété avec fidélité tous les états de l'âme. Elle a été grossière et puis elle s'est affinée; elle a été religieuse, puis a versé dans l'impiété; elle a été noble, puis s'est enlizée dans l'ignominie.

Son procès est celui de l'humanité !

En tant qu'art son histoire mérite d'être étudiée, car ses manifestations les plus diverses ont toujours répondu à un besoin d'esthétique très parfait qui ne se cantonne pas seulement dans la chimère du rêve, mais aussi dans la réalité des attitudes plastiques. Son évolution est intéressante, car elle marque les grandes étapes du progrès. Dans l'égalité douce des mœurs antiques, l'homme et la femme dansaient pour se charmer l'un et l'autre; puis, quand la soif des conquêtes eut classé la race terrestre en

Page 1